Tibet et jeux olympiques

Les informations importantes que l'on nous cache.

"Les rafles laissent présager le pire"

Messagede Aacitoyen le Ven 18 Juil 2008 17:07

"Les rafles laissent présager le pire" --- traduction de l'article "Die Razzien lassen Schlimmes befürchten", SpiegelOnLine.

Georg Blume, le 20 mars 2008

SUR L'AUTEUR :

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Georg Blume, né en 1963, travaille depuis 1997 comme correspondant en Chine pour le journal "Zeit" et "taz". Il a été arrêté à plusieurs reprises par les services de sécurité à cause de son travail.

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Que s'est-il vraiment passé à Lhassa ? Qui est responsable des morts dans les révoltes - et avec quelle brutalité intervient la Chine ? Le journaliste Georg Blume était un des derniers observateurs indépendants dans la capitale du Tibet, jusqu'à ce qu'il ait été expulsé lui aussi. Il parle avec SPIEGEL ONLINE sur la désignation précipitée des coupables et de ses recherches.

SPIEGEL ONLINE: Quelle est la gravité de la situation au Tibet?

Blume: Il y a bien sûr un rassemblement militaire complètement insensé et démesuré, on ne remet pas en doute cela. Les temples les plus importants sont toujours encore fermés, ainsi que la plupart des magasins. Dans les rues s'accumulent les déchets et les restes des feux, car la collecte des ordures ne se fait plus depuis des jours. Toutefois les gens osent revenir dans la rue.

SPIEGEL ONLINE: Est-ce que les Hommes osent parler?

Blume: Ils sont étonnamment ouverts face aux occidentaux. Je parle avec le plus de gens possibles. Aujourd'hui, un tibétain m'a décrit comment il a été témoin des révoltes : Il a pu décrire la scène avec exactitude, a pu donner libre expression à sa haine envers la Chine, que c'était inacceptable la façon dont les chinois se comportaient et comment ils opprimaient les tibétains sur le plan économique et religieux. Il n'a pas mâché ses mots. Pourtant dit-il : La police chinoise n'a pas tiré de coup de feu vendredi passé, au moment du déclenchement et lors de l'intensité la plus importante pour le moment des révoltes. Il suppose que parmi les morts, il y a surtout des chinois, qui ont brûlé dans leurs magasins.

SPIEGEL ONLINE: Sur Internet circulent des images atroces de morts, répandues par Free Tibet Campaign - on y voit par exemple un jeune moine tâché de sang sur la tête et un trou de balle sur le bassin ...

Blume: ... Il faut néanmoins rester très prudent dans la condamnation précipitée des forces de sécurité chinoises. Pour l'instant on ne peut vraiment pas prouver qui est responsable des morts du vendredi. Moi aussi j'ai pensé au début que la police militaire était coupable. Surtout que la ville est remplie d'hommes en uniforme, la conclusion du coup s'impose que des coups de feux à balles réelles auraient été tirés. Cependant plus je parle avec des témoins sur les révoltes, plus cette possibilité me paraît improbable.

SPIEGEL ONLINE: Le chef du gouvernement chinois Wen Jiabao parle de retenue extrême de la part des services de sécurité - le gouvernement tibétain en exile parle de plus de 80 morts de leur côté. Y a-t-il des indices pour savoir qui a raison?

Blume: Je ne peux pas dire combien de morts il y a eu, je ne peux que me fier aux témoins. Bien sûr, ces témoins ont à chaque fois vu qu'un extrait de la révolte, car celle-ci c'est étendue sur plusieurs kilomètres. Une chose est sûre : Concernant les protestations des tibétains, on ne peut pas parler d'une répression sanglante - comme lors du massacre de Tiananmen en 1989. En fait, je crois que la Chine veut surtout intimider avec sa présence militaire.

SPIEGEL ONLINE: La police militaire passe des quartiers entiers au peigne fin à la recherche de tibétains suspects qui ont participés aux protestations. Beaucoup ont apparemment été arrêtés.

Blume: Moi aussi j'ai observé des rafles. Ces recherches à grande échelle sont très délicates - de ce qui se passe avec les personnes arrêtées dans les méandres de la police et justice chinoise, j'en apprends très peu en tant que correspondant étranger. Il doit y avoir des raisons. Ce blocage d'informations laisse présager le pire.

Entretien mené par Annett Meiritz
Blume a été extradié jeudi du Tibet ainsi que sa collègue Kristin Kupfer (dernière journaliste (f) étrangère) directement après cet appel téléphonique.


Article original :

Tibet-Krise
"Die Razzien lassen Schlimmes befürchten"

Was passierte in Lhasa wirklich? Wer ist für die Toten der Aufstände verantwortlich - und wie brutal geht China vor? Der Journalist Georg Blume war einer der letzten unabhängigen Beobachter in Tibets Hauptstadt, bis auch er jetzt ausgewiesen wurde. Mit SPIEGEL ONLINE spricht er über vorschnelle Schuldzuweisungen und seine Recherchen.

SPIEGEL ONLINE: Wie schlimm ist die Situation in Tibet?

Blume: Natürlich findet hier ein völlig unsinniger und unverhältnismäßiger Militäraufmarsch statt, das steht außer Zweifel. Die wichtigsten Tempel sind immer noch geschlossen, man kann kaum einkaufen - die meisten Geschäfte sind dicht. Es liegt unheimlich viel Dreck und Verbranntes auf den Straßen, weil die Müllabfuhr seit Tagen nicht funktioniert. Immerhin trauen sich die Leute allmählich wieder auf die Straße.

SPIEGEL ONLINE: Trauen sich diese Menschen zu reden?

Blume: Sie sind erstaunlich offen gegenüber Westlern. Ich spreche mit so vielen Menschen wie möglich. Heute hat mir ein Tibeter geschildert, wie er die Aufstände beobachtet hat: Er konnte die Szenerie sehr genau beschreiben, brachte seinen ganzen Hass auf China zum Ausdruck - wie unmöglich sich die Chinesen aufführen, wie sie die Tibeter ökonomisch und religiös unterdrücken. Der nahm kein Blatt vor den Mund. Trotzdem sagte er: Die chinesischen Polizisten haben nicht geschossen am vergangenen Freitag, dem Ausbruch und vorläufigen Höhepunkt der Unruhen. Er vermutete, dass unter den Toten vor allem Chinesen waren, die in ihren Läden verbrannt sind.

SPIEGEL ONLINE: Im Internet kursieren grausige Bilder von Toten, verbreitet von der Free Tibet Campaign - darauf sieht man zum Beispiel einen jungen Mönch mit blutverschmiertem Kopf mit einem Einschussloch am Becken ...

Blume: ... wir müssen trotzdem sehr vorsichtig damit sein, die chinesischen Sicherheitskräfte vorschnell zu verurteilen. Im Moment können wir einfach nicht belegen, wer für die Toten am Freitag verantwortlich ist. Auch ich hielt am Anfang die Militärpolizei für schuldig. Zumal die ganze Stadt voller Uniformierter ist, da liegt der Schluss natürlich sehr schnell nah, dass scharf geschossen wurde. Je öfter ich aber mit Zeugen der Unruhen rede, desto unwahrscheinlicher scheint mir das.

SPIEGEL ONLINE: Chinas Regierungschef Wen Jiabao spricht von "äußerster Zurückhaltung" der Sicherheitskräfte - die tibetische Exilregierung von mehr als 80 Toten auf ihrer Seite. Gibt es irgendwelche Indizien, wer Recht hat?

Blume: Wie viele Tote es gab, kann ich nicht sagen, sondern mich nur auf Augenzeugenberichte verlassen. Natürlich haben diese Zeugen immer nur einen Ausschnitt der Revolte gesehen - das ganze Aufstandsgebiet erstreckte sich ja über mehrere Kilometer. Fest steht für mich, dass man bei diesen Protesten in Tibet nicht von einer blutigen Niederschlagung reden kann - so wie beim Tiananmen-Massaker 1989. Grundsätzlich glaube ich, dass China mit seiner Militärpräsenz in Tibet vor allem einschüchtern will.

SPIEGEL ONLINE: Die Militärpolizei durchkämmt Stadtviertel und durchsucht private Wohnungen nach verdächtigen Tibetern, die sich an den Protesten beteiligt haben könnten. Viele sollen festgenommen worden sein.

Blume: Auch ich habe Razzien beobachtet. Diese großangelegten Fahndungen sind sehr heikel - was mit den Festgenommenen in der chinesischen Justiz- und Polizeimühle passiert, darüber erfährt man als ausländischer Berichterstatter wenig. Dafür wird es einen Grund geben. Diese Informationsblockade lässt Schlimmes befürchten.

Das Interview führte Annett Meiritz

Blume wurde am Donnerstag unmittelbar nach diesem Telefonat zusammen mit seiner Kollegin Kristin Kupfer aus Tibet ausgewiesen - als letzte ausländische Journalisten.

ZUR PERSON
DIE ZEIT
Georg Blume, geboren 1963, arbeitet seit 1997 als China- Korrespondent für die "Zeit" und die "taz". Er wurde wegen seiner Arbeit von den Sicherheitsbehörden mehrmals verhaftet.

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"Stupéfait, j'étais le seul"

Messagede Aacitoyen le Dim 20 Juil 2008 00:32

Georg Blume après son expulsion du Tibet

"Stupéfait, j'étais le seul" --- Traduction de l'article "Erstaunt, dass ich der Einzige war", Taz.de


22 mars 2008

GEORG BLUME (44 ans) écrit depuis 1985 pour taz, et depuis 11 ans comme correspondant en Chine. Son travail lui a valu d'être distingué mais aussi arrêté.

Georg Blume s'étonne du fait que si peu aient tenté d’accéder au Tibet. Il raconte comment il a retardé son expulsion. Et pourquoi il eut besoin de guetteurs.

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Georg Blume avec deux moines Tibetains un jour avant son expulsion.

taz : Comment se sent-on en tant que correspondant ayant été expulsé des régions autonomes ?

Georg Blume : Pas bien. On abandonne les gens avec lesquels on s'est entretenu les derniers jours. Beaucoup d'opinions nuancées qui ne seront plus entendues. Quand ils commencent à raconter, tout n'est pas si noir et blanc comme l'impression que l’on a d'un point de vue extérieur. C'est une voix réduite au silence à partir de maintenant. C'est dégoutant.

Toi et Kristin Kupfer, vous avez été les derniers correspondants. Ça t'a étonné, que vous ayez pu rester si longtemps ?
Ce qui m'a surtout surpris c'est que j'étais le seul, car il n'y avait pas de problème pour venir ici. C'est totalement absurde qu'il n'y ait pas eu d’autres correspondants.

Mais dès le début il semblait y avoir des signes qui t'invitaient à partir.
Bien sûr. On est arrivé le samedi, et dès le Dimanche, la police des étrangers est passée poliment à notre hôtel. On a pu discuter sur les nouvelles règles olympiques pour les journalistes, et ils étaient bien au courant. Malgré tout ils nous ont invité à quitter le pays dès le lendemain. Après trois jours, c'était devenu sérieux.

Comment s'est déroulée l'expulsion ?
Jeudi soir un officier de police de haut rang nous a rendu visite. Sa voix s'est élevée et il nous a dit d’un ton impérieux, que si on ne partait pas maintenant, on allait avoir de gros ennuis. Il nous a par exemple menacé d’un retrait du Visa. On a bien senti par la façon dont il nous l'a dit, qu'il n'y avait plus de possibilité de négociation. Le lendemain à sept heures et demie, ils sont venus nous chercher à l'hôtel et nous ont amenés à la gare. Si on était resté, on nous aurait certainement arrêté.

Dans quelle mesure doit-on s'adapter en tant que correspondant dans une telle région ?
Tout d'abord, il faut s’assurer de ne pas être suivi, pour parler aux Tibétains. On se donnait rendez-vous dans des arrière-cours, où je pouvais être plus ou moins sûr qu'il n'y avait aucun Chinois à l’écoute. On avait des guetteurs.

En ce moment la Chine utilise de gros moyens militaires. Comment peut-on évaluer la situation maintenant ?
J'imagine que les moines Tibétains vont se radicaliser. S'ils ne craignent pas la révolte violente, ça peut dégénérer. C'est ce qui est arrivé dans la capitale Lhassa, où les moines ont jeté des pierres. S'ils continuent à négliger l'appel à la non-violence du Dalaï Lama, on fournira à Pékin le prétexte pour intervenir très massivement.

Le Dalai Lama a fait un appel en menaçant de démissionner. Manque-t-il de soutien ?
Le Dalai Lama continue à jouir d'une grande estime, même parmi les Tibétains qui sont en faveur des Chinois. Cependant, cette estime est d'un ordre religieux et ne veut pas dire qu'ils soient en accord avec sa stratégie politique. La réaction des jeunes n'est pas étonnante. Ce qui est par contre étonnant, c’est que son conseil ne soit plus respecté dans les monastères.

Pourquoi la réaction des jeunes n'est pas étonnante ?
Ces jeunes vivent à Lhassa dans une ville moderne. Ils ont des lecteurs mp3, des DVDs. Ils veulent apprendre le Chinois, car ils auront ainsi de meilleures opportunités de travail. Le Dalai Lama n'occupe ainsi plus la place centrale. Dans les villages il occupe encore entièrement la conscience des gens, mais pas dans les villes.

Que risquent ceux, qui sont cherchés par la police ?
Ils doivent compter sur des interrogatoires où ils seront frappés. Ainsi, la Chine ne respectera pas ses propres lois récentes.

Est-ce que ce conflit peut être potentiellement négatif comme les excès de1989 ?
Les dégradations dans la ville sont vraiment inquiétantes. Le 1er mai à Kreuzberg est une fête de tir en comparaison. Cela s’est finit par des milliers de magasins et hôtels incendiés. J'ai l'impression que la police n'a pas contenu la révolte comme elle aurait pu. Elle a laissée faire les manifestants afin que leurs excès fassent le tour du monde.

Où te trouves-tu maintenant ?
Je suis dans une province au nord de la région autonome du Tibet, où vivent encore beaucoup de Tibétains et où l’on peut continuer à travailler.

ENTRETIEN: KAI SCHLIETER

Article original
Georg Blume nach seiner Tibet-Ausweisung
"Erstaunt, dass ich der Einzige war"

Georg Blume wundert sich darüber, dass so wenig versuchten, nach Tibet zu gelangen. Er erzählt, wie er die Ausweisung herauszögerte. Und warum er Türsteher brauchte.

Georg Blume mit zwei tibetischen Mönchen einen Tag vor seiner Ausweisung. Foto: taz

taz: Wie fühlt es sich für einen Korrespondenten an, wenn man der autonomen Region verwiesen wird?

Georg Blume: Nicht gut. Man lässt die Leute im Stich, die man die letzten Tage gesprochen hat. Viele differenzierte Meinungen, die jetzt alle nicht mehr vorkommen. Wenn die anfangen zu erzählen, ist alles nicht so schwarz-weiß, wie es vielleicht von außen erscheint. Die sind ab jetzt mundtot. Das ist eine Sauerei.

Du und Kristin Kupfer wart die letzten Berichterstatter. Hat es dich erstaunt, dass du länger bleiben konntest?

Es hat mich vor allem erstaunt, dass ich der Einzige war. Denn es war ja überhaupt kein Problem, hierher zu kommen. Es ist eigentlich völlig absurd, warum kein anderer mehr da war.

Aber es gab von Anfang an sanfte Hinweise, dass du auch gehen mögest.

Natürlich. Wir sind Samstag angereist, und seit Sonntag kam höflich die Ausländerpolizei in unser Hotel. Man konnte über die neuen olympischen Regeln für Journalisten diskutieren, das würden sie auch alles kennen, dennoch würden sie uns bitten, am nächsten Tag auszureisen. Nach drei Tagen wurde es ernst.

Wie lief dann die Ausweisung ab?

Am Donnerstagabend besuchte uns ein ranghoher Polizeibeamter. Er ist laut geworden und teilte uns in einem Befehlston mit: Wenn ihr jetzt nicht geht, kriegt ihr sehr großen Ärger. Er drohte uns zum Beispiel mit dem Entzug der Visa. So wie der das sagte, war da kein Verhandlungsspielraum mehr. Am nächsten Morgen um halb acht haben sie uns dann vom Hotel abgeholt und zur Eisenbahn gebracht. Wären wir geblieben, dann hätte man uns sicherlich verhaftet.

Inwieweit muss man sich als Korrespondent in so einer Region anpassen?

Ich muss in erster Line darauf achten, nicht beschattet zu werden, während ich mit den Tibetern redete. Wir trafen uns in Hinterhöfen, wo wir einigermaßen sicher sein konnten, dass da kein Chinese zuhört. Wir haben Türsteher gehabt.

Derzeit fährt China massiv Militär auf. Wie ist die Situation jetzt einzuschätzen?

Ich gehe davon aus, dass sich die tibetischen Mönche weiter radikalisieren werden. Wenn sie den gewaltsamen Widerstand nicht scheuen, kann es eskalieren. Das ist ja auch in der Hauptstadt Lhasa passiert, dass Mönche auch Steine geworfen haben. Wenn sie den Aufruf zur Gewaltfreiheit des Dalai Lama weiterhin missachten, dann wird Peking der Vorwand geliefert, ganz massiv aufzutreten.

Der Dalai Lama hat seinen Aufruf mit der Drohung verknüpft, andernfalls zurückzutreten. Fehlt ihm der Rückhalt?

Die Verehrung des Dalai Lama ist nach wie vor unglaublich groß. Selbst bei Tibetern, die chinafreundlich sind. Das ist aber religiös gemeint und heißt nicht, dass sie in der politischen Strategie übereinstimmen. Nicht verwunderlich sind die Reaktionen der Jugendlichen. Verwunderlich ist, dass sein Rat in den Klöstern nicht mehr befolgt wird.

Warum sind die Reaktionen der Jugendlichen nicht verwunderlich?

Diese Jugendlichen leben in Lhasa in einer modernen Stadt. Die haben ihre MP3-Player, DVDs. Sie wollen Chinesisch lernen, weil sie darin bessere Jobschancen erkennen. Da ist der Dalai Lama nicht mehr alles. In den Dörfern füllt er noch das ganze Bewusstsein aus, in den Städten nicht.

Was droht denen, die von der Polizei gesucht werden?

Die müssen mit Verhören rechnen, wo man sie schlägt. China wird damit seine eigenen neuen Gesetze brechen.

Hat der derzeitige Konflikt das negative Potenzial wie die Exzesse von 1989?

Die Verwüstungen in der Stadt waren wirklich unheimlich. Dagegen ist der 1. Mai in Kreuzberg ein Schützenfest. Tausende abgebrannter Geschäfte und Hotels. Ich habe den Verdacht, dass die Polizei den Aufstand nicht so eingegrenzt hat, wie es möglich gewesen wäre. Sie hat die Demonstranten machen lassen, damit deren Ausschreitungen dann um die Welt gehen.

Wo hältst du dich jetzt auf?

Ich bin in einer Provinz nördlich der autonomen Region Tibet, wo noch viele Tibeter leben und wo man jetzt weiterhin arbeiten kann.

INTERVIEW: KAI SCHLIETER

GEORG BLUME (44) schreibt seit 1985 für die taz, seit elf Jahren als China-Korrespondent. Er wurde wegen seiner Arbeit sowohl ausgezeichnet als auch verhaftet.
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USA : Résolution sur les droits humains en Chine

Messagede Aacitoyen le Mar 5 Aoû 2008 00:13

États-Unis : un député s'oppose à la résolution de la Chambre des représentants sur les droits humains en Chine --- d'après Xinhua

2008-08-04 11:03:07

WASHINGTON, 3 août (Xinhua) -- Le député républicain du Texas, Ron Paul, qualifiant de "mal conçue" et d'"hypocrite" la récente résolution de la Chambre des représentants sur la situation des droits humains en Chine, a exhorté le Parlement américain à traiter les violations des droits humains aux Etats-Unis et celles perpétrées par la politique étrangère américaine à l'étranger.

"Je m'élève contre cette résolution, qui est une autre condamnation insensée et provocatrice à l'encontre de la Chine. C'est cette sorte de chauvinisme qui a conduit à une piètre opinion des Etats-Unis à l'étranger", a expliqué M. Paul, dans une déclaration publiée sur le site internet officiel de la Chambre des représentants.

"Nous ne sommes pas en train de débattre d'un projet de loi sur la fermeture de Guantanamo, où des abus ont été attestés. Nous ne sommes pas en train de débattre d'un projet de loi sur le retrait de l'Irak, où des dizaines d'innocents ont été tués, blessés et mal traités à cause de notre attaque sans raison contre ce pays", a souligné le parlementaire républicain dans sa déclaration avant le vote de la Chambre sur la résolution anti-chinoise le 30 juillet.

"Au lieu d'aborder ces problèmes et des dizaines d'autres questions pressantes... nous préférons passer notre temps à critiquer un gouvernement étranger sur lequel nous n'avons pas autorité, ainsi que de problèmes internes à l'étranger sur lesquels nous avons peu d'informations exactes", a poursuivi le député américain.

M. Paul a qualifié d'"ironique" le fait que la résolution appelle le gouvernement chinois à entamer des négociations directes sans précondition avec le Dalaï Lama ou ses représentants.

"Depuis des années, la politique américaine a été de ne pas avoir de rencontre ou de négociation avec l'Iran jusqu'à ce que des conditions préalables soient remplies par l'Iran", a fait remarquer le parlementaire républicain. "C'est pourquoi certains déclarent que les résolutions de ce genre sont hypocrites", a-t-il relevé.

"Au lieu de donner des leçons à la Chine, où, sans aucun doute, il existe des problèmes comme partout ailleurs, je suggère que nous portions notre attention sur les très réelles menaces aux Etats-Unis où nos libertés civiles et les droits humains sont constamment rongés", a insisté M. Paul.

En réaction à l'adoption du Congrès de la résolution sur la situation des droits humains en Chine, un porte-parole des Jeux Olympiques de Beijing a déclaré jeudi dernier que la résolution est une tentative de politiser les Jeux.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Jianchao, a également rejeté la résolution, estimant qu'il s'agit d'un abominable comportement d'une poignée de législateurs anti-chinois. (Xinhua)


Version intégrale de l'intervention --- d'après Ron Paul's Campaign for Liberty

Madam Speaker, I rise in opposition to this resolution, which is yet another meaningless but provocative condemnation of China . It is this kind of jingoism that has led to such a low opinion of the United States abroad. Certainly I do not condone human rights abuses, wherever they may occur, but as Members of the US House of Representatives we have no authority over the Chinese government. It is our Constitutional responsibility to deal with abuses in our own country or those created abroad by our own foreign policies. Yet we are not debating a bill to close Guantanamo , where abuses have been documented. We are not debating a bill to withdraw from Iraq , where scores of innocents have been killed, injured, and abused due to our unprovoked attack on that country. We are not debating a bill to reverse the odious FISA bill passed recently which will result in extreme abuses of Americans by gutting the Fourth Amendment.

Instead of addressing these and scores of other pressing issues over which we do have authority, we prefer to spend our time criticizing a foreign government over which we have no authority and foreign domestic problems about which we have very little accurate information.

I do find it ironic that this resolution “calls on the Government of the People’s Republic of China to begin earnest negotiations, without preconditions, directly with His Holiness the Dalai Lama or his representatives.” For years US policy has been that no meeting or negotiation could take place with Iran until certain preconditions are met by Iran . Among these is a demand that Iran cease uranium enrichment, which Iran has the right to do under the terms of the Non-Proliferation Treaty. It is little wonder why some claim that resolutions like this are hypocritical.

Instead of lecturing China, where I have no doubt there are problems as there are everywhere, I would suggest that we turn our attention to the very real threats in a United States where our civil liberties and human rights are being eroded on a steady basis. The Bible cautions against pointing out the speck in a neighbor’s eye while ignoring the log in one’s own. I suggest we contemplate this sound advice before bringing up such ill-conceived resolutions in the future.
Aacitoyen
 
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Généalogie coloniale du Dalaï-Lama

Messagede Aacitoyen le Ven 5 Déc 2008 02:49

Généalogie coloniale du Dalaï-Lama --- d'après DeDefensa.org

par Michel Tibon-Cornillot, écrivain

Au cours de sa longue histoire, le Tibet fut marqué par la pénétration définitive du bouddhisme au 11ème siècle. Ce point est essentiel dans la mesure où le bouddhisme tibétain eut à plusieurs époques une forte activité missionnaire renforcée par la position stratégique du pays au centre du continent asiatique. C’est à partir des 11ème et 12ème siècles que furent fondés les grands monastères auxquels furent attribués des territoires importants, monastères qui entrèrent en concurrence avec de grands propriétaires terriens. Il faut cependant nuancer cet aspect car la dimension agricole au Tibet concerne des régions précises où l’agriculture est possible, les parties orientales et méridionales; mais d’autres régions désertiques, celle du haut Tibet par exemple, étaient et sont encore parcourues par des populations nomades.

Quelques précisions supplémentaires ; dans la première moitié du 13ème siècle, les mongols de Gengis-Khan et de ses successeurs qui dominaient toute l’Asie et dirigeaient la Chine (dynastie Yuan) s’intéressèrent au Tibet. Pour éviter une invasion dont ils avaient compris qu’elle serait désastreuse, les nobles et abbés des grands monastères envoyèrent en émissaire un homme remarquable Sa-Skya Pandita qui fit reconnaître le bouddhisme tout en acceptant la suzeraineté mongole. Le grand Kubilaï Khan permit le développement du bouddhisme parmi les élites mongoles et adopta une écriture inspirée par l’écriture tibétaine. Les liens entre les tibétains et les mongols furent et sont donc anciens et étroits.

Mais il en est aussi de même avec les Hans, les chinois. Lorsqu’il devint évident que la domination et l’influence mongole s’amenuisaient, que la dynastie Yuan passait la main, les émissaires des grands monastères entrèrent en contact avec les représentants de la nouvelle dynastie chinoise, celle des Ming, et ce dès le 14ème siècle. Ces liens devinrent de plus en plus étroits. Après de longues luttes internes entre monastères et tendances religieuse, la secte des bonnets jaunes, ainsi qu’on appelle la tendance dominé par rGyalba Rin-Po-Che, accéda à la fin du 15ème siècle au pouvoir politique. Ce dernier fut soutenu dans sa lutte par un prince mongol Altan Khan qui lui décerna que le titre mongol de Dalaï Lama. Ce titre fut transmis ensuite aux réincarnations successives. Parmi les réincarnations, il faut citer un Dalaï Lama remarquable, celui qu’on appelle le grand Cinquième, nommé Pan-Chen Rin-Po-Che, qui partit pour la Chine de 1651 à 1653 et fut reçu en grande pompe, avec la plus grande déférence, par l’empereur de Chine lui-même.

L’autonomie politique de plus en plus grande des bonnets jaunes, celle des Dalaï Lamas, n’eut pas que des effets bénéfiques : la prévalence des Dalaï Lamas entraîna des troubles puis des guerres civiles assez catastrophiques entre monastères et factions diverses. Le vainqueur de ces luttes fratricides, Po-lha-nas, (1689-1747), devint souverain du Tibet pendant vingt ans d’un règne calme et tranquille. Il avait le titre chinois de Wang et fut reconnu par l’empereur de Chine. A sa mort, de nouveaux troubles menèrent de nouveau le Tibet vers la guerre civile; c’est dans ce contexte que vers 1750, sur demande du nouveau Dalaï Lama, une commission impériale envoyé par l’empereur de Chine participa à la formation d’un conseil de quatre ministres, trois séculiers et un moine, commission qui fut chargée d’aider le Dalaï-Lama ou le Régent. Le gouvernement jouissait d’une très large autonomie, les ambans, ces quelques représentants de l’empereur n’étant là que pour surveiller et envoyer des rapports à la cour de Pékin. Ce nouvel équilibre s’avéra solide et perdura jusqu’en 1910.

On voit donc que le système théologico-politique lamaïsme lié au leadership des monastères des bonnets jaunes s'est installé après bien des batailles politiques, des guerres, des coups d’état, et ne put survivre que grâce à l’appui, somme toute, éclairé et très distancié, de l’administration du régime impérial chinois. Cette large autonomie s’est maintenue en très bons termes pendant quatre siècles environ.

Pendant les événements lamentables du 7 avril 2008 qui se sont passés à Paris au moment du passage de la flamme olympique, les innombrables “pro-tibétains” français ont montré leur très profonde ignorance des liens entre la Chine et le Tibet, manifestant ainsi le fond de leur âme, celle de “petits-blancs” racistes toujours prêts au lynchage “anti-chinois”. Si ces imbéciles s’étaient informés, ils auraient appris que les liens entre la Chine et la culture tibétaine sont innombrables et que la religion tibétaine fut officiellement la religion officielle des empereurs chinois d’origine mongol, les Yuan, des empereurs chinois d’origine han, dont ceux de la dynastie des Ming, des empereurs chinois d’origine Mandchoue, et ce jusqu'à l'effondrement de la dynastie Qing en 1911? Peut-être alors auraient-ils pu résister à l’incroyable campagne “anti-chinoise” orchestrée par les médias “blancs”.

En tout cas, au niveau politique, le dossier des relations entre la Chine et le Tibet n'est vraiment pas à l'avantage du lamaïsme des deux derniers Dalaï Lamas, sans cesse alliés depuis plus d’un siècle aux pires aspects du colonialisme occidentale. Pour comprendre la situation il faut d'abord se rappeler l’existence des guerres de l'opium menées par les anglais contre la Chine à partir de 1840 pour pouvoir introduire librement en Chine des caisses d'opium. Ces guerres ont abouti, comme nous le présentons plus en détail dans deux épisodes de la rubrique Notes de Lectures au démantèlement de l'empire chinois et à son dépeçage, événements qui, de famines en guerres civiles, ont fait au moins 120 millions de morts en un siècle, d'après les évaluations les plus sérieuses .

Le deuxième élément permettant de comprendre un peu l'histoire politique du Tibet lamaïste des bonnets jaunes apparaît clairement si l’on se rappelle que sur l’autre versant himalayen se trouve l’Inde et que l’Inde était aussi dominé par les coloniaux anglais. Ainsi en 1904, les troupes anglaises venues d’Inde entrent à Lhassa. Les autorités tibétaines compradores et les moines bouddhistes occupés à rechercher le Dieu vivant chez les petits garçons, signent un traité ouvrant les frontières avec l'Inde. De facto, les relations avec la Chine sont rompues sachant que par ailleurs les anglais sont aussi en Chine où ils contribuent à piller, intoxiquer le peuple chinois et à désintégrer les derniers vestiges de l'administration impériale. En 1909, la dynastie chinoise déjà chancelante décide de réagir et envoie des troupes pour rétablir son autorité. Lhassa est occupé en 1910 et le 13ème Dalaï-Lama se réfugie en Inde (déjà) pour se mettre sous la protection des anglais. Avec la fin de la dynastie mandchoue et l'accélération de la désagrégation de la Chine, le 13ème Dalaï-Lama revient à Lhassa en 1912, toujours avec l'aide des anglais.

Le soutien constant des anglais, les malheurs inouïs du peuple chinois menèrent les deux derniers Dalaï-Lamas à rompre les liens très puissants et anciens qui reliaient le Tibet à la Chine. Pendant la deuxième guerre mondiale les autorités tibétaines se rapprochèrent aussi des américains. Il se trouve que ces orientations se révélèrent désastreuses. Les 13ème et 14ème Dalaï Lamas, le 14ème étant le héros de notre histoire, ont joué les cartes du colonialisme alors qu'en 1947, les anglais quittaient l'Inde et qu'en 1949, la république populaire de Chine était créée. Les nouvelles autorités chinoises reprirent à leur compte le fait que les différents régimes chinois précédents n'avaient jamais reconnus l'indépendance du Tibet proclamée dans un pseudo-accord sans valeur entre le 13ème Dalaï-Lama et les autorités coloniales anglaises, accord qui ne fut jamais reconnu internationalement. Elles décidèrent donc de restaurer leur autorité sur cette province.

Ces rappels n'ont d'intérêt que pour mieux faire comprendre ce que représente et qui est le 14ème Dalaï-Lama, le nôtre. Il est le représentant de catégories sociales qui ont dominé de façon scandaleuse la population rurale tibétaine pendant la période de disparition de l’autorité régulatrice chinoise en 1895. C’est en effet à cette date que le 13ème Dalaï Lama prit le pouvoir et mit le Régent, le représentant de l’administration chinoise, en prison où il fut suicidé à bout portant en 1899. Cette fois, le clergé récupérait tous les pouvoirs tout en ménageant la position de l’aristocratie. Ces moines se précipitèrent alors pour se mettre au service des anglais puis des américains illustrant ainsi l’admirable formule de Cicéron «et ruerunt in servitudinem» (et ils se ruèrent dans la servitude).

La soi-disant indépendance du Tibet fut l'un des innombrables fruits empoisonnés du colonialisme anglais et s'est fondée sur le contexte du plus grand génocide de l'histoire de l'humanité, celui provoqué par les guerres de l'opium en Chine. Il ne s'agit pas de justifier la politique chinoise mais de rappeler que la médiatisation actuelle du Dalaï-Lama fait partie d'une guerre menée par les Etats-Unis et leurs alliés, blancs européens, australiens, Néo-Zélandais, etc., contre la Chine. Dans ce contexte, l'énorme soutien médiatique, la présentation de cet homme comme un saint gourou est une affaire déplaisante. En tout cas, il faut savoir que cette reprise occidentale du bouddhisme tibétain est en train de le détruire de ses racines asiatiques et de le rapprocher des catégories sociales occidentales les plus aisées et les plus déplaisantes, publicitaires, cinéastes, journalistes, financiers, etc. tous ceux qui sont en mal de "significations" capables de leur permettre de supporter leurs affreuses activités de décervelage et d’escroqueries. Une rumeur insistante circule partout en Asie où elle contribue à isoler complètement les bouddhistes d'obédience tibétaine des autres bouddhistes ; elle touche maintenant les meilleurs spécialistes européens et américains de l'histoire de la Chine et du Tibet, à savoir que le Dalaï-Lama est un agent de la CIA. Qu'il soit payé par les américains, cela est une affaire ancienne et personne n'en doute mais son engagement dans tous les trucs publicitaires de l'occident industriel implique sa participation active à la guerre générale qui se joue en Asie entre les occidentaux et ceux qui refusent leur retour.

A lire:

P. BUTEL, L’opium, Histoire d’une fascination, Paris, Perrin, 1996.

J. CHESNEAUX ET J. BASTIDE ; Des guerres de l’opium à la guerre franco-chinoise, 1840-1885. Paris, Hatier, 1969

M. DAVIS, Génocides coloniaux, Paris, La découverte, 2003
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Echos du Tibet

Messagede Aacitoyen le Sam 13 Déc 2008 05:19

Echos du Tibet --- d'après Le Monde

LE MONDE | 12.12.08 | 15h16 • Mis à jour le 12.12.08 | 15h16

XIAHE, LANGMUSI, ABA (GANSU ET SICHUAN) ENVOYÉ SPÉCIAL

Dans l'air glacé du matin, ils sortent au pas de course de la caserne, puis se mettent à taper violemment du pied sur l'asphalte. "Un, deux, trois !", brament-ils de concert, le genou haut levé. En cette fin novembre, à Xiahe, la démonstration de force des soldats de la Police armée populaire, les paramilitaires chinois, n'est pas sans motif. Dans cette ville à majorité tibétaine de la province du Gansu, au nord-ouest de la Chine, certains "meneurs" d'une violente manifestation tibétaine qui a éclaté ici dans la foulée de l'émeute de Lhassa du 14 mars, sont en train d'être jugés. Personne ne sait ce qui se passe réellement dans la "Région autonome du Tibet" voisine, la province reste interdite aux journalistes. Le Monde, comme les autres médias basés en Chine, s'est vu récemment refuser l'autorisation de s'y rendre.

Nul ne sait combien de personnes sont passées devant les tribunaux ni quelles peines exactes ont été requises. Mais tout le monde, en ville, a compris que ce spectacle matinal est destiné à prévenir d'éventuels mouvements de solidarité avec les condamnés. Le défilé martial semble laisser les Tibétains interdits : quelques-uns, une manche de leur chuba négligemment rejetée en arrière, se sont arrêtés devant les échoppes de la rue principale et regardent, perplexes, s'agiter les jeunes paramilitaires. Deux mondes semblent coexister en s'ignorant : celui de la Chine, qui étire ici sur ces marches de l'empire l'une de ses ultimes frontières occidentales, et celui de l'univers tibétain, au pire rétif, au mieux indifférent.

Le 16 mars, une flambée de violence inhabituelle, qui n'a cependant fait aucune victime, ni chez les manifestants ni du côté des forces de l'ordre, a ébranlé Xiahe. Scénario classique des troubles qui ont secoué le Tibet et les préfectures ou districts tibétains des provinces voisines : les moines organisent des rassemblements, suivis par de jeunes laïcs, chômeurs en colère ou Tibétains frustrés face à l'opulence, relative ou non, des commerçants d'ethnie han et hui, ces derniers appartenant à une minorité musulmane chinoise.

Cette version est celle que nous ont donnée des moines du grand monastère de Labrang, l'un des six plus importants du monde tibétain sur le plan de la qualité de ses enseignements philosophiques. Ce monastère, qui trône au centre de la partie tibétaine de la ville de Xiahe, dresse ses drapeaux et ses "cathédrales" aux toits dorés dans une vallée aride, écrasant un maillage complexe de ruelles étroites aux maisons basses, les résidences d'un millier de moines.

En mars, les manifestants s'étaient dirigés vers le siège du gouvernement local, dont la plupart des fonctionnaires sont d'ethnie tibétaine. Puis ils s'en étaient pris à certaines boutiques des commerçants chinois en fracassant les devantures. Les paramilitaires intervinrent et dispersèrent la foule à coups de grenades lacrymogènes. "Quelques semaines plus tard, la police a fait une descente au monastère. Tout a été fouillé. Ils cherchaient des photos du dalaï-lama et surtout les téléphones portables grâce auxquels certains de nos frères avaient photographié la manifestation !", raconte un moine dans un chinois hésitant.

Selon lui, il y eut cette nuit-là près de 200 arrestations, mais la plupart des moines ont été peu à peu relâchés. Aucun mauvais traitement n'a été signalé, assure notre interlocuteur. Mais il précise que certains de ses "frères" ont été menacés s'ils parlaient à des journalistes étrangers. Il affirme que trois moines sont encore en prison et griffonne rapidement leurs noms : Jimai, Tselsen et Thunke. L'un d'entre eux aurait envoyé en vidéo aux Etats-Unis un petit film de l'émeute.

A cinq heures de route plus au sud, la petite ville de Langmusi offre un spectacle fort différent : deux monastères se font face et surplombent la rue principale qui fait office de frontière entre les provinces du Gansu et du Sichuan. Les pensionnaires des deux communautés ne s'aiment guère : l'un d'eux, hostile aux Chinois, a manifesté en mars. L'autre, partisan de la modération, a tenu ses "troupes". Un moine du camp "modéré" commente son attitude après avoir discrètement entraîné le visiteur étranger dans sa cellule : "Que pouvons-nous faire face aux Chinois ? Manifester violemment ne sert à rien ! Il faut trouver la voie de la conciliation. Nous devons nous adapter."

Il explique que le comportement belliqueux de ses "collègues" du monastère d'en face leur a valu la fermeture de l'école de philosophie et le renvoi sans appel de tous les moines âgés de moins de 18 ans. "Ceux qui restent sont soumis quotidiennement à des séances d'éducation patriotique au cours desquelles ils doivent renoncer à leur allégeance au dalaï-lama." "Chez nous aussi, il faut se plier aux enseignements donnés par ce que les Chinois appellent des "groupes de travail"", admet-il ; "les séances ont lieu tous les jours avant et après la pause déjeuner. Mais ce n'est pas très strict, et j'ai l'impression que tout le monde s'y plie de manière distraite, comme à une corvée..."

Aba (Ngawa, en tibétain), quelques jours plus tard : depuis Langmusi, la route presque plate a sinué durant des heures dans un paysage enneigé de pâturages de haute altitude où les bergers à cheval poussent leurs yaks sur fond d'horizons perdus. Peu de circulation, espaces sans limites avec, parfois, le barrage de sacs de sable d'un point de contrôle des paramilitaires. Mais la tension semble bel et bien retombée : la plupart du temps, les guérites sont vides et, quand ce n'est pas le cas, le factionnaire laisse passer les voitures sans procéder au moindre contrôle.

De tous les théâtres connus de la répression, Aba a été l'un des plus violents. Le 16 mars, des moines du monastère de Kirti, situé en pleine ville, ont organisé un défilé. Aux cris de "Vive le dalaï-lama !" et de "Rendez leurs droits aux Tibétains !", brandissant des drapeaux du Tibet indépendant frappés de deux lions des neiges, une foule de plusieurs milliers de personnes s'est dirigée vers le siège du gouvernement local. D'après les témoignages que nous avons été en mesure de recouper et qui émanent de moines, d'un laïc tibétain et de commerçants chinois han, la tragédie a éclaté devant le commissariat de police de la rue principale : attaqués par les manifestants qui s'en sont pris aux boutiques chinoises, les policiers ont tiré. Selon ces sources concordantes, au moins une douzaine de personnes ont été tuées à cet endroit.

Dans l'immense monastère (2 500 moines) à l'architecture très "chinoise", qui recourbe ses toits aux encorbellements de pagode, un jeune religieux nous a raconté sa version dans le silence de sa cellule, après avoir suivi un chemin compliqué à travers les rues enneigées : "J'étais dans la foule au début de la manifestation, mais, rapidement, nos maîtres de disciplines ont dispersé certains d'entre nous. J'ai été obligé de refluer vers le monastère. Je n'ai pas vu comment les choses ont tourné en ville. Le soir, vers 4 ou 5 heures, j'ai vu des gens ramener 7 ou 8 cadavres. Certains avaient été hissés sur des motos, d'autres étaient portés par deux personnes. J'ai vu les impacts de balles sur les corps, dans la poitrine, au flanc. Je ne les ai pas reconnus, car on avait recouvert leurs visages. Je connais deux victimes. L'une avait 17 ans, c'était un lycéen." Le moine explique que, quelque temps après, une rafle en bonne et due forme a été organisée par la police. Après l'interpellation de plusieurs centaines de religieux, tout le monde a été rapidement relâché.

Ailleurs en ville, un commerçant d'une quarantaine d'années affirme avoir été le témoin d'un incident mortel : "Là, dit-il en désignant le pont sur lequel il nous a entraînés, j'ai vu deux hommes être touchés aux jambes par les balles des soldats. Ils sont tombés. L'un d'eux continuait à crier des slogans. Il a finalement succombé sous les coups de fusil." Devant une tasse de thé tibétain au beurre de yack, le même homme dicte plus tard les noms d'autres victimes de la sanglante journée. L'une d'elles était son frère, dit-il. Il n'est pas possible, pour des raisons de sécurité, de citer le nom de ce dernier, mais le défunt était "un ancien milicien devenu partisan le plus fidèle du dalaï-lama".

Ces différents témoignages permettent d'estimer à une fourchette située entre 8 et 20 le nombre de manifestants tués ce jour-là à Aba. Les médias officiels avaient confirmé l'émeute du mois de mars sans faire état de morts, mais en mentionnant "que 200 personnes avaient été blessées, 81 véhicules et 24 magasins incendiés". Le quotidien anglophone China Daily écrivait que, le 28 mars, après la fouille du monastère, les policiers avaient trouvé "30 fusils, 498 balles, 1 kg d'explosif et 33 sabres". L'article concluait en une ligne vengeresse : "Du matériel pornographique sous la forme de DVD a également été découvert."

Il est quasi impossible de connaître le nombre de personnes encore emprisonnées dans la préfecture. De multiples condamnations ont été annoncées à la télévision locale, racontent des habitants. Un chauffeur tibétain soutient que les émeutes avaient à l'époque gagné les environs : son neveu, âgé de 30 ans, a participé à l'attaque de bâtiments officiels dans un canton voisin. Il a été condamné, le 28 juillet, à quinze ans de prison. "Nous, les Tibétains, n'avons que des pierres et des couteaux. Les Chinois ont des fusils", constate l'homme en faisant mine de se mettre un canon sur la tempe.

Bruno Philip
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Tribune : Beijing donne sa lecture de la situation au Tibet

Messagede Aacitoyen le Ven 26 Déc 2008 02:29

Tribune : Beijing donne sa lecture de la situation au Tibet --- d'après Contre Info

14 avril 2008

« Le Dalai Lama est en fait le représentant général du système de servage qui réunissait en un au Tibet le pouvoir politique et le pouvoir religieux et il est un exilé politique qui se consacre depuis de longues années à la division de la patrie et à la sape de l’unité nationale. Ce qu’il représente, c’est le système de servage pourri et décadent, lequel était un régime unissant religion et politique rejeté et éliminé depuis longtemps par l’histoire. » Le point de vue officiel chinois, dans le texte et in extenso.

Image

Illustration : Hu Jin Tao

Ndlr : faut-il préciser que nous ne reprenons pas à notre compte les arguments développés ci-dessous ? L’objet de cette publication n’est bien évidemment pas de manifester un quelconque assentiment mais de porter à la connaissance des lecteurs le point de vue officiel chinois - et son inimitable style fleuri -, peu présent dans les débats actuels. Aux lecteurs d’exercer, comme nous tentons de le faire pour notre part, leur sens critique.

Le « porte-parole du peuple tibétain » ou le représentant général du système de servage au Tibet ?


Le Quotidien du Peuple, 14 avril 2008

Ces derniers temps, le Dalai Lama proclame partout qu’il est « un Buddhist monk respectant les lois et observant les règles disciplinaires religieux » et il clame à tout moment « j’éprouve au plus haut point du tourment et du souci », « mes souhait et mes désirs sont sincères, mon intention et mon mobile sont de bonne foi ».

Toutefois, en analysant sérieusement les paroles et les actes de la clique du Dalai Lama ainsi que son comportement et sa conduite, on pourra alors aller au fond du problème en passant par les apparences, car en perçant « l’écran de fumée » on peut constater les faits et les gestes du Dalai Lama et ce qu’il a accompli, on pourra apercevoir alors que pour lui il n’est pas question de « respecter les lois et d’observer les règles disciplinaires religieux », et encore plus de représenter les intérêts du peuple tibétain. Tout comme ce qu’a déclaré le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères, le Dalai Lama est en fait le représentant général du système de servage qui réunissait en un au Tibet le pouvoir politique et le pouvoir religieux et il est un exilé politique qui se consacre depuis de longues années à la division de la patrie et à la sape de l’unité nationale. Ce qu’il représente, c’est le système de servage pourri et décadent, lequel était un régime unissant religion et politique rejeté et éliminé depuis longtemps par l’histoire.

L’ancien régime tibétain réunissant en un pouvoir politique et pouvoir religieux était en fait un système despotique dominé conjointement par le clergé et l’aristocratie.

Le Tibet a été dans de longues années une société féodale de servage dominée par un système combinant en un le pouvoir religieux et le pouvoir politique. Laba Pingcuo, chercheur et Secrétaire général du Centre des études tibétaines de Chine, a indiqué que ce genre de système réunissant en un, religion et politique, est en fait un système despotique et tyrannique dominé conjointement par le clergé et l’aristocratie.

« Le Dalai Lama était le représentant général de ce système au Tibet. », a-t-il indiqué en précisant que c’était à partir du 5ème Dalai Lama qu’avec l’appui et le soutien du gouvernement central qui lui conféra le titre, qu’il a pu renforcer petit à petit son autorité et établir ainsi la première force locale et créer par la suite un gouvernement local qui domina le Tibet sur le plan politique, il devint ainsi le représentant général du gouvernement Gexia qui était de fait l’organe du pouvoir local du Tibet.

En consultant l’histoire, on pourra constater la réunion en un du pouvoir politique et du pouvoir religieux n’existait pas seulement au Tibet. En Europe, ce genre de régime a pu maintenir son existence durant près d’un millénaire. La Renaissance, une rénovation culturelle qui se produisit en Europe au 15ème et au 16ème siècle, dans les domaines littéraire et artistique et scientifique, ainsi que dans les domaines économique et social, avec les grandes découvertes et la naissance du capitalisme moderne, et puis ensuite la révolution industrielle poussèrent les pays européens à avancer rapidement vers la modernisation. Mais au Tibet, en Chine, ce système alliant religion et politique a duré très longtemps et a continué jusqu’aux années 50 du 20ème siècle, ce qui a gravement et sérieusement empêché le développement social et économique du Tibet qui était alors extrêmement arriéré sur le plan économique et social, alors que son peuple vivait dans la misère, dans la pauvreté et dans un extrême dénuement.

Même dans ce contexte-là, compte tenu de la complexité des problèmes ethniques et religieux du Tibet, après l’avènement de la Chine nouvelle, le gouvernement central et les autorités locales tibétaines ont conclu et signé l’« Accord sur les moyens de libération pacifique du Tibet », dans lequel il est stipulé que « le gouvernement central n’agira pas pour changer le système politique existant su Tibet », mais il est demandé également que « le gouvernement local tibétain doit procéder de lui-même à des réformes ». Ces stipulations et ces prescriptions, qui constituent les principes et mesures politiques d’ensemble du gouvernement central à l’égard du régime féodal de servage dominé par un pouvoir réunissant politique et religion, ne doivent pas être séparées et divisées à volonté. Cependant, la sagesse et la prudence dont ont fait preuve les autorités centrales n’on pu satisfaire la clique du Dalai Lama qui déclencha en 1959 une rébellion. Mais ce qu’elle n’a pas pu prévoir, c’est que celle-ci accéléra la venue de la réforme démocratique qui fut menée en même temps que l’écrasement de la rébellion. Affranchis et émancipés, les millions de serfs et d’esclaves sont devenus ainsi les maîtres de leur destinée et du pays.

Après l’échec de la rébellion, la clique du Dalai Lama qui s’est enfuie à l’extérieur du pays, de quels éléments est-elle constituée ? Des experts en matière d’étude de problèmes tibétains ont indiqué qu’il est possible que les gens de bonne volonté eussent oublié leur véritable identité de l’époque, mais que les faits historiques ne sauraient être déniés ni falsifiés et que leurs faits et gestes sont indéniablement notés dans l’histoire. D’innombrables réalités, archives et documents historiques prouvent leur culpabilité, car ce sont eux qui à l’époque s’opposaient fermement et farouchement à l’abolition et à l’élimination du système féodal, esclavagiste et de servage, qui voulait maintenir résolument le régime de la réunion en un, du pouvoir politique et du pouvoir religieux et qui refusaient implacablement d’affranchir et d’émanciper les serfs et les esclaves et de donner la paix et les droits de l’homme aux millions d’habitants tibétains. C’étaient eux qui constituaient les forces séparatistes principales des propriétaires de serfs qui clamaient frénétiquement : « Aucun changement ! Aucune transformation ! »

De l’abolition du système de servage jusqu’à l’établissement de l’autonomie régionale nationale, du renforcement de la formation du contingent de cadres de nationalité tibétaine jusqu’à l’application de la politique de l’aide et du soutien au Tibet de tout le pays, durant les plusieurs dizaines d’années écoulées, les œuvres du développement économique et social ont avancé à grand pas au Tibet, alors que le niveau de vie de la population s’est élevé également rapidement. Cette réalité qui saute aux yeux et qui est évidente pour tous ne peut être démentie ni niée. « On peut décrire ces changements en utilisant les adjectifs tels que "étonnant", "bouleversant", "prodigieux", "surprenant", "extraordinaire" et "stupéfiant" avec un point d’exclamation derrière. », a dit Dadanzeng, sexagénaire et savant spécialiste du Tibet.

Un autre expert en la matière Liu Hongji a indiqué qu’aujourd’hui au Tibet, l’économie se développe rapidement, la société progresse et les peuples de diverses nationalités jouissent de toutes sortes de droits attribués par les lois, et qu’en ce qui concerne l’amélioration de la vie et du bien-être de la population, l’instruction est obligatoire, les malades sont soignés dans les hôpitaux, les personnes âgées sont prises en charge par l’Etat, tous ont un toit sur leur tête, et personne n’est abandonnée dans les rues.

L’« indépendance du Tibet », prônée par la clique du Dalai Lama, vise en réalité au rétablissement au Tibet de l’ancien régime combinant le pouvoir politique et le pouvoir religieux.

Après la fuite en Inde du Dalai Lama, qu’a-t-il fait pour le Tibet ? L’expert en matière de problèmes tibétains Tang Jiawei a indiqué que le 14ème Dalai Lama a passé déjà plus de 40 ans en exil à l’étranger et qu’il a utilisé les meilleures années de sa vie pour sa soi-disant « cause » en s’écartant de la doctrine et en se rebellant contre l’orthodoxie, ainsi qu’en trahissant sa patrie et son peuple. Malgré qu’avec l’appui et le soutien des forces antichinoises internationales, il a dépensé beaucoup d’énergie, cherché beaucoup de moyens et utiliser beaucoup de tactiques, mais il n’a pu réussir, car les illusions et les rêves sont toujours des choses chimériques impossibles de réaliser. Le Tibet est une partie intégrante de la Chine, c’est un fait historique indéniable et incontestable que personne au monde ne pourrait changer.

Des spécialistes ont indiqué que le rêve de « l’indépendance tibétaine » de la clique du Dalai Lama a pour but de tenter le rétablissement au Tibet de l’ancien régime d’union de la religion et de la politique, lequel a effectivement existé dans l’histoire de celui-ci. Et même le soi-disant « gouvernement en exil » qui s’est installé à Dharamsala, en Inde, il est un produit déguisé de la combinaison de la religion et de la politique. La « constitution des Tibétains en exil » confère au Dalai Lama le droit suprême de contrôler et de dominer toutes les affaires concernant le religion et la politique et il devient ainsi le représentant général et le chef incontestable de cette clique séparatiste.

Pour préserver sa position dominante au sein de ce « gouvernement en exil » qui combine pouvoir religieux et pouvoir politique, le Dalai Lama pratique la répression et la persécution au sein de la religion bouddhiste tibétaine et au sein de la population tibétaine en exil, ce qui a provoqué de nombreux conflits internes dus à des assassinats et à des actes de violence perpétrés au nom de la religion. Liu Hongji, un spécialiste en matière de problèmes tibétains a fait remarquer que dans les années 90 du siècle dernier, la clique du Dalai Lama a usé de représailles contre les disciples du Dieu de garde des droits Jieqian Xiudan (ndlr : Dorje Shugden) et les a évincé, car elle considérait la doctrine de ce dieu comme hérétique et opposée au bouddhisme et que ses adeptes constitue une secte qui émane des « désirs et des souhaits vicieux et pernicieux ». Soumis des persécutions incessantes, la plupart de ces adeptes ont été obligés de s’enfuir. En janvier 2007, le Dalai Lama a tenu en Inde un prêche canonique au cours de laquelle il a demandé à ses disciples de s’interdire de faire des offrandes à ce dieu et il les a même menacés de faire le choix entre le Dalai Lama et le Dieu Jieqian Xiudan (ndlr : Dorje Shugden). Sous son instigation, il s’est produit dans certains temples du Tibet et d’autres régions, des attaques contre ledit dieu et un grand nombre de ses statues ont été détruites. Ces incidents ont suscité de nombreux conflits entre ceux qui adorent et idolêtre le dieu et ceux qui le méprise et le dédaigne.

Au moment crucial où tout le peuple chinois ne pense qu’au développement économique, où au Tibet la stabilité sociale règne et l’économie progresse rapidement et où à Beijing et dans les autres villes où se tiendront des compétions olympiques, les populations, avec le soutien de l’ensemble du pays, travaillent de leur mieux et de tout leur cœur pour préparer et organiser les meilleurs Jeux Olympiques possibles, l’éclatement brusque des violentes incidents du 14 mars ont ouvert les yeux des larges masses populaires qui connaissent de manière plus approfondie la nature de la clique du Dalai Lama, laquelle est devenue pour elles un contre-exemple qui sert de leçon négative.

Les faits ont déjà démontré que cette clique a préparé, fomenté, organisé et dirigé directement le « mouvement de la grande insurrection du peuple tibétain », alors qu’on comprend que l’incident du 14 mars était seulement une des principales parties composantes de ce « mouvement ». On est désolé et chagriné de constater que l’incident a gravement affecté et porté atteinte au tourisme, au commerce et aux autres secteurs et l’économie tibétaine connaît ainsi des pertes qui dépassent de loin les centaines de millions de yuans, tandis qu’il est impossible d’estimer les pertes qu’il a causé au sentiment national qu’il a déchiré et à l’âme qu’il a blessé profondément.

Les faits historiques, on en a rassemblés de même que les faits réels. La clique du Dalai Lama ne s’est jamais arrêtée de perpétrer des actes de sabotage en participant, dans les années 50 et 60 du siècle dernier, aux harcèlements et aux attaques sans cesse des forces antichinoises internationales contre nos frontières, aux troubles et aux émeutes à Lhassa quelles ont fomentées et organisées ensemble dans les années 80 et au dernier incident violent et criminel qui a éclaté le 14 mars toujours à Lhassa. Tous ces faits réels prouvent que les luttes continueront durant une période relativement longue, car la clique du Dalai Lama n’est pas près de s’arrêter et elle poursuivra ses actes de perturbation et de sabotage et qu’elle ne s’arrêtera pas de créer des troubles et des incidents.

Depuis les années 80 du siècle dernier, le Dalai Lama a fait de son mieux pour tromper et duper certains personnalités de notoriété internationale en se targuant d’être quelqu’un qui préconise « la paix et la non violence, et ses agissements pour diviser la patrie sont de mieux en mieux organisés et revêtent un caractère de plus en plus trompeur. Du Dalai Lama qui érige partout dans le monde son image de chef religieux épris de la Paix et qui « abandonne l’indépendance » jusqu’à les organisations sous sa dépendance, dont le TYC et « l’Association des femmes tibétaines » (AFT), qui continuent à faire grand tapage, à mener grand bruit et à proférer des menaces, il fait de grands efforts pour réorganiser ses troupes en répartissant plus minutieusement leur tâche et leurs activités afin que celles-ci puissent revêtir un caractère plus trompeur et plus dissimulé.

Il n’est pas difficile aux gens clairvoyants de constater que malgré les changements incessants appliqués par le Dalai Lama, et quelque soit les moyens pris, ils ne s’écartent jamais de l’objectif désigné qu’est « l’indépendance tibétaine ». A commencer par « Dans le passé, le Tibet était un pays indépendant », jusqu’à « l’établissement d’une autonomie régionale nationale dans toute l’acceptation du terme », alors que sa position en faveur d’« un Tibet indépendant » n’a aucunement changé de même que sa position pour le retour au Tibet du système de servage et son rôle d’être un outil aux mains des forces antichinoises occidentales. Nombreuses sont les preuves qui mettent en évidence son statut de grand chef de la clique politique séparatiste de « l’indépendance du Tibet », son rôle d’outil fidèle utilisé par les forces antichinoises internationales, et sa réalité de source principale de fomentation de troubles sociaux au Tibet et du plus grand obstacle qui empêche l’établissement de l’ordre normal du bouddhisme tibétain.

« Les propos du Dalai Lama selon lesquels"le Tibet ne cherche pas à se séparer de la Chine"n’est qu’une pure mensonge qui vise à se leurrer soi-même en agissant comme l’autruche qui se cache la tête dans le sable."l’autonomie dans toute l’acceptation du terme"qu’il souhaite est en réalité son espoir chimérique de la réalisation d’un"Tibet indépendant et libre"et le rétablissement de l’ancien système féodal de servage. », a indiqué l’expert en matière de problèmes tibétains Jie Dang Luodanpingcuo.

Dans le courant historique plusieurs fois millénaires de notre grande patrie, le courant principal a été toujours l’unification. C’est pourquoi persévérer dans l’unification et combattre la séparation a été toujours une tradition glorieuse de toute la nation chinoise, y compris la nation tibétaine. La conscience de l’unification de la patrie et le sentiment patriotique sont enracinées dans la culture de la nation chinoise. La Chine qui possède une glorieuse tradition patriotique et qui est un pays multinational uni ne permet absolument pas aux séparatistes d’y avoir même un seul point d’appui. Aujourd’hui où la paix et le développement constituent le courant principal de notre monde actuel, aucune force ne pourrait empêcher le développement et le progrès du Tibet, car celui-ci bénéficie du soutien de toute la Chine dont la puissance se renforce davantage et dont le niveau de vie de la population s’améliore continuellement.

Naturellement le Tibet n’est pas un « paradis terrestre » où tout se passe au mieux. Un autre spécialiste du Tibet Bi Hua a indiqué que dans la marche en avant, on rencontre toujours toutes sortes de difficultés et on est souvent confronté à des défis inattendus, tout cela est normal, mais ce qui est important pour les larges masses populaires tibétaines c’est de constater qui est responsable envers le Tibet et envers le peuple tibétain, et pour cela elles sont parfaitement conscientes et savent à quoi s’en tenir.

La vie aisée et le bonheur du peuple tibétain sont dus aux efforts conjugués des plus de deux millions d’habitants de diverses nationalités du Tibet qui ont lutté opiniâtrement et travaillé d’arrache-pied pour pouvoir les réaliser, alors que le gouvernement central leur a témoigné une sollicitude particulière et que le peuple de tout le pays leur a accordé tout leur appui, c’est pourquoi les succès qu’ils ont obtenus sont également les fruits de la sueur et du travail ainsi que des peines et des efforts fournis l’ensemble du peuple du pays. Nous sommes certains que nos compatriotes de Hong Kong et de Macao, nos compatriotes de Taïwan, ainsi que les ressortissants chinois à l’étranger et les citoyens étrangers d’origine chinoise seront du côté de peuple tibétain pour combattre fermement les actes criminels de violence, de destruction, de pillage et d’incendie et toute intention de fabrication de « Tibet indépendant », qu’ils ne se déroberont pas à leur devoir irrécusable d’apporter toute leur contribution à la préservation de l’unification de la patrie et à l’unité et à la solidarité de l’ensemble des nationalités du pays. « Juger quelqu’un en tenant compte de ses actes et non pas de ses paroles ». La dialectique nous apprend que pour traiter n’importe quelle affaire, il est important de voir l’essence à travers les apparences. C’est la même chose pour le Dalai Lama et pour sa clique. Le premier qui nous rabâche les oreilles en répétant continuellement qu’il représente les intérêts du peuple tibétain, alors qu’en réalité ce qu’il représente, c’est l’ancien système de servage appliqué au Tibet et qui combine en un le pouvoir religieux et le pouvoir politique. Les « indépendantistes tibétains » qui font le rêve d’un « Tibet indépendant » en seront quittes pour le « rêve du millet » (d’après un récit de la dynastie des Tang, un pauvre lettré arriva dans un hôtel où quelqu’un lui prêta un oreiller. Il se coucha et avant de s’endormir il aperçut l’hôtelier en train de préparer du millet jaune dans une marmite. Puis il s’endormit et commença à rêver. Dans son songe il devint un homme riche et célèbre, plein de bonheur et de gloire et comblé d’honneurs. A son réveil il voit que rien n’a changé et que même le millet que préparait l’hôtelier fumait encore dans la marmite). Les pauvres, leur beau rêve est imaginaire, irréel et irréalisable et ce qu’ils ont de mieux à faire c’est de revenir à la réalité, de se tenir tranquillement et de ne plus jouer avec le feu.

Publication originale Le Quotidien du Peuple
Aacitoyen
 
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Dalai Lama Group Says It Got Money From C.I.A.

Messagede Aacitoyen le Sam 14 Fév 2009 00:52

World News Briefs; Dalai Lama Group Says It Got Money From C.I.A. --- d'après le New York Times

Published: October 2, 1998

The Dalai Lama's administration acknowledged today that it received $1.7 million a year in the 1960's from the Central Intelligence Agency, but denied reports that the Tibetan leader benefited personally from an annual subsidy of $180,000.

The money allocated for the resistance movement was spent on training volunteers and paying for guerrilla operations against the Chinese, the Tibetan government-in-exile said in a statement. It added that the subsidy earmarked for the Dalai Lama was spent on setting up offices in Geneva and New York and on international lobbying.

The Dalai Lama, 63, a revered spiritual leader both in his Himalayan homeland and in Western nations, fled Tibet in 1959 after a failed uprising against a Chinese military occupation, which began in 1950.

The decade-long covert program to support the Tibetan independence movement was part of the C.I.A.'s worldwide effort to undermine Communist governments, particularly in the Soviet Union and China.
Aacitoyen
 
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Les 114 000 liens entre la CIA et une ONG française.

Messagede Aacitoyen le Dim 20 Sep 2009 01:25

Les 114 000 liens entre la CIA et une ONG française. --- d'après Le Grand Soir

18 septembre 2009, Maxime VIVAS

Bonne nouvelle pour : tous les allergiques aux manigances de la CIA, les contribuables français qui veulent savoir où passent leurs impôts, les journalistes, les reporters sur les champs de bataille, les amoureux de la-presse-libre-de-dire-la-vérité, les syndicats de journalistes, les consommateurs de médias et, globalement, tous les braves gens fatigués d’être enfumés par une fausse ONG qui lape dans les abreuvoirs de l’Oncle Sam.


Dans la première semaine de septembre 2009, RSF a (enfin !) publié ses comptes 2008. Et les indicateurs sont au rouge.

En effet, malgré le renfort financier de deux nouveaux sponsors US dont le pâle vernis laisse transparaître le sigle CIA, c’est le recul, voire la dégringolade.

Seule la vente de tee-shirts anti-chinois a permis d’éviter un méchant déficit. Mais RSF peut-elle décemment réclamer une organisation annuelle des J.O. à Beijing ? Les Chinois accepteraient-ils d’offrir tous les ans à la meute chauffée à blanc par Robert Ménard une jeune handicapée protégeant la flamme olympique ? (1) Et cela, pour que RSF puisse continuer à financer ses luxueux locaux parisiens, pourvoir à son ruineux fonctionnement et au train de vie de ses cadres ?

On peut en douter.

D’où l’on conclura que les comptes 2008 de RSF amorcent ce qui n’est que le début d’une déconfiture due à ce que fut RSF de Robert Ménard. Compte tenu de ce qu’elle est (de terriblement ressemblant) avec son nouveau patron, Jean-François Julliard, la décrue ne pourra que se poursuivre.

L’heure de payer l’addition est arrivée.

Dans son livre « Des libertés et autres chinoiseries » (2008, Robert Laffont) Ménard se plaint : « Si vous tapez sur Google : « Robert Ménard + CIA », le site de recherche vous propose … 114 000 liens ». Vérification faite ce jour (toujours vérifier ce que dit Ménard, c’est la règle N° 1 du chasseur de mensonges), le chiffre est inférieur, mais très élevé cependant).

Ce déferlement qui aurait dû alerter RSF avant d’atteindre un tel niveau ne saurait tarir. En effet, depuis ce constat, dans une folle fuite en avant visant à compenser les défections nationales, RSF est passée de quatre à six entreprises financées par des officines liées à la CIA, parfois en osmose fusionnelle puisqu’on a vu certains des dirigeants de ces paravents ajourés diriger directement la fameuse agence de renseignement états-unienne que personne ne peut qualifier de philanthropique.

Quelques chiffres du budget de 2008.

• Le total des recettes qui était, en 2007, de 5 842 326 euros, chute en 2008 à 4 874 443 euros, soit près d’un million de moins (967 883 euros exactement), soit moins 16,55 %.

• L’engouement du public pour les calendriers et les trois albums de RSF a faibli. Les chiffres totaux des ventes tombent à 160 000 exemplaires contre 225 000 en 2007. Perte de recette : 24 %.

• Les recettes publicitaires des albums ont chuté de 30%.

• Le mécénat a diminué du fait de « l’absence de recettes non récurrentes » (sic). Du coup, les rentrées à ce poste-là sont passées de 20 % à 10%.

• La part de nos impôts que RSF a reçue et qu’elle appelle « financements publics » (ministères et Office français pour la francophonie) a baissé d’un tiers en passant de 9% de son budget à 6 %.

• Quant à la part de cotisations par ses maigres troupes adhérentes (moins de 1500), elle est si faible que RSF ne la fait pas apparaître dans ses bilans.

Des locaux luxueux à payer.


Or, RSF doit payer l’acquisition en 2007 de son superbe siège social à Paris, ce qui a impacté cette année son budget « à hauteur de 285 K€ » (285 000 euros, mais RSF écrit 285 K€, c’est mieux pour minimiser) avec prévision du même coût pour les années à venir.

Par bonheur, « la vente de milliers de tee-shirts » et la redevance de la licence de RSF ( ?) sont venues abonder de 41% les recettes propres de RSF.

Quoi qu’il en soit, si les gogos ont acheté des tee-shirts, les « décideurs » n’ont pas aimé cette agitation. En terme d’image de marque, cette campagne anti-chinoise a donc été coûteuse pour RSF et on ne fait que commencer à en voir les effets.

L’un d’eux est que Robert Ménard a été démissionné, prié de l’annoncer un vendredi, de vider son bureau le lundi et de se tenir au large. Auparavant, et en quelques mois, il avait créé un schisme profond entre la France et la Chine (pour la plus grande joie de Bush qui se pavana près d’une semaine à Pékin pendant les J.O.), il avait dénoncé la « lâcheté » de l’UNESCO, regretté que cette organisation internationale se soit « déculottée », remarqué que le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, est un « lâche et un salopard » et accusé Nicolas Sarkozy, pour qui il dit avoir voté, de participer à une « coalition de lâches » dans laquelle nul n’a remarqué qu’il incluait le locataire de la Maison Blanche d’alors, bourreau de l’Irak et de l’Afghanistan, chef des tortionnaires de Guantanamo.

Sur ces mâles paroles, il a filé vendre sa force de travail humaniste au Qatar, une dictature où la presse n’a pas le droit de critiquer le monarque, ses femmes, sa famille, sa politique, les pratiques de la flagellation et de la torture, le quasi-esclavage des immigrés, etc.

Là-bas, grassement payé de son propre aveu, il s’est trouvé à la tête d’un budget de 3, puis 4 millions de dollars pour faire fonctionner un prétendu Centre d’hébergement de journalistes exilés. Dans ce havre de liberté, qui resta d’ailleurs quasiment vide, il était interdit aux hommes et aux femmes de se rencontrer, ce qui obligea à créer en vérité deux lieux distincts.

Le caractère autoritaire de Ménard (« dictatorial », dit Rony Brauman) et sa prétention à gérer seul l’argent offert par l’émir firent monter la tension. Le monarque qatarie prétendait qu’un de ses parents, membre du conseil d’administration du Centre ménardo-misogyne devait aussi regarder où passait l’argent. Echouant à devenir là-bas ce qu’il avait été à Paris, c’est-à-dire le seul maître à bord, Ménard s’est tardivement aperçu que le Qatar n’était pas une démocratie et que la presse était brimée.

Il est alors parti en fustigeant les défauts liberticides de son ex-maître et en oubliant (et tous nos médias avec) les propos flatteurs qu’il tenait quelques mois auparavant sur le « seul pays arabe où l’on peut créer un tel Centre pour la liberté ».

La presse courbée en a fait ses titres virils : « Robert Ménard claque la porte du Qatar ». Sur les raisons qui le poussèrent à aller offrir ses services à cette dictature liberticide où les journalistes ont intérêt à la fermer, nos médias eurent la discrète élégance de ne pas questionner le planétaire donneur de leçon. Ce qui laisse à la grande âme qui a caressé un moment l’espoir de devenir député européen sur une liste du MODEM (Bayrou, alerté par ses conseillers, l’a éconduit) du temps pour préparer le point de chute dont il rêve tous les matins en se rasant : la mairie de Béziers.

Mais partout, le doute est né sur RSF et son co-fondateur.

Qui finance ou aide encore RSF en France ?

Qui finance ? Nous tous, que cela nous plaise ou non, par une partie de nos impôts et de l’argent que nous donnons à des entreprises privées en faisant nos achats. Le tout va renflouer RSF et ralentir son nécessaire déclin.

On a vu que les sponsors privés de RSF deviennent plus pingres. Toujours adepte du camouflage, RSF écrit dans sa rubrique « Comptes 208 » : « Les entreprises qui ont aidé Reporters sans frontières en 2008 sont principalement ... ». Le « principalement » indique qu’elles ne sont pas toutes listées là où nous les cherchons. Tiens, pourquoi ?

Les entreprises françaises dont le nom est présent dans le bilan comptable sont : la Fnac, Carrefour, Casino, Monoprix, Cora, les sites Internet alapage.com, fnac.com, amazon.fr, A2Presse et plus de 300 librairies qui continuent à proposer la camelote de l’épicerie compassionnelle à leurs clients.

Un complément à la liste des entreprises et partenaires qui ne figurent pas dans la rubrique « Qui sommes-nous ? » sous rubrique « Comptes 2008 » est discrètement entreposé dans la rubrique « Agir avec nous », sous-rubrique « Etre partenaire ».

Rubrique « Agir avec nous. Etre partenaire ».

1. Entreprises qui aident à renflouer les caisse de RSF avec les albums de photographies : les NMPP, le SNDP, l’UNDP, Relay, la Maison de la presse, Mag Presse, Intermarché, Auchan, la Fnac, CFAO, France Loisirs, A2Presse, Métrobus, AAP, PROMAP, SEDDIF et Interforum Editis qui diffuse gracieusement les albums à la Fnac, chez Virgin, Cultura, Carrefour, Casino, Monoprix, Intermarché et Auchan, sur une quarantaine d’e-librairies dont Amazon.fr, Fnac.com, Chapitre.com et Cultura.com et « dans près de 600 librairies » (ce dernier chiffre s’envole d’une page à l’autre chez RSF : dans la rubrique « Comptes 2008 » elles étaient « plus de 300 ». Ô Rigueur comptable !

2. Entreprises partenaires des campagnes politiques de RSF : AFP, Air France, American Express, Arte, Baume & Mercier, Veronica Magazine, la Caisse des dépôts et consignations, Digit Access, Soleil Production, Oxford (Société Lecas), le Cabinet d’avocat Jean Martin, Datapresse, Leica Camera, Radio France, Sanyo, Solidaripresse.

Et Saatchi & Saatchi, une agence basée aux USA. Elle compte 7 000 employés et 138 bureaux dans 82 pays. Elle travaille pour 60 des 100 plus importants annonceurs du monde. Jusqu’en octobre 2004 (forum du Nouvel-Observateur), RSF a prétendu que RSF payait ses prestations. Nous lisons aujourd’hui sur le site RSF : « Depuis 2002, Saatchi & Saatchi réalise gracieusement toutes les campagnes de communication de Reporters sans frontières »). Ô, amour du vrai !

3. Ville et festival : la ville de Bayeux, le festival Visa pour image.

4. Fondations (sic) : la Fondation EDF Diversiterre, la Fondation Ford, National Endowment for Democracy, Open Society Institute, Sigrid Rausing Trust. Ici RSF oublie le Center for a free Cuba et la Overbrook Foundation, cachés ailleurs.

5. Partenaires qui distribuent nos impôts à RSF : le ministère français des Affaires étrangères, l’Organisation internationale de la Francophonie, le Premier ministre français.

6. Autre : l’UNESCO, qu’on est surpris de voir là. On se rappelle en effet que les formes de la campagne anti-chinoise de RSF au printemps 2008 ont conduit l’UNESCO à une rupture spectaculaire avec RSF. Des sources diplomatiques de l’UNESCO avaient alors informé l’agence de presse Prensa Latina que « la décision avait été prise en raison des fautes réitérées d’éthique commises par RSF dans le seul but de discréditer un certain nombre de pays ».

« Les agissements de RSF ne répondent ni aux critères ni aux objectifs de l’UNESCO et montrent une fois de plus qu’il ne poursuit que le sensationnalisme en voulant s’ériger en grand inquisiteur des nations en voie de développement, relèvent les médias consultés » ajoutait l’agence de presse avant de conclure : « Pour cette raison et d’autres antécédents, l’UNESCO a choisi de rompre ses relations avec RSF et de l’exclure de toute forme de coopération dans l’avenir ».

Qui finance RSF de l’étranger ?

Rubrique « Comptes 2008 ».

« Les entreprises qui ont aidé Reporters sans frontières en 2008 sont principalement Sanofi Aventis et le CFAO, tandis que la liste des fondations privées contient le Center for a Free Cuba, la National Endowment for Democracy, le Sigrid Rausing Trust, la Overbrook Foundation ». Ici, ce sont l’Open Society Institute et la Fondation Ford qui ont été oubliés mais que nous avons remarqués plus haut, ce qui permet de faire un total.

Sous le règne de Robert Ménard, c’étaient quatre sociétés écrans de la CIA qui mêlaient leur argent aux entreprises françaises. Sous le règne de son successeur, elles sont six. Le nouveau patron de RSF, J.F Julliard, fonctionne donc comme son ancien patron, mais en pire. Ce qu’on croyait impossible.

Examinons les six mécènes qui camouflent (si mal !) la CIA.

1 - Le Center for a free Cuba (CFC). Pendant des années, RSF a touché de l’argent du CFC sans le faire apparaître dans ses comptes. Motus et comptes cousus (de fil blanc). Le CFC a pour unique mission d’aider à la réalisation du vieux rêve du gouvernement états-unien et de la maffia cubano-états-unienne de Miami : renverser le gouvernement cubain, reprendre tous les biens qui étaient les leurs avant la révolution (en gros : l’essentiel des terres, usines, minerais, logements, hôtels, commerces, etc.).

2 - La National Endowment for democracy (NED), omiprésente partout où l’on peut écarter du pouvoir ceux qui servent leur pays et non les intérêts de l’Empire. Au Venezuela, son budget a été multiplié par quatre à la veille du coup d’Etat d’avril 2002. Un rédacteur de ses statuts, un de ses vice-présidents, le New York Times, ont avoué que la NED était un paravent de la CIA (2). Plusieurs dirigeants de la CIA ont d’ailleurs siégé au CA de la NED.

3 - L’Open Society Institute de George Soros, partenaire du célèbre Carlyle Group, nid de Républicains et d’anciens membres de la CIA, dont l’un, Frank Carlucci, en fut le sous-directeur. Soros a sauvé George W. Bush de la faillite quand ce dernier dirigeait une société de prospection pétrolière. On ne compte plus les pays où l’Open Society Institute est intervenu en Amérique latine et en Europe de l’Est, pour favoriser la mise en place des dirigeants pro-états-uniens.

4 - Sigrid Rausing Trust (nouveau sponsor) : Société de lobbying. Dans son conseil d’administration, on remarque la journaliste Christine Ockrent, membre du conseil d’Administration de RSF et épouse de Bernard Kouchner qui est à l’origine de la honteuse décoration de Robert Ménard (Légion d’Honneur). Décoration dont Ménard avoue naïvement qu’elle ne lui fut pas accordée sans réticence : "... C’est Bernard Kouchner qui a proposé mon nom. Il a même dû insister me racontera-t-il." (« Des liberté et autres chinoiseries »).

Sigrid Rausing Trust est associée au financement d’organismes comme International Crisis Group, une ONG fondée en 1994 par… George Soros.

5 - L’overbrook Foundation : son fondateur, Frank Altschul travailla à Radio Free Europe pour la CIA avec William Donovan, fondateur de l’OSS, l’ancêtre de cette CIA dont un directeur fut William Casey, instigateur de la NED, ce sponsor de RSF et paravent de la CIA.

6 - La Fondation Ford (nouveau sponsor). Raymond Aron, le philosophe ennemi intime de Jean-Paul Sartre, a écrit dans ses mémoires qu’il a découvert à la fin des années 60, que le « Congrès pour la liberté de la culture » qu’il animait, était financé par la CIA via la fondation Ford.

Qui s’étonnera encore des milliers de liens Internet qui relient RSF à la CIA ?

Où va l’argent ?

A la rubrique « Consultation des comptes : comptes annuels au 31/12/2008 », le lien « Utilisation des fonds » renvoie à « Aide financière de Reporters sans frontières aux journalistes et médias en danger ».

Et là, RSF enfume les citoyens de belle manière. L’épicerie de luxe se livre à une lourdingue diversion par une longue énumération des aides dont le détail, non chiffré, est destiné à masquer la maigreur.

Pitoyable astuce ! Après avoir fait traîner la publication de ses comptes 2008 jusqu’en septembre 2009, l’organisation nous livre ses aides aux journalistes pour l’année 2008 ET pour 2009 (de janvier à mai). Au passage, notons que la date d’arrêt des comptes de RSF est ainsi indiquée (mai 2009). On se demande pourquoi ils n’ont été publiés qu’en septembre au lieu de juin, comme l’année précédente. Il semblerait que quatre mois ont été nécessaires pour les rendre présentables au public. Présentables étant ici synonyme d’opaques. C’est-à-dire, aussi globaux que possibles.

En 2009 (janvier à mai). RSF a dépensé notre argent ainsi (pas de chiffres donnés par RSF pour cette énumération) : attributions de bourses à des journalistes, aide à la scolarisation d’enfants de journalistes, aide à un jeune blogueur, soutiens financiers, bourses d’assistances, accueil à Paris de journalistes, aide financière et administrative, prise en charge de frais d’avocat, achat de matériel informatique pour un journal, aide financière aux familles de journalistes en prison.

En 2008, outre le même type de prestations (toujours non chiffrées), RSF a aidé des journalistes à obtenir des logements en France, financé un rapatriement, versé une allocation pour aider à l’enregistrement d’un concert commémoratif de l’assassinat de journalistes, aidé un journaliste à retrouver sa famille, contribué à la préparation d’une conférence au Maghreb, payé les frais d’hospitalisation à Damas d’une journaliste, contribué aux frais d’hospitalisation d’un journaliste à Dubaï.

Camouflage et poudre aux yeux.

Le gogo dira : c’est beaucoup. Le lecteur attentif rétorquera : attrape-nigaud, tour de passe-passe, mystification.

Voici comment RSF cache que seules des miettes de son budget vont aux journalistes : 1- Le montant total des sommes versées aux journalistes en 2008 n’est pas divulgué (on va comprendre pourquoi).

2- la longue énumération des aides 2008, gonflée par celle de 2009, masque une réalité : la plupart de ces aides ne dépassent pas quelques dizaines d’euros.

3- Chaque fois que le montant dépasse 100 euros (et dans ces cas-là seulement) RSF donne fièrement le chiffre, pariant sur le phénomène dit « effet de halo » qui incitera le lecteur à déduire que les dépenses non chiffrées sont de la même hauteur que celles qui le sont.

Voyons donc les quelques chiffres divulgués :

Si l’on n’oublie pas que, en 2008, des organismes publics et privés ont alloué à RSF (ou aidé RSF à recueillir) presque cinq millions d’euros pour secourir des journalistes, on sera atterré par le faible montant des sommes qui sont reversées et par l’affligeante tentative d’en dissimuler le total.

En 2009 (janvier à mai), Reporters sans frontières a octroyé une bourse de 500 euros, à un journaliste et poète azerbaïdjanais, 500 euros à un jeune blogueur égyptien, 400 euros à un journaliste iranien.

Si l’on fait le total des sommes annoncées (les plus grosses, donc) on obtient 1400 euros.

En 2008, 400 euros ont été versés à un journaliste iranien, 600 euros à un journaliste éthiopien, 1000 euros à une fondation, 1500 euros aux familles de journalistes géorgiens, 600 euros à une journaliste russe, 700 euros à un caricaturiste bangladeshi, 1000 euros à l’épouse d’un journaliste en prison au Niger, 600 euros à un journaliste colombien, 4000 euros aux journalistes et à leurs familles affectés par un cyclone en Birmanie, 2000 au Working Group on Press Freedom and Free Expression (WGFENA), organisateur d’une conférence, 1000 euros à un journaliste chinois, 1200 euros pour la parution d’un journal au Tchad.

Le total affiché est de 14 600 euros.

En pourcentage du budget de RSF, le montant total avoué des sommes reversées aux journalistes en 2008 stagne à moins de 0,3% du budget (1400 euros sur 4 874 443). Pour espérer faire grimper à 1% du budget de RSF le chiffre des sommes reversées aux journalistes, il faudrait y ajouter la cinquantaine de versements minimes dont le montant n’est pas révélé. Or, à regarder la nature des contributions ou aides dans des pays du tiers monde où les salaires mensuels dépassent rarement les quelques dizaines d’euros, on comprend le timide silence de RSF qui ne peut décemment pas écrire : « Nous avons versé 20 ou 50 euros à tel journaliste du tiers monde et il est bien content : avec ça, il vit un mois en famille, ou il paie son avocat, ou il scolarise son fils ou tout ça à la fois… ».

Les braves gens qui croient aider les journalistes en finançant RSF ignorent que les frais de fonctionnement de cette boutique se montent à 33% de son budget (ils varient entre 5 et 10% pour d’autres ONG).

En 2003, 93 % du budget de RSF étaient absorbés par les frais de fonctionnement, de propagande et les salaires, ne laissant que 7% pour accomplir la mission première : l’aide directe aux journalistes. Les restitutions ultérieures des comptes ne donnent plus ce « détail ». On imagine donc que le pourcentage versé aux journalistes a encore baissé. Les extrapolations ci-dessus accréditent cette hypothèse, sans pour autant la confirmer irréfutablement. Il appartient donc à RSF de la démentir, chiffres à l’appui, si elle le peut.

L’obsession de l’argent.

Cette répugnance à laisser sortir de l’argent hors du circuit de RSF va de pair avec l’obsession d’en faire entrer par tous les moyens.

En quelques clics sur la première page du site de RSF vous saurez comment faire un don, vous abonner à leurs revues, acheter des albums, B.D., calendriers, sacs à appareils photos, Tee-shirts, comment verser une cotisation, leur offrir votre assurance-vie, faire une donation et même un « legs universel » par lequel vous donnez à RSF la totalité de vos biens, comme à une secte dont le gourou vous aurait subjugué.

Gageons que quelques pauvres hères s’y laisseront prendre encore quelque temps. Mais en faisant connaître autour de nous cette face cachée de cette drôle d’ONG, nous pouvons sonner le glas de l’imposture.

Maxime VIVAS

PS. RSF est une « organisation reconnue d’utilité publique » qui reçoit à ce titre des subsides publics. En contrepartie, elle est tenue de fournir à qui les demande les informations sur, par exemple, le détail des sommes reçues des USA, le détail des sommes versées aux journalistes, le détail des frais de fonctionnement, la composition de son conseil d’administration, le coût de son siège, les salaires, etc. Le lecteur curieux pourra donc se renseigner par mail ou courrier.

(1) Il m’est difficile, et vous me le pardonnerez, de ne pas citer chaque fois que possible, la croustillante anecdote suivante : dans les mêmes jours où RSF ameutait l’opinion sur la liberté d’expression en Chine, son responsable parisien du « bureau Asie » intervenait en vain auprès de la Sorbonne pour faire supprimer mon nom et toute référence à mon livre (« La face cachée de RSF ») qui figuraient dans une étude universitaire.
(2) Pour plus de détails, voir mon livre « La face cachée de Reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » (Ed. Aden, 2007) où plusieurs pages documentées sont consacrés aux sponsors étrangers (et étranges) de RSF.
Aacitoyen
 
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Fire on the roof of the world

Messagede Aacitoyen le Dim 21 Fév 2010 12:53

Fire on the roof of the world --- d'après The Economist

(texte disponible aussi ici)

THE Chinese authorities had been fearing trouble, but nothing on this scale. An orgy of anti-Chinese rioting convulsed the Tibetan capital, Lhasa, on Friday March 14th, leaving security forces uncertain how to respond. For many hours mobs controlled the streets, burning and looting as they pleased.

The approach of Beijing’s Olympic games in August is seen by many of Lhasa’s residents as an opportunity to put their contempt for Chinese rule on display to the outside world. China’s desire to ensure the games are not marred by calls for boycotts is tying its hands as it considers how to respond.

Your correspondent, the only foreign journalist with official permission to be in Lhasa when the violence erupted, saw crowds hurling chunks of concrete at the numerous small shops run by ethnic Chinese lining the streets of the city’s old Tibetan quarter. They threw them too at those Chinese caught on the streets—a boy on a bicycle, taxis (whose drivers are often Chinese) and even a bus. Most Chinese fled the area as quickly as they could, leaving their shops shuttered.

The mobs, ranging from small groups of youths (some armed with traditional Tibetan swords) to crowds of many dozens, including women and children, rampaged through the narrow alleys of the Tibetan quarter. They battered the shutters of shops, broke in and seized whatever they could, from hunks of meat to gas canisters and clothing. Some goods they carried away—little children could be seen looting a toyshop—but most they heaped in the streets and set alight.

Within a couple of hours, fires were blazing in the streets across much of the city. Some buildings caught fire too. A pall of smoke blanketed Lhasa, obscuring the ancient Potala—the city’s most famous monument, which covers a hillside overlooking the city. It is the traditional winter palace of the Dalai Lama, Tibet’s spiritual leader, who fled into exile in India after an abortive uprising in 1959. Some of the demonstrators shouted slogans like “long live Tibet” and “long live the Dalai Lama”. One group trampled on a Chinese flag in the middle of a main road.

The rioting seemed primarily an eruption of ethnic hatred. Immigrants have been flocking into Lhasa in recent years from the rest of China and now run many of its shops, small businesses and tourist facilities. Tourism is the mainstay of Lhasa’s economy and has been booming in recent years, not least thanks to Tibet’s first railway link with the rest of China, opened two years ago. The visitors are mainly Chinese.

There is big resentment too over sharp increases in the prices of food and consumer goods from the rest of China. Many residents of Lhasa, suspicious of the new train service, which they felt might encourage immigration, had been comforted by what they say were official statements saying the rail link would help bring prices down. But they have kept on rising, as they have in other parts of the country.

Residents had mixed feelings about the violence. Some celebrated by throwing rolls of lavatory paper over wires across the streets, filling them with streamers intended to resemble traditional Tibet scarves. Others appeared aghast at the violence. As your correspondent spoke to a monk in the backroom of a monastery, a teenage boy rushed in and prostrated himself before him. He was a member of China’s ethnic-Han majority, terrified of the mobs outside. The monk helped him to hide.

The violence was fuelled by rumours of killings, beatings and detention of Buddhist monks by security forces in Lhasa this week. Access to the city’s big three monasteries has been blocked by police since the beginning of the week when hundreds of monks staged protests coinciding with the March 10th anniversary of the 1959 revolt. Dozens of them, residents believe, have been arrested. On Friday morning, rumours spread that monks had been shot dead outside the Jokhang temple, the holiest shrine of Tibetan Buddhism in the heart of the Tibetan quarter. A couple of monks outside another temple were said to have been beaten by police.

A handful of riot police with shields and helmets (but no guns visible) patrolled in front of the Jokhang as the riots continued around them, while others stood in lines at the perimeter of the riot-torn area. But for many hours they made no attempt to intervene. After nightfall, fire engines supported by two armoured personnel carriers, moved down the streets putting out the blazes. But the police carrying automatic rifles atop the armoured vehicles did not attempt to deploy on the streets. The occasional bang was heard, but it was difficult to tell whether it was shooting or explosions in the fires.

During the evening, Lhasa television broadcast over and over again, alternately in Tibetan and Chinese, a government statement accusing the “Dalai Lama clique” of being behind the violence by a “small number” of rioters. It called on city residents to support the authorities’ efforts to restore control.

But ensuring stability in Lhasa in the coming months will be an enormous challenge for China as it prepares for the Olympics. Many residents expect a massive deployment of security forces over the weekend and possibly a reintroduction of martial-law type restrictions, as in 1989 during the last serious outbreak of unrest in the city (some say the latest protests have been the biggest since 1959). But officials in Lhasa had been preparing to host growing numbers of foreign tourists and Olympic visitors this year. A long-term visible deployment of troops would be, to say the least, a big embarrassment for the Communist Party.
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Jours d’émeutes à Lhassa

Messagede Aacitoyen le Dim 21 Fév 2010 13:23

Jours d’émeutes à Lhassa --- d'après Contre Info


21 mars 2008

James Miles, seul journaliste occidental présent récemment à Lhassa, décrit la semaine de violence que vient de vivre la capitale. Témoin du pillage du quartier chinois par les émeutiers, puis du bouclage de la ville et de la répression qui a suivi, il estime que la perspective des Jeux Olympiques a conduit les autorités à faire preuve d’une retenue certaine. Miles replace ces évènements dans le contexte du boom économique de la Chine, qui dit-il, a déstabilisé cette société traditionnelle, jalouse de sa culture. La Chine, héritière d’un immense empire continental, est traversée par des forces centrifuges, à l’image de l’Inde et de la Fédération Russe. Les autorités chinoises, comme le Dalai Lama, recherchent un modus vivendi qui ne remette pas en cause l’intégrité territoriale. Il faut espérer que le dialogue entamé par le passé reprenne au plus vite. Dans ce contexte, les Jeux de Beijing sont sans doute la meilleure garantie pour que cette solution pacifique soit couronnée de succès.

Par James Miles, The Economist, 19 mars 2008

Les commerçants chinois situés dans le vieux quartier tibétain savaient mieux que les forces de sécurité que la ville de Lhassa s’était transformée en une poudrière. Le 14 mars, lorsque s’est rapidement répandue à travers les ruelles étroites la nouvelle que la foule jetait des pierres sur les boutiques chinoises, ils ont fermé leurs magasins et se sont enfuis. Les autorités, prises par surprise, sont restées passives alors que la ville était submergée par ses plus grandes manifestations anti-chinoises depuis des décennies.

Ce qui a débuté, (ou peut-être débuté, car Lhassa bruit de rumeurs.), par le passage à tabac de deux moines bouddhistes par la police s’est transformé en un gigantesque défi politique pour le gouvernement chinois. Les évènements du Tibet jettent une ombre sur les préparatifs des Jeux olympiques à Beijing en août. Les manifestations à Lhassa ont déclenché une vague de protestation dans plusieurs monastères sur une large partie du territoire de la « Région autonome du Tibet » de la Chine et dans les provinces environnantes. On n’avait jamais assisté à une telle agitation dans ces montagnes et ces hauts plateaux depuis le soulèvement de 1959, lorsque le Dalaï Lama, le chef spirituel du Tibet, avait fui vers l’Inde.

Les années de croissance économique rapide, dont la Chine avait espéré qu’elles atténuent les revendications séparatistes, ont provoqué le résultat inverse. Les efforts visant à intégrer plus étroitement la région avec le reste de la Chine, en construisant le chemin de fer le plus élevé du monde, qui relie Beijing à Lhassa, n’ont fait qu’alimenter les tensions ethniques dans la capitale tibétaine. La nuit précédent les émeutes, un fonctionnaire du gouvernement tibétain confiait au correspondant de The Economist que Lhassa était avait retrouvé le calme après les protestations de centaines de moines des monastères proches de la ville qui avaient eu lieu au début de la semaine. Il ne pouvait se méprendre plus.

Le fait qu’un correspondant étranger soit autorisé à séjourner dans la ville donne une indication de l’erreur d’interprétation des autorités au sujet de la colère régnant à Lhassa, une ville que les journalistes étrangers sont rarement autorisés à visiter. En janvier 2007, en préparation aux Jeux olympiques, le gouvernement central a publié une nouvelle réglementation destinée à faciliter leurs déplacements à travers le pays. Mais les voyages au Tibet, restaient soumis à la délivrance d’un permis. La visite de The Economist avait été approuvé avant les protestations des moines le 10 et le 11 mars, mais les autorités avaient estimé contrôler suffisamment la situation pour permettre à ce voyage de se poursuivre comme prévu après le 12 mars. De fait, plusieurs lieux de séjours convenus dans l’itinéraire ont été la scène de troubles.

Les émeutes se sont déclenchées à partir de l’artère principale, la Rue de Beijing (un nom qui évoque la domination coloniale pour de nombreux tibétains), au début de l’après-midi du 14 mars. Elles avaient commencé un peu plus tôt aux abords du temple de Ramoche, situé dans une rue proche, après que deux moines aient été battus par des agents de sécurité. (C’est en tout cas la version des tibétains. La version officielle indique que les troubles ont débuté par des moines jetant des pierres sur la police.) Une foule de plusieurs dizaines de personnes s’est alors déchaînée sur l’avenue, dont certains criaient et jetaient des pierres sur les magasins appartenant à des Chinois d’origine Han (le groupe ethnique auquel appartient plus de 90% de la population chinoise) et sur les taxis, dont la plupart à Lhassa sont conduits par des Hans.

L’émeute s’est rapidement propagée à travers les ruelles de la vieille ville tibétaine, située au sud de la Rue de Beijing. Nombre de ces rues sont bordées de petits commerces, pour la plupart appartenant à des Hans ou des Huis, une ethnie musulmane qui contrôle à Lhassa une grande partie du commerce de la viande. Des foules se sont alors rassemblées, apparemment spontanément, en de nombreuses parties du quartier. Elles ont dévasté les magasins n’appartenant pas aux tibétains, et répandu leurs marchandises dans la rue, avant d’y mettre le feu. Tout ce que contenaient ces boutiques, des quartiers de viande de yak jusqu’à la lessive, était apporté sur ces bûchers. Les émeutiers s’amusaient aussi à jeter au feu des bombonnes de gaz avant d’aller se mettre à l’abri en courant avant l’explosion. Quelques uns scandaient « Vive le Dalaï Lama ! » Et « Tibet libre ! »

Pendant des heures, les forces de sécurité sont peu intervenues. Mais les nombreux Hans qui vivent au-dessus de leurs magasins dans le quartier tibétain se sont empressés de fuir. S’ils ne l’avaient pas fait, il aurait pu y avoir davantage de victimes. (Le gouvernement, de façon plausible, déclare que 13 personnes ont été tuées par les émeutiers, la plupart ayant péri dans les flammes.) Ceux qui étaient restés dans leurs appartements au-dessus des magasins, avaient éteint les lumières pour ne pas être repérés et chuchotaient à voix basse de peur que leur dialecte mandarin puisse être entendu depuis la rue par les tibétains. Une adolescente Han a couru se réfugier dans un monastère, et s’est prosternée devant un religieux revêtu de sa robe rouge, qui a accepté de l’abriter.

Les destructions ont été systématiques. Les magasins appartenant à des tibétains étaient signalés comme tels par des foulards blancs traditionnels nouès sur la devanture. Ils ont ainsi échappé à la destruction. Presque tous les autres ont été saccagés. Il est rapidement devenu difficile de parcourir les ruelles en raison des marchandises qui y étaient répandues. Piments, saucisses, jouets (dont se saisissaient de jeunes pillards), farine, huile et même à un endroit des dizaines de petites coupures, répandues à terre et piétinées par des tibétains ravis.

Durant la nuit, les autorités ont envoyé sur place des camions de pompiers pour éteindre les plus gros incendies, appuyés par quelques véhicules blindés transportant des policiers anti-émeute. A l’aube, ils ont également bouclé le quartier tibétain avec un cordon de soldats armés de matraques et stationné des policiers casqués et protégés par des boucliers sur la place faisant face du temple de Jokhang, le sanctuaire le plus sacré du Tibet, situé au coeur du vieux quartier. Mais ils n’ont pas pénétré dans les ruelles, où les émeutes ont continué une deuxième journée consécutive. Les tibétains se trouvant dans le périmètre délimité par ce cordon de sécurité ont attaqué les quelques entreprises Han restées indemnes et ont allumé de nouveaux incendies parmi les monceaux de débris.
Les risques de répression

Les chinois de Lhassa ont été déconcertés et excédés par la lenteur de la réaction des forces de sécurité. Des milliers de personnes ont probablement perdu la plupart, sinon la totalité, de leurs moyens de subsistance (la majorité des petites entreprises de Lhassa n’ont aucune assurance, et encore moins contre les émeutes). Mais les autorités ont été clairement paralysées par les risques politiques qu’impliquait leur réaction. Intervenir par la force - la tactique utilisée pour réprimer les protestations de la place Tiananmen en 1989 et lors de la dernière vague sérieuse d’agitation anti-chinoise à Lhassa au début de l’année - risquerait de provoquer des appels internationaux en faveur du boycott des Jeux Olympiques. Les responsables ont donc choisi de laisser les émeutiers exprimer leur colère, avant de resserrer progressivement le nœud coulant.

Le 15 mars, quelques tirs de gaz lacrymogène ont été effectués sur les manifestants jetant des pierres, avant que ne soit déployé un effort plus concerté pour vider les rues. La police paramilitaire a commencé à patrouiller dans les ruelles et à tirer des coups de feu isolés : non pas des rafales de coups de feu, mais des tirs délibérés, sans doute destinés à mettre en garde plutôt qu’avec l’intention de tuer. Les policiers ont également commencé à se déplacer de toit en toit afin de dissuader les habitants de se rassembler sur des terrasses surplombant les ruelles. Les rumeurs abondent au sujet de tibétains tués par les forces de sécurité dans des incidents isolés au début des émeutes, mais pas au cours de l’ultime effort pour reprendre le contrôle de la ville. En regard des normes chinoises (qui sont peu élevées lorsqu’il s’agit de lutte antiémeute), ces efforts ont semblés relativement mesurés.

Dès la fin de la journée du 15 mars les ruelles étaient redevenues tranquilles. Le lendemain, les patrouilles qui continuaient à effectuer des tirs isolés rendaient la plupart des rues désertes. Une étudiante occidentale a déclaré avoir vu six garçons tibétains tirés hors de leurs maisons par les soldats, puis jetés à terre et battus à coups de pied et de matraque. Ces jeunes ont ensuite été regroupés dans un autobus et emmenés. Les troupes ont recouvert les taches de sang sur la route avec une substance blanche, témoigne-t-elle. Le quartier tibétain est en proie à la peur d’arrestations arbitraires massives maintenant que les autorités tentent de trouver les « meneurs ». L’agence de presse officielle chinoise affirme que 105 émeutiers se sont rendus à la police.

C’est le 17 mars, lorsque les habitants ont recommencé se déplacer plus normalement, que l’étendue des émeutes est apparue. De nombreux commerces appartenant aux chinois Han, bien au-delà du quartier tibétain, ont été attaqués. Plusieurs bâtiments ont été détruits par les flammes. La porte de la principale mosquée de la ville était roussie par le feu, et les fenêtres de l’immeuble abritant le journal Tibet Daily, qui est le relais du Parti communiste dans la région, ont été brisées.

La ville dans son entier a été soumise à une forme de loi martiale sans qu’elle soit déclarée. Le gouvernement a déclaré que seule la police étaient chargée des opérations de sécurité, mais il y avait dans les rues beaucoup de véhicules à l’aspect militaire, dont les plaques d’immatriculation avaient été recouvertes ou retirées. Certains soldats refusaient d’indiquer à quelle force ils appartenaient. Deux véhicules blindés de transport étaient garés en face du Palais du Potala, la plus célèbre attraction touristique de Lhassa, situé sur le flanc de la colline qui domine la ville, et qui est maintenant fermé. Des troupes armées de baïonnettes ont été déployées le long des routes menant aux principaux monastères de la ville, qui ont également été bouclés par la police. Les émeutes le 14 mars et le 15 étaient surtout le fait de citoyens ordinaires, mais les moines sont souvent à l’avant-garde des troubles séparatistes au Tibet.
L’approche de la flamme

La décision du gouvernement de ne pas déclarer la loi martiale, ou d’imposer de toute urgence des restrictions, reflète ses préoccupations au sujet des Jeux olympiques. En mars 1989, les autorités avaient déclaré la loi martiale à Lhassa pour réprimer l’agitation séparatiste. Les mesures prises alors étaient à peine différentes de celles qui sont actuellement en vigueur dans la ville. Le vieux quartier tibétain est bouclé par des soldats en armes, mais les responsables préfèrent s’en tenir à l’euphémisme de « mesures spéciales de contrôle de la circulation ». Cette fois, on a « conseillé » aux touristes étrangers à Lhassa de quitter la ville plutôt que de leur en donner l’ordre. Le 18 mars la police et les soldats ont commencé à déplacer la centaine de touristes restant en ville dans des hôtels situés loin du lieu des émeutes. En 1989, des journalistes étrangers avaient été expulsés de Lhassa. Cette fois, le correspondant de The Economist a été autorisé à rester, mais seulement jusqu’à ce que son permis de séjour arrive à expiration le 19 mars. Aucun autre journaliste n’a reçu d’autorisation.

Bien que le gouvernement tente de paraître conserver sa sérénité, les troubles récents au Tibet dépassent de loin ceux qu’il avait dû affronter en 1989. Depuis le 10 Mars, on a fait état de manifestations non seulement dans les grands monastères de Lhassa (Drepung, Sera et Ganden), mais aussi à celui Samye, situé à environ 60 kilomètres à l’est de Lhassa, ainsi qu’aux monastères de Labrang dans la province du Gansu, de Kirti dans la province du Sichuan et de Rongwo dans la province du Qinghai. Les frontières traditionnelles du Tibet s’étendent jusque dans ces provinces. A proximité du monastère Labrang, les tibétains ont attaqué le 15 mars les boutiques des chinois Han. TibetInfoNet, une agence de presse basée en Grande-Bretagne, a relaté plusieurs manifestations dans différentes régions de Gansu, le 16 mars. A la différence des violences ethniques de Lhassa, selon cette agence, les principales cibles des manifestants étaient les symboles du pouvoir de l’Etat et les bâtiments appartenant au gouvernement.

Le défi posé aux autorités chinoises n’est pas uniquement celui du maintien de l’ordre. La loi martiale imposée à Lhassa en mars 1989 n’avait été levée qu’au mois de mai de l’année suivante. Cette fois, la Chine aura besoin d’aller plus vite pour rétablir un semblant de normalité. Le 20 juin la flamme olympique, après avoir voyagé le mois précédent sur le versant tibétain de l’Everest, doit arriver à Lhassa, où une grande cérémonie est prévue. Interdire la ville aux journalistes et remplir ses rues de soldats serait très embarrassant. Mais annuler cet évènement le serait plus encore.

D’un autre coté, un assouplissement de la répression comporterait des risques. De nombreux tibétains voient les Jeux Olympiques comme une occasion rêvée pour attirer l’attention du monde sur leurs problèmes et la domination chinoise. Les tibétains vivant à l’extérieur de la Chine, et notamment en Inde, ont tiré avantage des Jeux Olympiques pour intensifier leurs efforts de communication. Cette situation est cause de gêne pour l’Inde, qui ne veut pas perturber ses relations avec la Chine, en paraissant tolérer les efforts visant à perturber les jeux. Le 10 mars, la police indienne a bloqué une manifestation réunissant des centaines de tibétains dissidents, qui tentaient d’organiser une marche à travers les montagnes en direction de leur patrie.

La Chine s’inquiète aussi de la possibilité que d’autres minorités ethniques, en particulier les Ouïgours musulmans dans la région de l’extrême ouest du Xinjiang, puissent se voir enhardi par l’activisme tibétain s’il reste incontrôlé. Les autorités chinoises ont utilisé récemment les annonces sur de activités terroristes présumées dans le Xinjiang (comme prétexte pour réprimer la dissidence pacifique, disent les sceptiques). Elles ont affirmé avoir déjoué la tentative d’une femme ouïgour de déclencher un incendie à bord d’un vol à destination de Pékin le 7 Mars.
Plus riches, mais pas plus heureux

Le défi à plus long terme pour la Chine consiste à repenser sa politique au Tibet. L’une des raisons pour laquelle les responsables chinois ont paru aussi surpris par l’agitation tient au fait que le Tibet ne s’est pas comporté comme le reste de la Chine, où la croissance économique rapide semble avoir prévenu la répétition d’évènements comme ceux de la place Tiananmen. Une forte augmentation des dépenses publiques dans les infrastructures au cours des dernières années et la forte croissance de l’industrie touristique du Tibet (facilitée par les nouvelles infrastructures, en particulier pour la liaison ferroviaire, qui a été ouverte en 2006) ont permis que le taux de croissance du PIB de la région reste au dessus de 12% durant les sept dernières années. En 2007, ce taux était de 14%, supérieur de plus de deux points au taux national.

Les revenus ont augmenté trop rapidement. Les responsables prévoient une augmentation de 13% cette année pour les résidents des zones rurales, en une sixième année consécutive de croissance à deux chiffres. Les citadins ont jouit d’une augmentation de 24,5% de leur revenu disponible l’année dernière. Robbie Barnett de l’Université de Columbia estime qu’une nouvelle classe moyenne a émergé à Lhassa au cours de ces dernières années. Mais, constate-il, cela n’a que très peu fait évoluer le sentiment des tibétains sur les questions politiques.

Dans le vieux quartier tibétain, ils sont nombreux à voir les chinois Han comme les plus grands bénéficiaires de la croissance économique. Les Hans possèdent non seulement la plupart des commerces, mais ils s’installent également dans la vielle ville. Certains tibétains estiment que les Chinois Han représentent dorénavant la moitié environ de la population de la ville, et que le chemin de fer en apporte toujours plus. (Un responsable fait toutefois remarquer que la ville est désormais également plus facilement accessible pour les habitants qui vivent dans des régions éloignées du plateau tibétain.)

Les statistiques économiques sont parfois trompeuses. Les revenus peuvent avoir en moyenne augmenté plus rapidement, mais à la campagne ces chiffres ont été faussés par une flambée de la demande en provenance du reste de la Chine pour un type de médecine traditionnelle connue sous le nom de champignon chenille. Les tibétains dans les régions rurales où ce champignon pousse ont vu leurs revenus exploser (et des bagarres ont éclaté parmi eux pour la répartition des terres productrices de ce champignon). Mais dans les villes, beaucoup se plaignent de la hausse rapide des prix des biens importés d’autres régions de la Chine. L’inflation est une autre préoccupation majeure en Chine aussi, mais les tibétains observant les émeutes rappelaient que les autorités chinoises avaient promis que la liaison ferroviaire permettrait de faire baisser les prix. La Zone de Développement Economique et Technologique de Lhassa, restée quasi déserte donne à penser que les responsables rencontrent des difficultés à reproduire au Tibet le boom industriel que l’on observe partout ailleurs en Chine.

Les tibétains éprouvent également un ressentiment à l’égard de la ligne politique dure appliquée par Zhang Qingli, le dirigeant du parti au Tibet. M. Zhang, qui est un Han (La Chine ne semble pas encore faire confiance aux tibétains pour occuper ce poste crucial), a été nommé en 2005, après avoir occupé un poste au Xinjiang où il a écrasé le séparatisme. Lorsqu’il a pris ses fonctions, les règles interdisant aux étudiants et aux familles des fonctionnaires de prendre part à des activités religieuses, jusqu’alors négligées, ont à nouveau commencé à être rigoureusement appliquées. M. Zhang a également multiplié les invectives ouvertes contre le Dalaï-Lama, qui est largement révéré. (De nombreux tibétains à Lhassa accrochent par défi son portrait dans leurs foyers, tout au moins avant que les soldats ne pénètrent chez eux.) M. Zhang a exhorté les monastères à plus « d’éducation patriotique », ce qui implique entre autre de dénoncer le Dalaï Lama. Il a interdit l’affichage de portraits du Karmapa Lama, qui s’est enfui en Inde en 1999 et fait l’objet d’une dévotion au Tibet.
Le rôle du Dalaï Lama

Les responsables chinois sont restés divisés quant à savoir si les contacts avec le Dalaï Lama permettraient de pacifier le Tibet. Entre 2002 et juillet de l’année dernière ils ont tenu six séries de pourparlers avec les représentants du Dalaï Lama. Laurence Brahm, un écrivain américain qui a tenté une médiation, déclare que le débat a atteint un point culminant en 2005, lorsque les Chinois ont semblé reconnaître que le rôle du Dalaï Lama était essentiel pour résoudre les tensions au Tibet. À un moment, les chinois ont même envisagé d’autoriser le Dalaï Lama à visiter la montagne Wutai dans la province de Shanxi, comme une mesure destinée à instaurer la confiance, mais ils ont eu peur de s’engager. Les pourparlers ont finalement échoué sur le refus de la Chine à accepter les déclarations du Dalaï Lama affirmant que son seul but est l’autonomie du Tibet au sein de la Chine.

Désormais, avec la troupe occupant la rue, la reprise du dialogue semble peu probable dans un proche avenir. La Chine a accusé la « Clique du Dalaï Lama » d’avoir organisé les émeutes. Le Dalaï Lama a nié toute implication et a accusé les Chinois de se livrer à un « génocide culturel » dans sa patrie. Mais il doit également se préoccuper de l’avenir des chinois Han au Tibet. De nombreux hommes d’affaires chinois à Lhassa déclarent qu’ils envisagent de partir. Le tourisme des chinois de l’intérieur du pays, qui est crucial pour l’économie de Lhassa, risque lui aussi d’être durement touché. En fin de compte, la Chine pourrait marquer un point grâce à son obsession de l’économie. Si le boom récent n’a pas permis de gagner la loyauté ou l’affection des tibétains, une forte baisse de l’activité les pourrait les rendre encore plus insatisfaits.

Publication originale The Economist, traduction Contre Info

Illustration : scène d’émeute au tibet

Article original, d'après The Financial Express

Trashing the Beijing Road

Ethnic-Chinese shopkeepers in Lhasa’s old Tibetan quarter knew better than the security forces that the city had become a tinder-box. As word spread rapidly through the narrow alleyways on March 14th that a crowd was throwing stones at Chinese businesses, they shuttered up their shops and fled. The authorities, caught by surprise, held back as the city was engulfed by its biggest anti-Chinese protests in decades.

What began, or may have begun (Lhasa feeds on rumour), as the beating of a couple of Buddhist monks by police has turned into a huge political test for the Chinese government. Tibet has cast a pall over preparations to hold the Olympic games in Beijing in August. Protests in Lhasa have triggered copycat demonstrations in several monasteries across a vast swathe of territory in the “Tibet Autonomous Region” of China and in areas around it. Not since the uprising of 1959, during which the Dalai Lama, Tibet’s spiritual leader, fled to India, has there been such widespread unrest across this oxygen-starved expanse of mountains and plateaus.

Years of rapid economic growth, which China had hoped would dampen separatist demands, have achieved the opposite. Efforts to integrate the region more closely with the rest of China, by building the world’s highest railway connecting Beijing with Lhasa, have only fuelled ethnic tensions in the Tibetan capital. The night before the riots erupted, a Tibetan government official confided to your correspondent that Lhasa was now stable after protests by hundreds of monks at monasteries near the city earlier in the week. He could not have been more wrong.

It was, perhaps, a sign of the authorities’ misreading of Lhasa’s anger that a foreign correspondent was in the city at all. Foreign journalists are seldom given permission to visit. In January 2007, in preparation for the Olympics, the central government issued new regulations that supposedly make it much easier for them to travel around the country. Travel to Tibet, however, still requires a permit. The Economist’s visit was approved before the monks protested on March 10th and 11th, but the authorities apparently felt sufficiently in control to allow the trip to go ahead as planned from March 12th. As it turned out, several of the venues on the itinerary became scenes of unrest.

Rioting began to spread on the main thoroughfare through Lhasa, Beijing Road (a name that suggests colonial domination to many a Tibetan ear), in the early afternoon of March 14th. It had started a short while earlier outside the Ramoche Temple, in a side street close by, after two monks had been beaten by security officials. (Or so Tibetan residents believe; the official version says it began with monks stoning police.) A crowd of several dozen people rampaged along the road, some of them whooping as they threw stones at shops owned by ethnic Han Chinese—a group to which more than 90% of China’s population belongs—and at passing taxis, most of which in Lhasa are driven by Hans.

The rioting quickly fanned through the winding alleyways of the city’s old Tibetan area south of Beijing Road. Many of these streets are lined with small shops, mostly owned by Hans or Huis, a Muslim ethnic group that controls much of Lhasa’s meat trade. Crowds formed, seemingly spontaneously, in numerous parts of the district. They smashed into non-Tibetan shops, pulled merchandise onto the streets, piled it up and set fire to it. Everything from sides of yak meat to laundry was thrown onto the pyres. Rioters delighted in tossing in cooking-gas canisters and running for cover as they exploded. A few yelled “Long live the Dalai Lama!” and “Free Tibet!”

For hours the security forces did little. But the many Hans who live above their shops in the Tibetan quarter were quick to flee. Had they not, there might have been more casualties. (The government, plausibly, says 13 people were killed by rioters, mostly in fires.) Some of those who remained, in flats above their shops, kept the lights off to avoid detection and spoke in hushed tones lest their Mandarin dialect be heard on the streets by Tibetans. One Han teenager ran into a monastery for refuge, prostrating himself before a red-robed Tibetan abbot who agreed to give him shelter.

The destruction was systematic. Shops owned by Tibetans were marked as such with traditional white scarves tied through their shutter-handles. They were spared destruction. Almost every other one was wrecked. It soon became difficult to navigate the alleys because of the scattered merchandise. Chilli peppers, sausages, toys (child looters descended on those), flour, cooking oil and even at one spot scores of small-denomination bank notes were ground underfoot by triumphant Tibetan residents into a slippery carpet of filth.

During the night the authorities sent in fire engines, backed by a couple of armoured personnel-carriers laden with riot police, to put out the biggest blazes. By dawn they had also sealed off the Tibetan quarter with a ring of baton-carrying troops and stationed officers with helmets and shields in the square in front of the Jokhang temple, Tibet’s most sacred shrine, in the heart of the old district. But they did not move into the alleys, where rioting continued for a second day. Residents within the security cordon attacked the few Han businesses left unscathed and set new fires among the piles of debris.

The risks of crackdown

Han Chinese in Lhasa were baffled and enraged by the slow reaction of the security forces. Thousands of people probably lost most, if not all, of their livelihoods (the majority of Lhasa’s small businesses have no insurance, let alone against rioting). But the authorities were clearly hamstrung by the political risks involved. Going in with guns blazing—the tactic used to suppress the Tiananmen Square protests of 1989 and the last serious outbreak of anti-Chinese unrest in Lhasa earlier that year—would risk inciting international calls for a boycott of the Olympic games. Instead they chose to let the rioters vent their anger, then gradually tighten the noose.

On March 15th occasional rounds of tear-gas fired at stone-throwing protesters eventually gave way to a more concerted effort to clear the streets. Paramilitary police began moving into the alleys, firing occasional bullets: not bursts of gunfire, but single deliberate shots, probably more in warning than with intent to kill. They also moved from rooftop to rooftop to deter residents from gathering on terraces overlooking the alleys. Rumours abounded of Tibetans killed by security forces in isolated incidents during the earlier rioting, but not during the final push to reassert control over the city. By Chinese standards (not high when it comes to riot control), that effort appeared relatively measured.

By late on March 15th the alleys were quiet. Patrols firing the odd bullet kept most of them deserted the next day, too. A Western student said she saw six Tibetan boys hauled out of their homes by troops, pushed to the ground, kicked and beaten with batons. The boys were then bundled into a bus and driven away. Troops covered up the bloodstains on the road with a white substance, she said. The Tibetan quarter is now gripped by fears of widespread and indiscriminate arrests as the authorities attempt to find “ringleaders”. China’s official news agency says 105 rioters have surrendered to the police.

When residents began venturing out more normally on March 17th, the extent of the rioting became clear. Numerous Han Chinese-owned premises well beyond the Tibetan quarter had been attacked. Several buildings had been gutted by fire. The gate of the city’s main mosque was charred, and the windows of the guard-house of the Tibet Daily, the region’s Communist Party mouthpiece, had been smashed.

The city was under martial law in all but name. The government said that only police were involved in the security operation, but there were many military-looking vehicles on the streets with their tell-tale licence-plates covered up or removed. Some troops refused to say what force they belonged to. Two armoured personnel-carriers were parked in front of the Potala Palace, Lhasa’s most famous tourist attraction on the side of the hill overlooking the city, which is now closed. Troops with bayonets were deployed along roads leading to the city’s main monasteries, which have been sealed off by police. The rioting on March 14th and 15th involved mainly ordinary citizens, but monks are often at the forefront of separatist unrest in Tibet.

The approaching flame

The government’s decision not to declare martial law, or any emergency restrictions, reflected its concern about the Olympics. In March 1989 the authorities imposed martial law in Lhasa to quell separatist unrest. Its measures were barely distinguishable from those now in force in the city. The old Tibetan area has been sealed off by gun-carrying troops, but officials prefer to refer euphemistically to “special traffic-control measures”. This time foreign tourists in Lhasa have been “advised” rather than ordered to leave. On March 18th police and troops began moving the 100 or so remaining tourists to hotels far from the site of the riots. In 1989 foreign journalists were expelled from Lhasa. This time your correspondent was allowed to stay, but only until his permit expired on March 19th. No others were allowed in.

For all the government’s attempts to appear unruffled, the recent unrest in Tibet exceeds the challenge it faced in 1989. Since March 10th protests have been reported not only in Lhasa’s main monasteries (Drepung, Sera and Ganden), but also at Samye Monastery about 60km east of Lhasa, Labrang Monastery in Gansu province, Kirti Monastery in Sichuan province and Rongwo Monastery in Qinghai province. Tibet’s traditional boundaries stretch into these provinces. Outside Labrang Monastery Tibetans attacked Han Chinese shops on March 15th. TibetInfoNet, a news service based in Britain, reported several protests in various parts of Gansu on March 16th. Unlike in the ethnic violence in Lhasa, it said, the protesters’ main targets were symbols of state power and government-owned properties.

The challenge is partly a security one. The martial-law regulations imposed in Lhasa in March 1989 were not lifted until May the following year. This time China will need to move faster to restore a semblance of normality. On June 20th the Olympic flame, having been carried up the Tibetan side of Mount Everest the previous month, is due to arrive in Lhasa, where a big ceremony is planned. Barring journalists and flooding Lhasa’s streets with troops would be embarrassing. More so would be cancelling the event.

But easing the clampdown would be risky. Many Tibetans see the Olympics as a golden opportunity to bring the world’s attention to their problems under Chinese rule. Tibetans living outside China, particularly in India, have been taking advantage of the Olympics to step up their publicity efforts. This is an annoyance to India, which does not want to disrupt relations with China by appearing to condone efforts to disrupt the games. Indian police have blocked efforts, launched on March 10th by hundreds of dissident Tibetans, to stage a march across the mountains into their homeland.

China worries too about the possibility that other ethnic minorities in China, particularly Muslim Uighurs in the far western region of Xinjiang, may be emboldened by Tibetan activism if it is left unchecked. The Chinese authorities have played up reports about recent alleged terrorist activities in Xinjiang (as an excuse to suppress peaceful dissent, say sceptics), including what officials say was an attempt by a Uighur woman to start a fire on board a flight bound for Beijing on March 7th.

Richer, but not happier

The longer-term challenge for China is to rethink its Tibet policy. One reason why Chinese officials appeared so surprised by the unrest is that Tibet has not behaved like the rest of China, where rapid economic growth appears to have staved off a repeat of Tiananmen-style protests. A surge of government spending on infrastructure in recent years and strong growth in Tibet’s tourism industry (made easier by the new infrastructure, especially the rail link, which was opened in 2006) have helped the region’s GDP growth rate stay above 12% for the past seven years. In 2007 it was 14%, more than two points higher than the national rate.

Incomes have been rising fast too. Officials predict a 13% increase this year for rural residents, a sixth straight year of double-digit growth. Urban residents enjoyed a 24.5% increase in disposable income last year. Robbie Barnett of America’s Columbia University says a new middle class has emerged in Lhasa in recent years. But, he says, this has made very little difference to what Tibetans think about politics.

In the old Tibetan quarter, many see the Han Chinese as the biggest beneficiaries of economic growth. Hans not only run most of the shops, but are moving into the Tibetan part of the city. Some Tibetans believe Han Chinese now make up around half of the city’s population, with the railway bringing in ever more. (An official, however, points out that it is now also easier for Tibetans to reach Lhasa from distant parts.)

The economic statistics may be misleading. Incomes may have been growing fast on average, but in the countryside averages have been skewed by soaring demand in the rest of China for a type of traditional medicine known as caterpillar fungus. Tibetans in rural areas where this fungus grows have seen their incomes rocket (and fights have broken out among them over the division of fungus-producing land). In the cities, many complain about fast-rising prices of goods imported from other parts of China. Inflation is a big worry elsewhere in China too, but Tibetan bystanders watching the riots said that Chinese officials had promised the rail link would help bring prices down. The near-empty expanse of the Lhasa Economic and Technological Development Area suggests that officials are having trouble replicating in Tibet the manufacturing boom seen elsewhere in China.

Tibetans also resent the hardline policies of Tibet’s party chief, Zhang Qingli. Mr Zhang, who is a Han (China apparently does not yet trust Tibetans to hold this crucial post), was appointed in 2005 after a spell spent crushing separatism in Xinjiang. When he took charge, neglected rules banning students and the families of civil servants from taking part in religious activities began once more to be rigorously enforced. Mr Zhang also stepped up official invective against the Dalai Lama, who is widely revered. (Many Tibetans in Lhasa defiantly hang portraits of him in their homes, or did until the troops moved in.) Mr Zhang urged more “patriotic education” in monasteries, part of which involves denouncing the Dalai Lama. He banned the display of portraits of the Karmapa Lama, who fled to India in 1999 and enjoys a devoted following in Tibet.

The Dalai Lama’s role

Chinese officials have been divided over whether greater contact with the Dalai Lama would help to pacify Tibet. Between 2002 and July last year Chinese officials held six rounds of talks with the Dalai Lama’s representatives. Laurence Brahm, an American author who has tried to mediate, says the discussions reached a high point in 2005 when the Chinese appeared to recognise that the Dalai Lama was crucial to resolving Tibet’s tensions. At one stage the Chinese even considered allowing the Dalai Lama to visit Wutai Mountain in Shanxi province as a confidence-building measure, but they got cold feet. Talks eventually foundered over China’s refusal to accept the Dalai Lama’s statements that all he wants is Tibet’s autonomy within China.

With troops on the streets, dialogue looks unlikely in the near future. China has accused the “Dalai Lama clique” of organising the riots. The Dalai Lama has denied involvement and has accused the Chinese of carrying out “cultural genocide” in his homeland. But he also needs to worry about the future of Han Chinese in Tibet. Many Han business people in Lhasa say they are planning to leave. Tourism from the interior, crucial to Lhasa’s economy, is likely to be hard hit too. In the end, China may have a point with its obsession about economics. The recent boom has not won the loyalty or affection of Tibetans, but a slump would make them all the more angry.

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