Tibet et jeux olympiques

Les informations importantes que l'on nous cache.

Tibet et jeux olympiques

Messagede Aacitoyen le Jeu 17 Avr 2008 00:24

À la vue des derniers événements à Lhasa, nous sommes partis comme un seul homme à Paris défendre les droits de l'homme contre l'oppresseur chinois. Notre compassion est grande pour ces pauvres tibétains pacifiques.
- La répression chinoise les a massacrés, cela ne nous étonne pas, la Chine est considérée comme la plus grande dictature du monde
- Elle nie les faits, cela ne nous étonne pas, nous avons trop l'habitude de sa propagande mensongère.

Vous m'excuserez sans doute de ne pas avoir été à Paris le 7 avril pour cracher sur les sportifs, mais il se trouve que ce jour-là j'étais en Chine avec un ami expatrié français qui dirige une entreprise à Pékin.

N'ayant pas eu le temps de suivre de près les informations depuis plus d'un mois, je lui demande ce qu'il pense des derniers événements au Tibet ?

Sa réponse me surprend :
"Les médias occidentaux racontent n'importe quoi, ils déforment complètement les faits, ils utilisent des images de répression indienne ou népalaise pour montrer la répression chinoise. Ils ne disent pas que les chinois ont été victimes des violences tibétaines, ils se décrédibilisent complètement et cela fait les choux gras des journaux chinois. Un site Internet dénonce tous ces mensonges grossiers. Avant de fustiger la propagande chinoise, il faudrait faire un peu le ménage chez nous."

Une fois en France, je décide d'en savoir un peu plus, je vais consulter ce fameux site :

http://www.anti-cnn.com (Voir les images sur la moitié basse de cette page)

Il y a en fait deux versions des événements de Lhasa :

Version occidentale : Une manifestation pacifique tibétaine a dégénéré en émeute fortement réprimée par la police chinoise, il y a eu une centaine de morts.

Version chinoise : Des manifestants tibétains ont mis la ville de Lhasa à feu et à sang, ils se sont attaqués à des civils qu'ils ont battus à mort, lapidés, brûlés vif, ou déchiquetés au couteau. Ils ont vandalisé des centaines de magasins et de véhicules. Ce sont des crimes à caractère raciste qui visaient les Han et les Hui (minorité ethnique musulmane). Nous avons les preuves que le Dalaï-Lama est à l'origine de ces émeutes.

J'ai ensuite visité de nombreux sites, fait des recoupements, suivi jusqu'aux origines les sources d'informations, évalué de nombreuses hypothèses.

Les sources d'informations fiables

A ce stade on se rend compte que les médias occidentaux ne sont pas toujours fiables, "un manque de professionnalisme ahurissant" selon Bruno Philip (Le Monde). Il faut alors chercher l'information à la source auprès de témoins directs sans parti-pris dans le conflit. Ces sources existent et sont nombreuses car Lhasa est une ville très touristiques et les occidentaux n'ont été évacués que plus tard, ils sont très nombreux le 14 mars dans Lhassa à prendre des photos et filmer dans la rue. Il y a donc une totale transparence des événements de Lhassa du 10 au 18 mars, la vérité est exprimée par ces témoignages directs du drame sur place.

Liste non exhaustive

James Miles seul journaliste présent lors des émeutes :
Un journaliste allemand enquête auprès des habitants à Lhassa :
Touristes Français
Touristes Canadiens et Suisses
Touriste Suisse
Touriste australien, Michael Smith, tournant une vidéo qui sera reprise par de nombreux médias :
Touriste Californien, blog de Kadfly
Touriste espagnol
Touriste du Danemark
Autres touristes étrangers
Témoignages de touristes, synthèse publiée par trois journalistes dans Le Monde
Témoignages de touristes, synthèse publiée dans Washingtonpost


Analyse de la version chinoise :
- La version chinoise est confirmée par de multiples vidéos sur Internet, il suffit de chercher sur google vidéo Tibet riot.
- La version chinoise est aussi confirmée par le seul journaliste occidental présent sur place au moment des événements, James Miles de "The economist", il n'a pas été expulsé contrairement à ce qui a été dit :
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1846
http://edition.cnn.com/2008/WORLD/asiapcf/03/20/tibet.miles.interview
- La version chinoise est cohérente avec le témoignage de nombreux touristes présents par hasard sur les lieux :
http://parceque.over-blog.com/article-17722093-6.html
http://www.cafebabel.com/en/article.asp?T=T&Id=14318
http://www.letemps.ch/template/opinions.asp?page=6&article=229319
- Enfin des analyses pertinentes nous aident à comprendre le contexte géopolitique de ces événements :
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-03-28%2006:21:41&log=invites#

Analyse de la version occidentale :
- La version occidentale annonce une répression violente faisant une centaine de morts, mais d'où vient cette information ? Elle vient du Dalaï-Lama ou de sources anonymes relayées par des médias de propagande gouvernementale comme Radio Free Asia, crée par la CIA et financée par le Congrès américain.
- En réfléchissant un peu, il est absolument impossible que des répressions policières contre des tibétains fassent une centaine de morts à Lhasa, Internet aurait été inondé de petites vidéos montrant les violences policières. La chine a plus de 500 millions de téléphones portables, bien souvent en avance technologique sur les nôtres et je ne compte même pas le nombre incalculable d'appareils photo numériques. Imaginez le nombre de Tibétains aux fenêtres avec leur portable en train de filmer.

Je n'ai trouvé aucune vidéo montrant les violences policières à Lhasa

Ceux qui pensent que le gouvernement chinois à la possibilité de filtrer ce genre de vidéo se trompent, n'importe qui peut les mettre en ligne, les envoyer par mail ou par QQ (Skype chinois, plus de 200 millions d'utilisateurs actifs) les villes regorgent de réseaux wifi ouverts et anonymes.





De nombreux témoignages et vidéos montrent que les forces de l'ordre n'ont pas fait usage de la force ce jour là malgré les agressions violentes des tibétains. Je n'ai trouvé aucune vidéo montrant le contraire.

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Emeutes Lhasa 14 mars 2008




En fait, les seuls tibétains que l’on a vus roué de coups par la police sont ceux qui participait aux manifestations qui se sont déroulées au Népal, en Inde et dans les pays occidentaux. Des images trompeuses de répression indienne ont été utilisées dés le 14 mars par de nombreux médias occidentaux pour accuser la police chinoise de violences.

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=8697

Un témoignage essentiel n'a pas été relayé par les médias, celui de Georg Blume :

Le témoignage essentiel de Georg Blume, journaliste allemand qui a enquêté pendant 5 jours à Lhassa, interrogeant de nombreux tibétains.

"Ce qui m'a surtout surpris c'est que j'étais le seul, car il n'y avait pas de problème pour venir ici. C'est totalement absurde qu'il n'y ait pas eu d’autres correspondants."

"Aujourd'hui, un tibétain m'a décrit comment il a été témoin des révoltes : Il a pu décrire la scène avec exactitude, a pu donner libre expression à sa haine envers la Chine, que c'était inacceptable la façon dont les chinois se comportaient et comment ils opprimaient les tibétains sur le plan économique et religieux. Il n'a pas mâché ses mots. Pourtant dit-il : La police chinoise n'a pas tiré de coup de feu vendredi passé, au moment du déclenchement et lors de l'intensité la plus importante pour le moment des révoltes. Il suppose que parmi les morts, il y a surtout des chinois, qui ont brûlé dans leurs magasins."

"J'ai pensé au début que la police militaire était coupable. Surtout que la ville est remplie d'hommes en uniforme, la conclusion du coup s'impose que des coups de feux à balles réelles auraient été tirés. Cependant plus je parle avec des témoins sur les révoltes, plus cette possibilité me paraît improbable."

"Une chose est sûre : Concernant les protestations des tibétains, on ne peut pas parler d'une répression sanglante - comme lors du massacre de Tiananmen en 1989. En fait, je crois que la Chine veut surtout intimider avec sa présence militaire."

"Les rafles laissent présager le pire", Georg Blume

"Stupéfait, j'étais le seul", Georg Blume



il faut se rendre à l'évidence avec regrets, la version chinoise est la seule crédible, la répression policière meurtrière annoncée dans la version occidentale est réfutée par tous les témoignages indépendants, les violentes répressions policières à LHASA LE 14 mars sont démenties par l'absence de photos et de vidéos correspondantes.


Une telle désinformation sur les événements récents, interroge sur la fiabilité des informations qui concernent le Tibet et le Dalaï-Lama.

Une fois la question posée et l'esprit débarrassé de certains préjugés manichéens (gentille démocratie, méchante dictature), on trouve rapidement sur internet le contexte géopolitique, historique et l'intérêt stratégique des occidentaux à se servir de l'image du Dalaï-Lama pour déstabiliser la Chine. On trouve également de nombreuses sources mettant en évidence les relations entre le Dalaï-Lama et la CIA.

Quand on va chercher soi-même l'information, on découvre l'horreur de la théocratie tibétaine des années 50 qui tranche avec l'image idyllique du Dalaï-Lama que l'on nous distille constamment.

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1858
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article63507
http://stanechy.over-blog.com/article-18658527-6.html
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005-08-24%2011:39:05&log=invites
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-03-28%2014:10:11&log=invites

Ce qui pêche le plus chez nous, c'est notre ignorance de la Chine, cela laisse la porte ouverte à toutes les rumeurs et à tous les fantasmes, en particulier le fait que les minorités seraient persécutées par cette infâme dictature, qu'elles n'auraient pas le droit de parler leurs langues natales, qu'elles ne pourraient pas pratiquer leurs religions.

Il se trouve que je connais un peu la Chine pour avoir passé quelques longs séjours dans les campagnes les plus reculées du Guizhou. La Chine est par nature multi-ethnique et toutes les minorités sont respectées en termes de religions et de langues. Il y a 56 ethnies différentes, et autant de langues reconnues en Chine. Comment oser dire que les langues ne sont pas reconnues alors que les billets de banques comportent 5 écritures différentes en plus des caractères latins, et ceci même sur des billets vieux d'une trentaine d'année ?

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détail du billet
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Les tibétains reprochent aux chinois d'avoir détruit des milliers de temples, c'est vrai mais cela date de la révolution culturelle du temps de
Mao (1966-1976) : les privilèges ont été abolis, les moines ont été mis au travail, et des milliers de temples ont été détruit. Cela ne visait
pas les tibétains mais tout le monde en Chine. Depuis le gouvernement a radicalement changé et l'on reconstruit les temples.
http://www.tibetmap.org/pw25.html
http://www.chine-informations.com/guide/la-politique-chinoise-a-legard-des-minorites-nationales_1538.html

J'ai pu constater les investissement énormes fait pour favoriser le développement des régions les plus reculées, services publics, infrastructures routières dignes du pont de Millau. Peut-on en dire autant chez nous qui fermons les bureaux de poste dans les campagnes ?

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Viaduc en construction dans le Guizhou
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http://www.chine-informations.com/actualite/chine-faits-et-chiffres-population-tibetaine_9074.html

La chine a construit la plus haute ligne de chemin de fer du monde, 3,5 milliards d'Euros pour le développement du Tibet. Plutôt que d'admirer cet exploit technique, nous soupçonnons la Chine de faire ça pour mieux envahir le Tibet. Franchement il y a moins cher, regardez comment procède l’état français en Afrique pour exploiter les ressources à moindre frais.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_ferroviaire_Qing-Zang

Le 7 avril Robert Ménard de RSF a été le principal organisateur des perturbations, que sait-on de lui ? Que sait-on du financement de RSF ?

http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8428
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6383
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6457

On découvre ainsi que la National Endowment for Democracy (NED) a été créée pour poursuivre les activités illégales de la CIA. Cet organisme finance entre autre RSF, le DalaÏ-Lama, l'Organisation Non Gouvernementale International Campaign for Tibet (ICT) et Voice of Tibet une radio qui diffuse de "bonnes informations" en langue tibétaine.
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=CHO20080422&articleId=8764
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=6530
http://www.alterinfo.net/Jeu-geopolitique-risque-Washington-joue-le-Tibet-a-la-roulette-avec-la-Chine_a18783.html

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Le plan secret de la CIA

D'après les documents déclassifiés

Après la prise de pouvoir de Mao Zedong et du Parti communiste chinois, les États-Unis cherchent à utiliser le Tibet dans leur lutte contre le communisme. Dés lors, la CIA a soutenu activement le dalaï lama, les mouvements indépendantistes tibétains, la guérilla tibétaine et des agents secrets infiltrés au Tibet. La CIA soutient la création de plusieurs "Tibet Houses" destinées à servir de représentation non officielle pour le dalaï-lama et à maintenir le concept d'une identité politique tibétaine, celle de New York permettant d'assurer les liens avec les délégations soutenant les Tibétains aux Nations Unies.

Le résumé de ce programme dans les documents déclassifiés est :
" L'activité tibétaine de la CIA consiste en une action politique, de propagande, et d'activité paramilitaire. L'objet de ce programme à ce stade, est de maintenir en vie le concept politique d'un Tibet autonome à l'intérieur du Tibet, et au sein des nations étrangères, principalement l'inde et de construire une capacité pour la résistance contre de possible développements politiques à l'intérieur de la Chine communiste "

En 1964, ce programme de 1 735 000 dollars prévoyait :

* Le soutien à une guérilla de 2100 Tibétains basée au Népal (500 000$)
* Une subvention pour le dalaï-lama (180 000$)
* Les dépenses du site de formation secret pour les Tibétains dans le Colorado (400 000$)
* Transport par avion des Tibétains formés vers l'Inde (185 000$)
* Programme d'éducation pour 20 jeunes officiers tibétains (45 000$)
* Création de plusieurs "Tibet Houses" à New York, Genève et (non déclassifié)
* Etc.

Dans un article du New-York Times, l'administration du dalaï-lama reconnait aujourd'hui avoir reçue de l'argent de la CIA pour entraîner des volontaires et financer des opérations de guérilla contre les chinois.

Aujourd'hui les États-Unis financent :

Par le Département d'État américain
* Le dalaï lama au travers de l'ONG Tibet Fund (Voir rapport 2005)

Par le National Endowment for Democracy (dotation nationale pour la démocratie), (voir rapports 2002, 2006)
* Reporter Sans Frontières
* Tibet Information Network
* Tibetan Youth Congress
* TCHRD
* Tibet Justice Center
* Tibetan Multimedia Center
* Gu-Chu-Sum Movement of Tibet
* International Campaign for Tibet
* Khawa Karpo Tibet Cultural Centre Charitable Trust
* Longsho Youth Movement of Tibet
* Tibet Museum
* Tibetan Literacy Society
* Tibetan Parliamentary and Policy Research Centre
* Commission for Disappearances and Victims of Violence (KontraS)
* Tibetan Review
* Tibetan Women's Association
* Tibetan Writers Abroad PEN Center
* Voice of Tibet

Par le Congrès des États-Unis
* Radio Free Asia
* Voice Of America

Par Richard Gere (Président de International Campaign for Tibet, Fondateur de la "Tibet House" de New york)
* Amnesty International
* Human Rights Watch
* Survival International
* The Tibet Center
* The Gere Foundation

Le dalai lama et son action politique pour un Tibet autonome ont également des soutiens importants tel que le Falun Gong (télévision, radio, presse gratuite) et George Soros.

Liens :
* La CIA derrière les protestations contre les jeux olympiques en Chine
* 5 questions à propos du soulèvement au Tibet, Peter Franssen




Quels sont les journalistes et les hommes politiques qui ont su prendre un peu de recul ? Ils ne sont pas nombreux :

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=563 (vidéo de 41 minutes)
http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=585
http://www.humanite.fr/2008-04-12_L-Humanite-des-debats_L-etrange-modele-tibetain-de-theocratie





La Chine est souvent souvent associée à l'image d'une croissance monstrueuse qui ne soucie pas de l'environnement, personne n'a conscience qu'en Chine l'environnement est une priorité pour le gouvernement, c'est un sujet très sensible car les pollutions de l'air et de l'eau sont dramatiques, mais l'écologie progresse beaucoup plus vite que chez nous, et nous somme déjà dépassés dans certains domaines. Il y a par exemple aujourd'hui un nombre très important de chauffe-eau solaires dans tout le pays, 10% de l'eau chaude chinoise vient du solaire.
Vidéo à partir de 13 min 30
http://www.outilssolaires.com/infos/index-stats.htm

La Chine nous est présenté comme une menace mais quelles sont les nations qui envahissent les autres pays, assassinent les présidents démocratiquement élus pour mettre à leurs places des dictateurs sanguinaires, exploitent les ressources des plus pauvres ? Le régime chinois est une dictature à nos yeux mais comment expliquer que ce pays sort de la misère et progresse plus vite qu'aucun autre ? Cette réussite que nous ne comprenons pas dérange car elle se fait sans suivre le modèle de nos démocraties libérales.

http://stanechy.over-blog.com/article-5425588.html

Le 7 avril, c'était aussi le 14eme anniversaire du génocide du Rwanda, environ un million de morts, une responsabilité accablante de la France qui a soutenu le régime avant et pendant le génocide, qui en a parlé ?

Alain Gauthier (président du CPCR) nous dit dans son communiqué :
« Le 7 avril, journée internationale de réflexion sur le génocide perpétré au Rwanda, il ne faudrait pas que la flamme olympique qui va sillonner les rues de la capitale française mette sous le boisseau les flambeaux qui seront allumés en mémoire des victimes innocentes du génocide »

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Collines du Guizhou
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"Dragon Roar" avec des messages en français dans la vidéo ----------- Free Iraq, Free Tibet, Very good cause!!

Quelques images méritant indignations, mais trompeuses.

Les soldats portants des robes de moines.
Cette image se propage par email sur Internet pour montrer que des soldats se seraient déguisés en moines pour commettre des violences.

Soldats_robes_moines.jpg
Soldats et robes de moines


Cette image est affichée sur des sites pro-tibétains comme celui-ci , juste sous la photo on peut lire : "l'orchestration chinoise des émeutes est confirmée" ce qui est faux et peut prêter à confusion.

En fait cette image a été prise en 2002 lors du tournage du film "Le Talisman" (The Touch), les soldats sont souvent utilisés comme figurants en Chine :



Le "robot" chinois éteint la flamme de David Douillet


douillet_flamme_1.jpg
douillet_flamme_2.jpg


Devant cet affront largement relayé par l'ensemble des médias, David Douillet aurait bien aimé avoir des excuses du président chinois.
Mais pourquoi aucun média n'a-t-il recherché l'explication de ce geste qui a provoqué tant d'émoi ?
Cette explication, le journaliste chinois Ruolin Zheng l'a recherchée et la donne dans des conditions très difficiles au cours de l'émission "Un café l'addition" du 26 avril 2008 sur Canal + (19:40)
David Douillet devait porter la flamme du siège de Canal+ en direction de la mairie de Paris, mais la mairie de Paris a affiché une grande banderole "Paris défend les droits de l'homme partout dans le monde", ce qui vise bien évidemment la Chine. C'est à cause de cette banderole que l'étape de la mairie a été annulée et que la flamme de David Douillet a été éteinte.

L'organisation des J.O. a été confié à la Chine, peut-on lui reprocher, dans le chaos qu'a été cette journée, de supprimer l'étape de la mairie qui de toute évidence ne lui donnait pas son soutient moral ?
Dernière édition par Aacitoyen le Sam 14 Fév 2009 00:49, édité 26 fois.
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Le mythe du Tibet

Messagede Aacitoyen le Ven 18 Avr 2008 15:49

Le mythe du Tibet d'après le site Michel Collon Investigaction

Michaël Parenti

Un des meilleurs analystes de l'impérialisme US révèle les dessous du "mythe du Tibet", du Dalaï Lama et de certains aspects du bouddhisme... Comment vivait-on lorsque les moines dirigeaient le Tibet ? Quelle a vraiment été la politique de la Chine dans cette région ? Et celle de la CIA ?

L’histoire du Christianisme, celle du Judaïsme, celle de l'Hindouisme et celle de l'Islam sont fortement marquées par la violence. A travers les âges, les religieux ont toujours invoqué un mandat divin pour massacrer des infidèles, des hérétiques, et même d'autres dévots au sein de leurs propres rangs. Certaines personnes soutiennent que le Bouddhisme est différent, qu'il se distingue nettement de la violence chronique des autres religions. Certes, pour certains praticiens à l’Ouest, le Bouddhisme est plus une discipline spirituelle et psychologique qu'une théologie au sens habituel. Il offre des techniques méditatives censées promouvoir la lumière et l'harmonie en soi. Mais à l’instar de n’importe quel autre système de croyance, le Bouddhisme ne doit pas être appréhendé uniquement par ses enseignements, mais aussi en fonction du comportement effectif de ses partisans.


Le bouddhisme est-il une exception ?


Un regard sur l'histoire révèle que les organisations bouddhistes ne se sont pas abstenues d'actes violents si caractéristiques aux groupes religieux. Au Tibet, du début du dix-septième siècle jusqu’au sein du dix-huitième siècle, des sectes bouddhistes rivales se sont livrées à des affrontements armés et à des exécutions sommaires.1 Au vingtième siècle, en Thaïlande, en Birmanie, en Corée, au Japon, et ailleurs, des Bouddhistes se sont battus aussi bien entre eux qu’avec des non-bouddhistes. Au Sri Lanka, des batailles rangées au nom du Bouddhisme font partie de l'histoire cingalaise.2



Il y a juste quelques années en Corée du Sud, des milliers de moines de l'ordre bouddhiste Chogye se sont battus entre eux à grand renfort de coup de poings, de pierres, de bombes incendiaires et de gourdins, dans des batailles rangées qui ont duré plusieurs semaines. Ils rivalisaient pour le contrôle de l'ordre, le plus grand en Corée du Sud, avec un budget annuel de 9,2 millions de dollars, auquel il faut ajouter des millions de dollars en biens immobiliers ainsi que le privilège d’appointer 1.700 moines à des devoirs divers. Les bagarres ont en partie détruit les principaux sanctuaires bouddhistes et ont fait des dizaines de blessés parmi les moines, dont certains sérieusement. Le public coréen manifesta son dédain envers les deux camps, estimant que quelque soit la clique de moines qui prendrait le contrôle, "elle utiliserait les dons des fidèles pour acquérir des maisons luxueuses et des voitures onéreuses".3



Mais qu’en était-il du Dalaï-lama et du Tibet qu'il a présidé avant l'intervention chinoise en 1959 ? Il est largement répandu par beaucoup de dévots bouddhistes que l’ancien Tibet était un royaume consacré à la spiritualité, exempt de styles de vie égoïstes, de matérialisme vide et de vices corrupteurs qui infestent la société industrialisée moderne. Les mass media occidentaux, les livres de voyage, les romans et les films Hollywoodiens ont dépeint la théocratie tibétaine comme un véritable Shangri-La (paradis terrestre).



Le Dalaï-lama, lui-même, a affirmé que "l'influence pénétrante du Bouddhisme" au Tibet, "au milieu des espaces grand ouverts d'un environnement non corrompu a eu pour effet de produire une société consacrée à la paix et à l'harmonie. Nous jouissions de la liberté et du contentement."4 Une lecture de l'histoire du Tibet suggère une image différente. Au treizième siècle, l'Empereur Kublai Khan a créé le premier Grand Lama, qui devait présider tous les autres lamas à l'instar d'un pape qui préside ses évêques. Plusieurs siècles plus tard, l'Empereur de Chine a envoyé une armée au Tibet pour soutenir le Grand Lama, un homme ambitieux de 25 ans, qui s'est alors donné le titre de Dalaï (Océan) lama, dirigeant de tout le Tibet. C'est tout à fait une ironie de l’histoire : le premier Dalaï-lama a été installé par une armée chinoise.



Pour élever son autorité, le premier Dalaï-lama saisit les monastères qui n'appartenaient pas à sa secte et aurait détruit les écritures bouddhistes qui étaient en désaccord avec sa revendication à la divinité. Le Dalaï-lama qui lui a succédé a poursuivi une vie sybaritique, jouissant de la compagnie de beaucoup de maîtresses, faisant la fête avec des amis, et agissant entre autres façons considérées inconvenantes pour une divinité incarnée. Pour cela, il fut éliminé par ses prêtres. Durant 170 ans, malgré leur statut reconnu de dieu, cinq Dalaï-lama ont été assassinés par leurs grands prêtres ou par d'autres courtisans.5


Shangri-La (pour Seigneurs et Lamas)


Les religions ont eu un rapport étroit non seulement avec la violence mais aussi avec l'exploitation économique. En effet, c'est souvent l'exploitation économique qui nécessite la violence. Tel était le cas avec la théocratie tibétaine. Jusque 1959, quand le Dalaï-lama a fini de présider le Tibet, la plupart de la terre arable était toujours organisée en domaines seigneuriaux travaillés par des serfs. Même un auteur sympathisant du vieil ordre admet que "bon nombre de domaines ont appartenu aux monastères et la plupart d'entre eux ont amassé d’immenses richesses.... De plus, certains moines et lamas individuellement ont pu accumuler une grande richesse par la participation active dans le commerce et le prêt d'argent."6 Le monastère de Drepung était un des plus grands propriétaires terriens dans le monde, avec ses 185 manoirs, 25.000 serfs, 300 grands pâturages et 16.000 bergers. La richesse des monastères est allée aux lamas ayant le grade le plus élevé, beaucoup d'entre eux étant les rejetons de familles aristocratiques.



Les leaders séculiers firent aussi bien. Un exemple notable était le commandant en chef de l'armée tibétaine, qui possédait 4.000 kilomètres carrés de terre et 3.500 serfs. Il était aussi un membre du Cabinet intime du Dalaï-lama.7 Le vieux Tibet a été faussement représenté par certains de ses admirateurs Occidentaux comme "une nation qui n'a exigé aucune police parce que ses gens ont volontairement observé les lois du karma."8 En fait, il avait une armée professionnelle, bien que petite, qui a servi comme une gendarmerie en faveur des propriétaires pour maintenir l'ordre et traquer des serfs fugitifs.



De jeunes garçons tibétains ont été régulièrement enlevés à leurs familles et emmenés dans les monastères pour être formés comme moines. Une fois là, ils étaient internés à vie. Tashì-Tsering, un moine, rapporte qu’il était courant que des enfants de paysans soient sexuellement maltraités dans les monastères. Lui-même était une victime de viol répété à partir de l’âge de neuf ans.9 Les domaines monastiques enrôlèrent de force des enfants de paysans aux fins de servitude perpétuelle comme domestiques, danseurs et soldats.



Dans le vieux Tibet, il y avait un petit nombre de fermiers qui subsistaient comme une sorte de paysannerie libre, et, peut-être, en plus, 10.000 personnes qui composaient la classe moyenne constituée des familles de marchands, de commerçants et de petits négociants. Des milliers d'autres étaient des mendiants. Une petite minorité était des esclaves, la plupart du temps des domestiques qui ne possédaient rien. Leur descendance naissait dans l'esclavage.10 La plus grande partie de la population rurale - environ 700.000 sur une population totale évaluée à 1.250.000 - était des serfs. Les serfs et d'autres paysans vivaient généralement un peu mieux que les esclaves. Ils n’avaient pas de scolarité ni de soins médicaux. Ils passaient la plupart de leur temps à peiner pour les lamas de haut rang, ou pour une aristocratie foncière séculière. Leurs maîtres leur disaient quelle culture produire et quels animaux élever. Ils ne pouvaient pas se marier sans le consentement de leur seigneur ou lama. Et ils pouvaient facilement être séparé de leur famille s’il plaisait au propriétaire de les envoyer travailler dans un endroit éloigné.11



Une femme de 22 ans, elle-même une serve fugitive rapporte : "De jolies filles de serfs étaient habituellement emmenées par le propriétaire comme domestiques de maison et utilisées comme il le souhaitait". Elles "étaient juste des esclaves sans droits".12 Les serfs devaient avoir une permission pour tous leurs déplacements. Les propriétaires terriens avaient l'autorité légale pour capturer ceux qui essayaient de fuir. Un serf fugitif de 24 ans a accueilli l'intervention chinoise comme "une libération". Il affirmait que pendant le temps où il était un serf, il était soumis à un travail dur incessant, à la faim et au froid, incapable de lire ou d'écrire et ne sachant rien du tout. Après sa troisième tentative de fuite ratée, il fût impitoyablement battu par les hommes du propriétaire terrien jusqu’à ce que le sang lui coule du nez et de la bouche ; puis, ils ont versé de l'alcool et de la soude caustique sur les blessures pour augmenter la douleur.13



Les serfs étaient dans l’obligation de travailler à vie la terre du seigneur - ou la terre du monastère - sans être payés, de réparer les maisons du seigneur, de transporter sa récolte et de rassembler son bois de chauffage. Ils étaient aussi supposés fournir les animaux de transport et le transport sur demande.14 Ils étaient taxés sur le mariage, taxé sur la naissance de chaque enfant et sur chaque mort dans la famille. Ils étaient taxés sur la plantation d’un nouvel arbre dans leur terrain et sur la possession d’animaux. Il y avait des impôts pour les festivals religieux, pour le chant, la danse, le tambourinage et la sonnerie de cloche. Les gens étaient taxés quand ils étaient envoyés en prison et quand ils en sortaient. Ceux qui ne pouvaient pas trouver de travail étaient taxés pour être sans emploi et s'ils allaient dans un autre village à la recherche de travail, ils devaient payer un impôt de passage. Quand les gens ne pouvaient pas payer, les monastères leur prêtaient de l'argent à un taux d'intérêt de 20 à 50 pour cent. Certaines dettes étaient passées du père au fils et au petit-fils. Les débiteurs qui ne pouvaient pas honorer leurs obligations risquaient d’être réduits en esclavage, parfois pour le reste de leur vie.15



Les enseignements religieux de la théocratie soutenaient cet ordre de classe. Le pauvre et l’affligé apprenaient qu'ils devaient supporter leurs ennuis à cause de leurs mauvaises manières dans des vies précédentes. Donc, ils devaient accepter la misère de leur existence présente comme une rédemption karmique et en prévision de ce que leur sort s'améliorerait une fois réincarné. Le riche et le puissant, bien sûr, considéraient leur bonne fortune comme une récompense, et une preuve tangible de leur vertu dans les vies passées et présentes.


Torture et Mutilation


Au Tibet du Dalaï-lama, la torture et la mutilation - incluant l’énucléation, l’arrachage de la langue, le sectionnement du tendon du jarret et l’amputation - étaient des punitions favorites infligées aux serfs fugitifs et aux voleurs. En voyageant à travers le Tibet dans les années 1960, Stuart et Roma Gelder ont interviewé un ancien serf, Tsereh Wang Tuei, qui avait volé deux moutons appartenant à un monastère. Pour cela, il a eu les yeux énucléés et la main mutilée afin de ne plus pouvoir l’utiliser. Il explique qu'il n'est plus un Bouddhiste : "quand un saint lama leur a dit de m'aveugler, j'ai pensé qu'il n’y avait rien de bon dans la religion".16 . Bien qu’il était contraire aux enseignements bouddhistes de prendre la vie humaine, quelques contrevenants étaient sévèrement fouettés et ensuite "abandonnés à Dieu" dans la nuit glaciale pour y mourir. "Les parallèles entre le Tibet et l'Europe médiévale sont saisissantes", conclut Tom Grunfeld dans son livre sur le Tibet.17



En 1959, Anna Louise Strong a visité une exposition d'équipement de torture qui avait été utilisé par les suzerains tibétains. Il y avait des menottes de toutes les tailles, y compris de petites pour des enfants, et des instruments pour couper le nez et les oreilles, pour énucléer les yeux et pour briser les mains. Il y avait des instruments pour couper les rotules et les talons, ou paralyser les jambes. Il y avait des fers chauds, des fouets et des instruments spéciaux pour éviscérer.18



L'exposition a présenté des photographies et les témoignages des victimes qui avaient été aveuglées ou estropiées ou subi des amputations pour raison de vol. Il y avait le berger dont le maître lui devait un remboursement en yuan et du blé, mais a refusé de payer. Alors, il a pris une des vaches du maître ; pour cela, il eut les mains coupées. Un autre berger qui s'est opposé à ce que sa femme lui soit prise par son seigneur a eu les mains broyées. Il y avait les images d’activistes communistes dont le nez et la lèvre supérieure ont été coupées et celles d’une femme qui a été violée, et puis, dont le nez a été coupé en tranches.19



D’anciens visiteurs du Tibet commentent le despotisme théocratique. En 1895, un anglais, le docteur A. L. Waddell, a écrit que la population était sous la "tyrannie intolérable de moines" et les superstitions diaboliques qu’ils avaient fabriquées pour terroriser les gens. En 1904, Perceval Landon a décrit l'autorité du Dalaï-lama comme "une machine d'oppression". À peu près au même moment, un autre voyageur anglais, le Capitaine W.F.T. O'Connor, a observé que "les grands propriétaires terriens et les prêtres .. exercent chacun dans leur domaine respectif un pouvoir despotique sans aucun appel", tandis que les gens sont "opprimés par une fabrique de prêtres et de monachisme des plus monstrueuses". Les dirigeants tibétains ont "inventé des légendes dégradantes et ont stimulé un esprit de superstition" parmi le peuple. En 1937, un autre visiteur, Spencer Chapman, a écrit, "le moine lamaïste ne passe pas son temps à administrer les gens ou à les éduquer…. Le mendiant sur le bord de la route n'est rien pour le moine. La connaissance est la prérogative jalousement gardée des monastères et est utilisée pour augmenter leur influence et leur richesse."20


Occupation et révolte


Les communistes chinois ont occupé le Tibet en 1951, revendiquant la souveraineté sur ce pays. Le traité de 1951 prévoyait l'autonomie apparente sous l'autorité du Dalaï-lama, mais confiait à la Chine le contrôle militaire et le droit exclusif de conduire les relations avec l'étranger. Les Chinois disposaient aussi d’un rôle direct dans l'administration interne "pour promouvoir des réformes sociales". D'abord, ils réformèrent lentement, comptant surtout sur la persuasion comme tentative pour effectuer le changement. Parmi les premières réformes qu’ils ont appliquées, il y avait la réduction des taux d'intérêt usuraires et la construction de quelques hôpitaux et de routes. "Contrairement à la croyance populaire à l'Ouest", écrit un observateur, les Chinois "prirent soin de montrer du respect pour la culture et la religion tibétaines". Aucune propriété aristocratique ou monastique n'a été confisquée, et les seigneurs féodaux continuèrent à régner sur les paysans qui leur étaient héréditairement attachés."21



Les seigneurs et les lamas tibétains avaient vu les Chinois aller et venir au cours des siècles et avaient joui de bonnes relations avec le Generalissimo Chiang Kaishek et son pouvoir réactionnaire sur la Chine avec le Kuomintang.22 L'approbation du gouvernement Kuomintang était nécessaire pour valider le choix du Dalaï-lama et du Panchen Lama. Quand le jeune Dalaï-lama a été installé à Lhassa, c’était avec une escorte armée des troupes chinoises et un ministre chinois conformément à la tradition vieille de plusieurs siècles. Ce qui contrariait les seigneurs et lamas tibétains, c’était que ces derniers chinois étaient des communistes. C'était seulement une question de temps, ils en étaient sûrs, avant que les Communistes ne commencent à imposer leurs solutions collectivistes égalitaires au Tibet.



En 1956-57, des bandes armées tibétaines tendirent une embuscade à des convois de l'Armée Populaire de Libération chinoise. Le soulèvement reçut un appui important de la Central Intelligence Agency américaine (C.I.A.), comprenant un entraînement militaire, des camps d'appui au Népal et de nombreux ponts aériens.23 Pendant ce temps, aux Etats-Unis, la Société américaine pour une Asie libre, un front de la C.I.A., avait énergiquement fait la publicité de la cause de la résistance tibétaine avec le frère aîné du Dalaï-lama, Thubtan Norbu, qui jouât un rôle actif dans ce groupe. Le second frère aîné du Dalaï-lama, Gyalo Thondup, mis sur pied une opération de renseignements avec la C.I.A. en 1951. Il remit ça plus tard dans une unité de guérilla entraînée par la C.I.A. dont les recrues furent parachutées à nouveau au Tibet.24



Beaucoup de commandos et d’agents tibétains que la C.I.A. avait déposé dans le pays étaient les chefs de clans aristocratiques ou les fils des chefs. Pour nonante pour cent d'entre eux, on n'en entendit jamais plus parler, selon un rapport de la C.I.A. elle-même, signifiant en cela qu’ils avaient probablement étaient capturés ou tués.25 "Beaucoup de lamas et de membres séculiers de l'élite et le gros de l'armée tibétaine ont rejoint le soulèvement, mais, en général, la population ne l'a pas fait, ce qui entraîna son échec", écrit Hugh Deane.26 Dans leur livre sur le Tibet, Ginsburg et Mathos arrivent à une conclusion semblable : "Autant qu'il peut être vérifié, la plupart du peuple de Lhassa et de la campagne attenante ne rejoignis pas le combat contre les Chinois, aussi bien quand il commença qu’au cours de son déroulement."27 Finalement, la résistance s’effondra.


Les communistes entrent


Quels que furent les maux et les nouvelles oppressions introduits par les chinois au Tibet après 1959, ils ont supprimé l'esclavage et le système de servage de travail impayé et mirent un terme aux flagellations, aux mutilations et aux amputations comme méthodes de sanctions criminelles. Ils ont éliminé les nombreux impôts écrasants, commencé des projets de grands travaux et ont énormément réduit le chômage et la mendicité. Ils ont instauré l'éducation laïque, brisant ainsi le monopole de l'éducation des monastères. Ils ont mis en place la distribution d'eau courante et d'électricité dans Lhassa.28



Heinrich Harrer (il fut ultérieurement révélé que Harrer avait été un sergent dans les SS d'Hitler) a écrit un best-seller racontant ses expériences au Tibet et qui a été montré dans un film populaire de Hollywood. Il rapporta que les Tibétains qui ont résisté aux Chinois "étaient principalement les nobles, les semi-nobles et les lamas ; ils ont été punis en étant contraint de devoir exécuter les tâches les plus humbles, comme travailler sur des routes et des ponts. Ils furent encore plus humiliés par le fait de devoir nettoyer la ville avant l’arrivée des touristes". Ils ont aussi dû vivre dans un camp à l'origine réservé aux mendiants et aux vagabonds.29



En 1961, les Chinois ont exproprié les propriétés foncières tenues par les seigneurs et les lamas et ont réorganisé les paysans en centaines de communes. Ils distribuèrent des centaines de milliers d'acres à des fermiers locataires et à des paysans sans terre. Les troupeaux qui appartenaient auparavant à la noblesse ont été rendu à des collectifs de bergers pauvres. Des améliorations ont été faites dans la reproduction du bétail et des nouvelles variétés de légumes et des nouvelles souches de blé et d'orge ont été introduites ; avec des améliorations en matière d'irrigation, tout cela aurait mené à une augmentation de la production agraire.30



Beaucoup de paysans sont restés aussi religieux qu’avant, donnant l'aumône au clergé. Mais les nombreux moines qui avaient été enrôlés de force dans les ordres religieux quand ils étaient enfants étaient maintenant libres de renoncer à la vie monastique, ce que des milliers ont fait, particulièrement les plus jeunes. Le clergé restant a vécu sur des bourses modestes dispensées par le gouvernement et sur le revenu supplémentaire gagné en officiant des services de prière, des mariages et des obsèques.31



Tant le Dalaï-lama que son conseiller et frère le plus jeune, Tendzin Choegyal, ont prétendu que "plus de 1,2 millions de Tibétains sont morts en conséquence de l'occupation chinoise."32 Mais le recensement officiel de 1953 - six ans avant les sévères mesures chinoises - a enregistré la population entière résidant au Tibet au nombre de 1.274.000.33 D'autres comptes de recensement évaluent la population tibétaine ethnique dans le pays à environ deux millions. Si les Chinois avaient tué 1,2 millions de Tibétains au début des années 1960, alors des villes entières et d’importantes parties de la campagne, en fait presque tout le Tibet, auraient été dépeuplé, transformé en un champ de batailles parsemé de camps de la mort et de charniers - dont nous n'avons vu aucune preuve. Les minces forces armées chinoises présentes au Tibet n'étaient pas assez importantes pour regrouper, pourchasser et exterminer autant de personnes même si elles y avaient consacré tout leur temps en ne faisant rien d'autre.



Les autorités chinoises reconnaissent "des erreurs", particulièrement pendant la Révolution Culturelle en 1966-76 quand la persécution religieuse a atteint une haute vague tant en Chine qu'au Tibet. Après le soulèvement à la fin des années 1950, des milliers de Tibétains ont été incarcérés. Pendant le Grand bond en avant, la collectivisation obligatoire et l'agriculture de grain ont été imposées à la paysannerie, parfois avec un effet désastreux. À la fin des années 1970, la Chine a commencé à relâcher le contrôle sur le Tibet "et a essayé de réparer certains des dégâts provoqué pendant les deux décennies précédentes."34



En 1980, le gouvernement chinois a amorcé des réformes censément conçues pour accorder au Tibet un degré plus grand d'autonomie et d'auto-administration. Les Tibétains seraient dès lors autorisé à cultiver des parcelles privées, à vendre leurs surplus de moisson, à décider eux-mêmes quel produit cultiver et à garder des yaks et des moutons. La communication avec le monde extérieur était de nouveau permise et les contrôles aux frontières furent facilités pour permettre aux Tibétains de visiter des parents exilés en Inde et au Népal.35



Dans les années 1990, les Hans, le plus grand groupe ethnique comprenant plus de 95 pour cent de la population énorme de la Chine, ont commencé à se déplacer en nombre substantiel au Tibet et dans diverses provinces occidentales. Dans les rues de Lhassa et de Shigatse, les signes de la prééminence han sont aisément visibles. Les Chinois dirigent les usines et beaucoup des magasins et des stands de vente. De grands immeubles de bureaux et de grands centres commerciaux ont été construits avec des fonds qui auraient été mieux dépensés pour des usines de traitement d'eau et des logements. Les cadres chinois au Tibet ont souvent considéré leurs voisins tibétains comme arriérés et paresseux, ayant besoin d'un développement économique et d'une "éducation patriotique". Pendant les années 1990, des employés du gouvernement tibétain soupçonnés d'entretenir des sympathies nationalistes ont été licenciés et des campagnes ont été lancées pour discréditer le Dalaï-lama. Des Tibétains ont, selon certaines sources, été arrêtés, emprisonnés et soumis au travail obligatoire pour avoir mené des activités séparatistes et s'être engagé dans "la subversion" politique. Certaines des personnes appréhendées ont été retenues en détention administrative sans eau et alimentation adéquates, sans couvertures, sujettes à des menaces, des coups et d'autres mauvais traitements.36



Les règlements de planning familial chinois permettent une limite de trois enfants par familles tibétaines. (Pendant des années, les familles hans étaient soumises à la limite de l’enfant unique) Si un couple dépasse la limite, les enfants en excès peuvent être interdits d'accès à la garderie subventionnée, aux services médicaux, au logement et à l'éducation. Ces pénalités ont été appliquées de manière irrégulière et varièrent selon le district. Par ailleurs, l'histoire, la culture et la religion tibétaines sont négligées dans les écoles. Les matériels pédagogiques, quoique traduits en tibétain, se concentrent sur l'histoire et la culture chinoises.37


Élites, émigrés et la C.I.A.


Pour les lamas et les seigneurs riches, l'intervention communiste était une calamité. La plupart d'entre eux se sont enfuis à l'étranger, ainsi fît le Dalaï-lama lui-même, qui a été aidé dans sa fuite par la C.I.A. Certains ont découvert avec horreur qu'ils devraient travailler pour vivre. Pourtant, pendant les années 1960, la communauté tibétaine en exil a secrètement empoché 1,7 millions de $ par an provenant de la C.I.A. selon des documents rendus publics par le Département d'Etat en 1998. Une fois que ce fait a été rendu public, l'organisation du Dalaï-lama lui-même a publié une déclaration admettant qu'il avait reçu des millions de dollars de la C.I.A. pendant les années 1960 pour envoyer des escadrons armés d'exilés au Tibet pour saper la révolution maoïste. Le revenu annuel du Dalaï-lama dispensé par le C.I.A. était de 186.000 $. Les services secrets indiens l'ont aussi financé ainsi que d'autres exilés tibétains. Il a refusé de dire si lui ou ses frères travaillaient pour la C.I.A. L'agence s’est aussi abstenue de faire des commentaires.38



En 1995, le News & Observer de Raleigh en Caroline du Nord, a publié en couverture une photographie couleur montrant le Dalaï-lama recevant l’accolade du sénateur Républicain réactionnaire Jesse Helms, sous le titre "le Bouddhiste fascine le Héros des droits religieux".39 En avril 1999, avec Margareth Thatcher, le Pape Jean Paul II et George Bush premier, le Dalaï-lama a lancé un appel au gouvernement britannique afin qu'il libère Augusto Pinochet, l'ancien dictateur fasciste du Chili et un client de longue date de la C.I.A. et qui avait été appréhendé alors qu'il était en visite en Angleterre. Il a vivement recommandé que Pinochet ne soit pas forcé d'aller en Espagne où il était requis par un juge espagnol pour passer en justice pour des crimes contre l'humanité.



Aujourd'hui, surtout via la National Endowment for Democracy (NED) et d'autres canaux qui sonnent plus respectablement que la C.I.A., le Congrès US continue d'allouer 2 millions de $ par an aux Tibétains en Inde, plus quelques millions complémentaires pour "des activités démocratiques" dans la communauté d'exil tibétaine. Le Dalaï-lama obtient aussi de l'argent du financier George Soros, qui dirige Radio Free Europe/Radio Liberty, la radio créée par la C.I.A., ainsi que d'autres instituts.40


La question de la culture


On nous a dit que quand le Dalaï-lama gouvernait le Tibet, le peuple vivait dans une symbiose satisfaisante et tranquille avec leurs seigneurs monastiques et séculiers, selon un ordre social fondé sur une culture profondément spirituelle et non violente inspirée par des enseignements religieux humains et pacifiques. La culture religieuse tibétaine était le ciment social et le baume réconfortant qui maintenaient les lamas riches et les paysans pauvres liés spirituellement et … pour soutenir ces prosélytes qui considèrent le vieux Tibet comme un modèle de pureté culturelle, un paradis terrestre.



On peut se rappeler les images idéalisées de l'Europe féodale présentées par des catholiques conservateurs contemporains comme G. K. Chesterton et Hilaire Belloc. Pour eux, la chrétienté médiévale était un monde de paysans satisfaits vivant dans un lien spirituel profond avec leur Église, sous la protection de leurs seigneurs.41 A nouveau, nous sommes invités à accepter une culture particulière selon ses propres canons, qui signifie l'accepter tel qu'elle est présentée par sa classe privilégiée, par ceux du sommet qui en ont profité le plus. L'image du Shangri-La du Tibet n'a pas plus de ressemblance avec la réalité historique que ne l'a l'image idéalisée de l'Europe médiévale.



Quand il est vu dans toute son effroyable réalité, le vieux Tibet confirme que la culture n’est absolument pas neutre. La culture peut faire office de couverture de légitimation à une foule de graves injustices, bénéficiant à une portion de la population d’une société au grave détriment d’autres segments de cette population. Dans le Tibet théocratique, les intérêts dominants manipulaient la culture traditionnelle pour consolider leur richesse et leur pouvoir. La théocratie assimilait les pensées et les actions rebelles à des influences sataniques. Elle propageait la supposition générale de la supériorité du seigneur et de l’infériorité du paysan. Le riche était représenté comme méritant sa belle vie et le pauvre comme méritant sa misérable existence, le tout codifié en enseignements à propos de la succession karmique des vertus et des vices issus de vies passées et présenté comme l’expression de la volonté de Dieu.



Il pourrait être dit que nous, citoyens du monde laïc moderne, ne pouvons pas saisir les équations du bonheur et de la douleur, le contentement et la coutume qui caractérisent des sociétés plus traditionnellement spirituelles. Cela peut être vrai et cela peut expliquer pourquoi certains d'entre nous idéalisent de telles sociétés. Mais tout de même, un œil énucléé est un œil énucléé, une flagellation est une flagellation, et l'exploitation oppressante des serfs et des esclaves est toujours une injustice de classe brutale quels que soient ses emballages culturels. Il y a une différence entre un lien spirituel et un esclavage humain, même quand tous les deux existent côte à côte.



Bon nombre de Tibétains ordinaires souhaitent le retour du Dalaï-lama dans leur pays mais il apparaît que relativement peu souhaite un retour à l’ordre ancien qu’il représente. Une histoire publiée en 1999 dans le "Washington Post" note qu’il continue à être révéré au Tibet, mais …



... peu de Tibétains accueilleraient un retour des clans aristocratiques corrompus qui se sont enfuis avec lui en 1959, et cela comprend la plus grande partie de ses conseillers. Beaucoup de fermiers tibétains, par exemple, n'ont aucun intérêt à recéder la terre qu'ils ont gagnée pendant la réforme agraire que la Chine a imposée aux clans. Les anciens esclaves du Tibet disent qu'ils, eux aussi, ne veulent pas que leurs anciens maîtres reviennent au pouvoir.

"J'ai déjà vécu cette vie une fois auparavant", a dit Wangchuk, un ancien esclave de 67 ans qui portait ses meilleurs vêtements pour son pèlerinage annuel vers Shigatse, un des sites les plus saints du Bouddhisme tibétain. Il a dit qu'il vénérait le Dalaï-lama, mais a ajouté, "je ne peux pas être libre sous le communisme chinois, mais je suis dans de meilleures conditions que quand j'étais un esclave."42



Kim Lewis qui a étudié les méthodes de guérison avec un moine bouddhiste à Berkeley en Californie a eu l’occasion de parler longuement avec plus d’une dizaine de femmes tibétaines qui vivaient dans le bâtiment du moine. Quand elle demanda comment elles se sentaient à l’idée de retourner dans leur pays d’origine, le sentiment était unanimement négatif. Au début, Lewis pensait que leur répugnance avait un rapport avec l’occupation chinoise mais elles l’informèrent vite qu’il en était tout autrement. Elles dirent qu’elles étaient extrêmement reconnaissante "de ne pas avoir du se marier à 4 ou 5 hommes, de ne pas devoir être enceinte presque tout le temps", ou de devoir supporter des maladies sexuellement transmissibles contractées par un mari errant. Les plus jeunes femmes "étaient enchantées de recevoir une éducation et ne voulaient absolument rien à voir avec une quelconque religion, et se demandaient pourquoi les Américains étaient si naïfs". Elles racontèrent les histoires des épreuves de leur grand-mère avec des moines qui les utilisaient comme "épouses de sagesse", leur disant "qu’elles gagneraient énormément de mérites en fournissant les ‘moyens de l’éblouissement’ – après tout, Buddha avait besoin d’être avec une femme pour atteindre l’illumination".



Les femmes interviewées par Lewis parlèrent avec amertume au sujet de la confiscation de leurs jeunes garçons par les monastères au Tibet. Quand un enfant criait après sa mère, il lui était dit "Pourquoi la réclames-tu, elle t’a abandonné – elle est juste une femme." Parmi les autres problèmes, il y avait notamment "l’homosexualité endémique dans la secte Gelugpa. Tout n’était pas parfait au Shangri-la", opine Lewis."43



Les moines qui ont obtenu l’asile politique en Californie ont fait une demande pour obtenir la sécurité sociale. Lewis, elle-même une partisane pendant un temps, les a aidé pour les documents administratifs. Elle observe qu’ils continuent à recevoir des chèques de la sécurité sociale d’un montant de 550 à 700 dollars par mois avec Medicare et MediCal. En plus, les moines résident sans payer de loyer dans d’agréables appartements équipés. "Ils ne paient aucune charge, ils ont l’accès gratuit à internet avec des ordinateurs mis à leur disposition, ainsi que des fax, des téléphones fixes et portables et la télévision câblée." En plus, ils reçoivent un traitement mensuel de leur ordre. Et le centre dharma prend une collection spéciale de ses membres (tous américains), distinct de leurs devoirs de membres. Certains membres effectuent avec passion les tâches ménagères pour les moines, notamment les courses chez l’épicier, l’entretien de leurs appartements et leurs toilettes. Ces même saints hommes "ne voient aucun problème à critiquer l’obsession des Américains pour les choses matérielles".44



Soutenir le renversement de la vieille théocratie féodale par la Chine ne signifie pas applaudir à tout ce que fait l'autorité chinoise au Tibet. Ce point est rarement compris par les adhérents du Shangri-La aujourd'hui à l'Ouest.



L'inverse est aussi vrai. Dénoncer l'occupation chinoise ne signifie pas que nous devons idéaliser l'ancien régime féodal. Une complainte commune parmi les prosélytes bouddhistes à l'Ouest est que la culture religieuse du Tibet est sapée par l’occupation. Cela semble vraiment être le cas. Nombre de monastères sont fermés et la théocratie est passée dans l’histoire. Ce que je mets en doute ici est la nature soi-disant admirable et essentiellement spirituelle de cette culture d'avant l'invasion. En bref, nous pouvons préconiser la liberté religieuse et l'indépendance pour le Tibet sans devoir embrasser la mythologie d'un Paradis Perdu.



Finalement, il devrait être noté que la critique posée ici ne doit pas être considérée comme une attaque personnelle contre le Dalaï-lama. Quel que soit ses associations passées avec la C.I.A. et certains réactionnaires, il parle souvent de paix, d'amour et de non-violence. Et il ne peut lui-même être réellement blâmé pour les abus de l’ancien régime, n’ayant que 15 ans quand il s’enfuit en exil. En 1994, dans une interview avec Melvyn Goldstein, il dit en privé qu'il était depuis sa jeunesse en faveur de la construction d'écoles, "de machines" et de routes dans son pays. Il prétend qu'il pensait que la corvée (travail forcé non payé d’un serf au profit du seigneur) et certains impôts imposés aux paysans étaient "extrêmement mauvais". Et il n'aimait pas la façon dont les gens étaient surchargés avec des vieilles dettes parfois transmises de génération en génération.45 En outre, il propose maintenant la démocratie pour le Tibet, caractérisée par une constitution écrite, une assemblée représentative et d'autres attributs démocratiques essentiels.46



En 1996, le Dalaï-lama a fait un communiqué qui a du avoir un effet dérangeant dans la communauté en exil. Il dit en partie ceci :



De toutes les théories économiques modernes, le système économique marxiste est fondé sur des principes moraux, tandis que le capitalisme n’est fondé que sur le gain et la rentabilité. Le marxisme est basé sur la distribution de la richesse sur une base égale et sur l'utilisation équitable des moyens de production. Il est aussi concerné par le destin des travailleurs - qui sont la majorité - aussi bien que par le destin d'entre ceux qui sont défavorisés et dans le besoin, et le marxisme se soucie des victimes de minorités exploitées. Pour ces raisons, le système m'interpelle et il semble juste ... Je me considère moi-même comme demi-marxiste et demi-bouddhiste.47



Et plus récemment, en 2001, en visitant la Californie, il a fait remarquer que "le Tibet, matériellement, est très, très en arrière. Spirituellement, il est tout assez riche. Mais la spiritualité ne peut pas remplir nos estomacs."48 Voici un message qui devrait être pris en compte par les prosélytes bouddhistes bien alimentés en Occident qui dissertent avec nostalgie sur le vieux Tibet.



Ce que j'ai essayé de défier, ce sont le mythe du Tibet, l'image du Paradis perdu d'un ordre social qui, en fait, n’était rien de plus qu'une théocratie rétrograde de servage et de pauvreté, où une minorité privilégiée vivait richement et puissamment au prix du sang, de la sueur et des larmes de la majorité. On est loin du Shangri-la.




Notes :

1. Melvyn C. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon : China, Tibet, and the Dalai Lama (Berkeley : University of California Press, 1995), 6-16.

2. Mark Juergensmeyer, Terror in the Mind of God, (Berkeley : University of California Press, 2000), 113.

3. Kyong-Hwa Seok, "Korean Monk Gangs Battle for Temple Turf", San Francisco Examiner, December 3, 1998.

4. Dalai Lama quoted in Donald Lopez Jr., Prisoners of Shangri-La : Tibetan Buddhism and the West (Chicago and London : Chicago University Press, 1998), 205.

5. Stuart Gelder and Roma Gelder, The Timely Rain : Travels in New Tibet (New York : Monthly Review Press, 1964), 119, 123.

6. Pradyumna P. Karan, The Changing Face of Tibet : The Impact of Chinese Communist Ideology on the Landscape (Lexington, Kentucky : University Press of Kentucky, 1976), 64.

7. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 62 and 174.

8. As skeptically noted by Lopez, Prisoners of Shangri-La, 9.

9. Melvyn Goldstein, William Siebenschuh, and Tashì-Tsering, The Struggle for Modern Tibet : The Autobiography of Tashì-Tsering (Armonk, N.Y. : M.E. Sharpe, 1997).

10. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 110.

11. Anna Louise Strong, Tibetan Interviews (Peking : New World Press, 1929), 15, 19-21, 24.

12. Quoted in Strong, Tibetan Interviews, 25.

13. Strong, Tibetan Interviews, 31.

14. Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet 1913-1951 (Berkeley : University of California Press, 1989), 5.

15. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 175-176; and Strong, Tibetan Interviews, 25-26.

16. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 113.

17. A. Tom Grunfeld, The Making of Modern Tibet rev. ed. (Armonk, N.Y. and London : 1996), 9 and 7-33 for a general discussion of feudal Tibet; see also Felix Greene, A Curtain of Ignorance (Garden City, N.Y. : Doubleday, 1961), 241-249; Goldstein, A History of Modern Tibet 1913-1951, 3-5; and Lopez, Prisoners of Shangri-La, passim.

18. Strong, Tibetan Interviews, 91-92.

19. Strong, Tibetan Interviews, 92-96.

20. Waddell, Landon, and O'Connor are quoted in Gelder and Gelder, The Timely Rain, 123-125.

21. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, 52.

22. Heinrich Harrer, Return to Tibet (New York : Schocken, 1985), 29.

23. See Kenneth Conboy and James Morrison, The CIA's Secret War in Tibet (Lawrence, Kansas : University of Kansas Press, 2002); and William Leary, "Secret Mission to Tibet", Air & Space, December 1997/January 1998.

24. On the CIA's links to the Dalai Lama and his family and entourage, see Loren Coleman, Tom Slick and the Search for the Yeti (London : Faber and Faber, 1989).

25. Leary, "Secret Mission to Tibet".

26. Hugh Deane, "The Cold War in Tibet", CovertAction Quarterly (Winter 1987).

27. George Ginsburg and Michael Mathos, Communist China and Tibet (1964), quoted in Deane, "The Cold War in Tibet". Deane notes that author Bina Roy reached a similar conclusion.

28. See Greene, A Curtain of Ignorance, 248 and passim; and Grunfeld, The Making of Modern Tibet, passim.

29. Harrer, Return to Tibet, 54.

30. Karan, The Changing Face of Tibet, 36-38, 41, 57-58; London Times, 4 July 1966.

31. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 29 and 47-48.

32. Tendzin Choegyal, "The Truth about Tibet", Imprimis (publication of Hillsdale College, Michigan), April 1999.

33. Karan, The Changing Face of Tibet, 52-53.

34. Elaine Kurtenbach, Associate Press report, San Francisco Chronicle, 12 February 1998.

35. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, 47-48.

36. Report by the International Committee of Lawyers for Tibet, A Generation in Peril (Berkeley Calif. : 2001), passim.

37. International Committee of Lawyers for Tibet, A Generation in Peril, 66-68, 98.

38. Jim Mann, "CIA Gave Aid to Tibetan Exiles in '60s, Files Show", Los Angeles Times, 15 September 1998; and New York Times, 1 October, 1998; and Morrison, The CIA's Secret War in Tibet.

39. News & Observer, 6 September 1995, cited in Lopez, Prisoners of Shangri-La, 3.

40. Heather Cottin, "George Soros, Imperial Wizard", CovertAction Quarterly no. 74 (Fall 2002).

41. The Gelders draw this comparison, The Timely Rain, 64.

42. John Pomfret, "Tibet Caught in China's Web", Washington Post, 23 July 1999.

43. Kim Lewis, correspondence to me, 15 July 2004.

44. Kim Lewis, additional correspondence to me, 16 July 2004.

45. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, 51.

46. Tendzin Choegyal, "The Truth about Tibet."

47. The Dalai Lama in Marianne Dresser (ed.), Beyond Dogma : Dialogues and Discourses (Berkeley, Calif. : North Atlantic Books, 1996).

48. Quoted in San Francisco Chronicle, 17 May 2001.
Aacitoyen
 
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Re: Tibet et jeux olympiques

Messagede de passage sur ce forum le Sam 19 Avr 2008 04:01

Bonjour et merci pour ces travaux.

Le problème reste que : je ne sais pas ce qui se passe au Tibet, ni ce qui s'y est passé ni ce qui s'y passait... je n'y était pas.

Je me réfère donc plutôt à ce que je suppose être l'intérêt affiché des parties en présence, non pour en déduire qui a fait quoi mais ce qu'il peut être opportun de faire.
L'intérêt du gouvernement de Pékin est la paix car elle apporte le développement et améliore l'image de son pays.
L'intérêt du Dalaï Lama est la paix, la survie de la religion qu'il représente et l'amélioration des conditions de vie du peuple tibétain.
Ces deux parties là sont perdantes.
Et pour ces deux parties, les prolongements occidentaux de cette crise (Boycott etc.) sont une entrave.

Ce pour quoi luttent les occidentaux dans cette histoire, c'est pour "une démocratie" en Chine.
On peut juste déplorer que cette impatience ne vienne retarder l'avènement de ce désir louable.
Que ce soit le gouvernement de Pékin ou le peuple chinois, personne en Chine n'accepterait un changement "imposé" par l'extérieur.
En jouant l'épreuve de force, ils ne font que renforcer la cohésion du peuple chinois avec leur gouvernement. La culture chinoise est ainsi faite, constituée de familles imbriquées de taille de plus en plus grande. Si un membre est attaqué, la famille entière doit se mobiliser pour le défendre. Les choix et évolutions sont décidés par la famille elle-même, ils sont fait par la tête mais prennent impérativement en compte l'ensemble de la famille. Enfin, jamais on ne s'agresse au sein d'une même famille. Ces principes sont naturellement ancrés dans la culture chinoise. Ils valent ce qu'ils valent. Tout manquement a ces principes se paye d'une façon ou d'une autre.

Je met un bémol sur l'idée que s'il y avait eu violence policière, on aurait vu des films de téléphone portable. Une violence policière en Chine est par nature une chose très choquante et incompréhensible. La plupart des témoins qui ne se seraient pas tout simplement mis à l'abri n'auraient aucunement envie d'en faire part à l'extérieur, car ils se sentiraient également "coupable" de l'échec que ça représente. En Chine, on aime son pays, et d'une façon générale, on n'aime en montrer que ce qui est beau et bon. Or il n'y a rien de beau et bon pour la Chine dans une répression policière.
Si des images d'émeutiers causant des exactions sont passées, c'est très mauvais signe. C'est une manière de les montrer du doigt, c'est bien entendu les condamner et les exclure. Çà veut dire qu'on les hait. Seuls des témoins haïssant la Chine auraient pu vouloir transmettre des images de violences policières et il n'y en a pas forcément beaucoup parmi ceux qui auraient accès a la technologie nécessaire pour envoyer discrètement à l'étranger une vidéo ou une photo. Je dis discrètement car les cybercafé sont des lieux de détente, leurs usagers y vont pour perdre leur temps sur des jeux en ligne ou pour chatter sur QQ. Il n'y a donc aucune confidentialité, tout ce qu'on y fait est largement visible. Une personne haïssant la Chine aurait naturellement peur de le montrer en lieu public. Bref, je ne crois pas qu'on puisse faire parler l'absence d'image sur les répressions policières. Les seules que l'on verra seront celles tournées et mises en scène par la police elle-même si elle a jugé utile d'en faire. Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.

Il est de toute façon quasiment et malheureusement certain, s'il y a eu émeute violente, qu'il y a aussi eu répression violente.
L'inverse est aussi vrais pour une autre raison. Imaginer que le gouvernement ait organisé un petit massacre discret et sans raison la veille des JO est parfaitement absurde. En supposant qu'ils aient un quelconque intérêt à le faire, ils auraient attendu 1 an...

Pour conclure, si l'on veut vraiment que cette région progresse en humanité (quelle région n'a pas besoin de le faire !), il faut chercher les amitiés plutôt que les affrontements.

Dans une conversation que j'ai pu avoir avec des chinois, on a fini par me donner ce proverbe : 家家有本难念的经 qui dit en gros que chaque famille a son propre problème. (c'est aussi un façon polie de suggérer à l'autre famille de se mêler de ses oignons !
de passage sur ce forum
 

Re: Tibet et jeux olympiques

Messagede Aacitoyen le Lun 21 Avr 2008 14:47

Merci pour cette réponse argumentée qui montre une bonne connaissance de la culture chinoise.

L’argumentation du bémol sur l’absence de vidéo montrant les violences policières est plausible, le public chinois ne voulant pas forcément montrer ces horreurs au monde entier.
Cette explication pourrait être la meilleure si nous étions en présence d’une minorité violente et criminelle sans soutien de la population et s’il y avait eu une répression forte mais justifiée par la violence des émeutes.

Mais je pense que nous n’étions pas dans ce cas à Lhasa, la population semble avoir été globalement derrière les manifestants contre les chinois même si elle doit probablement regretter aujourd’hui les crimes qui ont été commis. Pour cela il est intéressant de lire le témoignage des tibétaines sur le blog d’Aurélien, il montre le ressentiment contre les chinois : http://parceque.over-blog.com/article-17722093-6.html
Je pense que dans ce contexte particulier à Lhasa, un certain nombre de tibétains n’aurait pas hésité à mettre en ligne les vidéos des violences policières si elles avaient vraiment existé.

L’hypothèse qui me semble là plus probable est la sous-estimation du problème par les autorités avant le 14 mars, d’où une insuffisance de moyens policiers, et un ordre strict de ne pas utiliser d’armes pour ne pas nuire à l’image des J.O.
Cette hypothèse est celle de James Miles.
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1846
Aacitoyen
 
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Re: Tibet et jeux olympiques

Messagede Aacitoyen le Lun 21 Avr 2008 22:01

Discours prononcé par un étudiant chinois lors de la manifestation du 19 avril 2008, sur la Place de la République à Paris, rassemblant 5000 personnes. (Source : Commentaire sur le blog de Jean-Luc Mélenchon)


Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, Mes chers amis français et chinois,

Bonjour !

Je voudrais tout abord saluer les Pa ri siens et la préfecture de Paris, qui nous ont accordé ce moment, ce lieu pour notre réunion. Une des rares, mais le plus grand rassemblement des chinois en France et en Europe.

Je voudrais dire quelques mots au nom des étudiants qui ont fait des centaines kilomètres, venu des autres villes, en bus, en train, ou en voiture. Beaucoup ne peuvent pas venir nous joindre ici, mais je vous transmet leur attachement pareil à la Chine, à la France, aux français, à l’amitié franco-chinoise.

Dans cette campagne de désinformation et de diabolisation de la Chine, nous, les étudiants chinois à l’étranger, nous sentons très mal, nous sommes blessés sentimentalement, mais nous ne nous en voulons pas des français, car le responsable n’est pas vous, mais certaines presses irresponsables et des agitateurs professionnels.

Comme toutes les professions, le journalisme a une éthique professionnelle à respecter. Le journalisme exige l’impartialité, l’objectivité, la vérification des informations, et la modération des commentaires.

En aucun cas, il est acceptable de la calomnie, les accusations sans preuves, la déformation des faits.

Pendant ces événements récents, certains journalistes sortent de leur rôle qui devrait rester celui d’informer, pour se transformer en justiciers détenteurs de vérités premières, de plus avec un simplissime délirant. Un petit gentil et un grand méchant, leurs rôles sont distribués ainsi dés le début !

En suite on cherche tous les moyen à justifier ces deux rôles. Entre autres, on sélectionne un peu l’histoire, en supposant que la révolution chinoise est une invasion pour une partie intégrale de la Chine, sans parler du tout la théocratie obscure que ont subit les 95% de la population tibétaines, on parle de manifestation pacifique des moines tibétains, on prend les policiers népalais pour la force de l’ordre chinoise, on prends les images il y a 20 ans pour aujourd’hui, on diffuse les informations sans aucune vérification, les chiffres de morts, les témoignages peu crédibles etc.

Les témoignages des touristes étrangers, et les vidéos qu’ils ont pris, montrent une telle violence envers les innocents, personne, sauf l’arrêt sur image, a parlé de lynchage des jeunes sur les passants innocents. Le pire, c’est que certaines presses irresponsables nous inventent, nous imposent une hypothèse d’une répression sanglante, sans aucune preuve fiable et impartiale.

On invite rarement les chinois à s’exprimer dans la presse, quand il y en a, c’est souvent le mettre sur la place de l’accusé, avec un nombre beaucoup plus important de magistrats.

Oui, critiquer le gouvernement chinois pour sa fermeture d’information, mais non pour inventer des choses.

Cette façon de traiter les informations de ces émeutes du Tibet, est une
Agression médiatique

Un matraquage et une Duperie idéologique,

Une hégémonie de parole

Un Campagne de désinformationUne calomnie grossière

Les première victimes sont les français, qui sont fraternels et compatissants, qui font confiance aux medias, mais malheureusement manipulés par certains.

Un système d’information qui était un modèle pour nous, pour l’avenir de la Chine, elle ne l’est plus. L’opinion publique n’est pas à manipuler, ni en Chine, ni ailleurs. C’est une autre forme de censure dans “un système de presse libre”.

Et la paresse intellectuelle de certains hommes politiques, qui forment ‘l’élite française’, nous étonne énormément.

Le droit de l’homme, pour certains c’est l’ordre de la croisade, et le bouc d’émissaire de toutes agitations irresponsables pour des buts politiques, comme pour Monsieur Robert Menard.

Pourquoi il n’était nulle part quand les tortures se répètent dans les prisons de Guantanamo, quand les iraquiens étaient outragés par les soldat américains ? Ce n’est pas un aveuglement sélectif ça ?

UNESCO a mis un terme à son soutien de RSF et a expliqué, dans une déclaration, que RSF avait fait preuve à plusieurs reprises d’une absence d’éthique en traitant certains pays de façon très peu objective.
Pour quoi Alors?

Prenons des informations disponibles sur internet, et avouées par notre Robert, nous comprenons que RSF est financée par les associations très proches de la CIA, que fait le CIA ? Subversion des états hostiles à l’hégémonie américaines, ou simplement nuisance a leur image pour les intérêts des Etats Unis.

Monsieur Robert Menard, vous êtes un simple laquais des néo conservateur américains, dites à vos maitres, le monde appartient aux peuples qui aiment la paix et l’amour, le monde n’appartient pas, et n’appartiendra jamais aux néo conservateurs américains, qui sont les promoteurs de la guerre et la haine !

Nous, les étudiants chinois à l’étranger, nous sentons très mal, nous sommes blessés sentimentalement, mais nous ne nous en voulons pas des français,

Ce sont nous le pont des échanges d’information et d’expérience entre deux monde bien différents, les premiers victimes aussi, de ce conflit culturel, idéologique et surtout politiques.

Les chinois en Chine font beaucoup de confiance sur l’avis des étudiants à l’étranger sur l’extérieure. La perception et la vision des chinois sur les étrangers dépend des ressentis de cette communauté étudiante.

Face à la campagne d’accusation du média occidental en inventant ou en désinformant, beaucoup parmi nous, les étudiants se relèvent pour débattre sur internet, pour réclamer la vérité. Nous remarquons tous que, les français ont des préjugés profonds à l’égard de la Chine, qui sont nourris par certaines presses.

L’échec des essaies sincères d’échange font mal, de plus ils sont moqués et ridiculisés. Ils sont traité des agents de pékin, les gardes rouges communistes, en sachant que ce sont eux les plus occidentalisés des chinois.

Sous les cris de boycotter les JO, boycotter la Chine , Tibet libre, une méfiance, une hostilité du peuple chinois envers l’occident est en train de grandir.

Le gouvernement chinois est loin d’être parfait, c’est aussi radicule de dire qu’il est le meilleur du monde que de dire qu’il est le pire. Mais notre génération, nous, les jeunes de 20-30 ans, nous vivons depuis notre enfance pleinement l’amélioration de niveau de vie et l’évolution de la liberté en Chine.

Nous sommes étonnés, c’est au moment que tout va dans le bon sens, que nous vivons mieux qu’avant, à ce moment, qu’il y a plus de monde à l’extérieur qui veulent nous “sauver” de la “plus grande dictature du monde” Où étiez-vous avant?

Nous, les plus occidentalisé de la Chine, nous avons plein de confiance en avenir. Oui, la Chine a beaucoup de progrès à faire encore, nous, les chinois, nous sommes plus confiants que jamais pour les réaliser.

La Chine a une autre culture, une autre Histoire, une autre dimension. La sociologie n’est pas une science exacte comme la mathématique, il y a trop de variables pour arriver à un “modèle universel” dans cette matière.

Les chinois évoluent, la Chine évolue, même le parti communiste évolue, les vieux conservateurs communistes sont et seront en retraite, la jeune génération est beaucoup plus ouverte et pragmatique. Laissons nous le temps, laissons l’évolution de la Chine à nous, les jeunes étudiants chinois à l’étranger, qui porteront les bons éléments du système occidental en Chine.

Allez en Chine, pour voir une Chine réelle complète, une Chine que beaucoup de médias occidentaux ne vous montrent pas, allez au Tibet, pour constater avec vos propres yeux la “génocide culturelle” si elle existe, si la langue tibétaine est “en disparition”, si les moines sont libre de pratiquer leur croyance, si les tibétains vivent mieux que sous la théocratie avec Dalai Lama. Discutez avec les tibétains âgés, de leur inoubliable “paradis du bouddhisme”.

Il nous faut plus de communication directe, plus de connaissance mutuelle, nous allons continuer à y contribuer.

Nous, les étudiants, nous soutenons les JO, ce peuple qui fait un cinquième de l’humanité les vaut bien.

A qui appartiennent ces JO ? A vous, à moi, à nous, à nous tous, à tous les peuples du monde. Ce n’est pas des jeux politiques, mesdames messieurs les politiciens, et les laquais des force politiques hostiles à la Chine, laissons nous les jeux, arrêtez de polluer les JO,

La Chine comme le pays hôte, voudrais offrir le plus beaux cadeaux aux peuples du monde, des millions de chinois y ont consacré des années pour y arriver. Ils ouvrent pleinement leur bras pour accueillir les amis du monde entier.

Quand la flamme passe partout dans le monde, le message est unique, venez, le peuple chinois vous attendent pour cette fêtes de toute l’Humanité.

Quand certaines presse parle d’une claque à la Chine, après le passage outragé par les agitateurs professionnels de cette flamme de paix et d’amitié entre les peuples à Paris, je pense que c’est effectivement une claque, mais pas à la Chine, mais au peuple chinois, au peuple français, à tous les peuples qui aiment les JO.

Beaucoup ont peur de la Chine, cette peur est venu de méconnaissance, d’où l’intérêt de nous communiquer directement, à travers nous, ce pont solide et fidèle à cette amitié.

La Chine et sa culture est pour nous pacifique, son Histoire montre qu’elle était envahit sans cesse par les pays extérieures, et en suite, les envahisseurs sont devenus, presque tous une partie de la Chine.

Je pense que c’est là la grandeur d’une culture de 5000 années. Inquiétant? Peut être, mais la culture est vivante. Quand vous utilisez les baguettes dans les restaurants chinois ou asiatiques en général, la culture chinoise vous ouvre pleinement ses bras.

La diabolisation de la Chine va éloigner les chinois de l’Occident, va allonger la distance entre les peuples.

Communiquons!

Nous avons un message à faire passer, un message très sincère, nous, les étudiants chinois, nous ne voulons pas d’hostilité entre les deux peuples, les deux pays, QUI N’EST NI LUCIDE NI UTILE A QUOI QUE CE SOIT. En ayant deux cultures, nous voulons être un pont, un messager entre les deux peuples. Nous vous parlerons des sentiments et de l’émotion des chinois, et nous transmettrons les bonnes intentions des français en Chine. Ce pont la, croyez moi, il sera solide, plus que jamais, plus nécessaire que jamais, dans une situation extrêmement dommageable comme aujourd’hui.

Mes chers amis français, vous êtes tous bienvenus à la maison, même pour ceux qui veulent « foutre le bordel » à Pékin, nous les aiderons à trouver une bonne assurance qui couvre toutes les responsabilités civiles.

A Pékin, mes chers amis !—-Merci ! Merci beaucoup
Aacitoyen
 
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La semaine qui ébranla le Tibet

Messagede Aacitoyen le Mer 23 Avr 2008 01:05

La semaine qui ébranla le Tibet --- d'après Le Temps


• Que s'est-il vraiment passé à la mi-mars sur le Toit du Monde? Des touristes ont assisté au prélude de la révolte de Lhassa, mais la répression a été menée à huis clos.

• En enrichissant les informations disponibles avec de nouveaux témoignages, le journal «Le Monde» s'est efforcé de reconstituer le film des événements.


Sylvie Kauffmann, Brice Pedrolettiet Bruno Philip (avec Frédéric Bobin), Le Monde

Lundi 7 avril 2008
Rubrique: Eclairages

Vendredi 14 mars, Lhassa, la capitale du Tibet chinois, s'embrase. Quelle est la séquence d'événements qui a précédé, scandé puis suivi ce «vendredi noir» qui a brutalement projeté le Tibet sur la scène médiatique et diplomatique mondiale et placé la Chine sur la défensive?

Plus de quinze jours après les faits, bien des zones d'ombre persistent. Les témoignages sont partiels. L'intoxication fait écran. L'impossibilité pour la presse de travailler dans des conditions indépendantes dans un Tibet verrouillé par les forces chinoises hypothèque la recherche de la vérité. Après la grande confusion des premiers jours, il est pourtant possible d'y voir un peu plus clair aujourd'hui.

Tout commence le lundi 10 mars à Lhassa. Au Tibet, le 10 mars est toujours une date sensible: c'est l'anniversaire du soulèvement de Lhassa en 1959. Le 14e dalaï-lama, âgé de 23 ans, avait alors pris la fuite, franchi les cols glacés de l'Himalaya pour se réfugier dans la ville indienne de Dharamsala. Un deuil politique. L'échéance est sensible, pas forcément explosive. Mais ce 10 mars 2008 est très spécial. Les Jeux olympiques de Pékin auront lieu dans cinq mois, les projecteurs de la presse internationale sont braqués sur la Chine scintillante. Pour les Tibétains, c'est une aubaine. Ils entendent bien profiter de ce moment exceptionnel pour faire entendre leur voix.

Combien sont-ils à l'aube de ce lundi? Deux cents? Trois cents? Quatre cents? Il est 6 heures du matin et ils sortent du grand monastère de Drepung, situé à 8 km à l'ouest de Lhassa.

Dans un frémissement de robes grenat, les moines prennent le chemin du centre-ville. Aucun slogan politique n'est proféré. Les bonzes n'exigent qu'une seule chose: la libération de ceux des leurs qui ont été emprisonnés en octobre 2007 pour avoir malicieusement célébré une victoire diplomatique du dalaï-lama. A Washington, le chef spirituel des Tibétains avait alors reçu - des mains de George Bush! - la médaille d'or du Congrès américain. A Drepung, certains murs du monastère ont, comme par hasard, été repeints en blanc au lendemain de l'événement. Le défi silencieux n'avait pas échappé à la police chinoise. Les meneurs présumés avaient été arrêtés.

Les moines marchent, donc. La petite cohorte ne tarde pas à buter sur un barrage de forces de l'ordre. Face à la haie de boucliers, les religieux s'assoient sur le macadam. Le sit-in dure quelques heures avant que l'assemblée ne se disperse. A ce stade, la police est prudente. Elle a apparemment reçu des consignes de retenue. Au crépuscule, un nouvel attroupement se forme. Au centre-ville, cette fois-ci. Des moines et des étudiants se retrouvent au cœur de la place Barkhor. Ils se déploient en cercle, main dans la main. Policiers en uniforme ou en civil sont présents en masse. Six ou sept manifestants sont embarqués. Le fond de l'air est lourd à Lhassa.

Le lendemain, mardi 11 mars, le ciel au-dessus de Lhassa est toujours aussi bleu, ce bleu pur des altitudes himalayennes, mais le climat est orageux. Des moines de Drepung sortent à nouveau sur la chaussée, galvanisés par les arrestations de la veille. Ils sont aussitôt suivis par d'autres religieux du monastère de Sera, situé à 4 km au nord de la vieille ville. Ces derniers brandissent des drapeaux tibétains. Des incidents éclatent en fin de matinée quand la police chinoise, appuyée par des forces paramilitaires de la Police armée du peuple (PAP), décide de disperser les manifestants manu militari. Des grenades lacrymogènes sont tirées, les moines sont frappés à coups de matraque.

Mercredi 12 mars, la tension monte encore d'un cran. Les rumeurs de tentatives de suicide de deux moines de Drepung, qui se seraient tranché le poignet, enfièvrent les esprits. D'autres moines de Sera auraient entamé une grève de la faim. Dans ce même monastère de Sera, des moines sont battus par la police, rapporte un témoin à la BBC.

Un touriste européen, familier de la Chine et qui était alors en vacances à Lhassa, rapporte qu'à partir de ce moment le quartier tibétain est quadrillé par la police. «Tous les 10 à 15 mètres, en travers du circuit de pèlerinage autour du temple du Jokhang, dans la rue, une table avait été installée avec quatre chaises et des policiers», raconte-t-il au Monde.

Le Jokhang est le cœur du vieux Lhassa, le saint des saints devant lequel se prosternent des dizaines de pèlerins venus parfois des coins les plus reculés du Tibet. Mains jointes au-dessus de la tête, ils s'agenouillent, se jettent sur le sol, renouvellent leurs génuflexions après avoir complété, dans le sens sacré des aiguilles d'une montre, les deux cercles de la circumambulation autour du Jokhang. C'est autour de ce temple que se nouera la tragédie quelques jours plus tard. Au Jokhang, les religieux sont cantonnés au premier étage, où ils vivent. Le jeudi 13, l'un d'eux se penche à une fenêtre et parvient à laisser tomber à des touristes: «Not so good here», selon un visiteur européen.

Le vendredi 14 mars, la mécanique infernale est en place. Après les monastères de Drepung et de Sera, c'est le temple de Ramoche qui entre en action. En fin de matinée, à l'issue de la prière, une marche de moines s'esquisse mais la police la bloque aussitôt. Les religieux s'assoient par terre. Vers 14heures, le touriste interrogé par Le Monde voit des dizaines de camions militaires filer vers le quartier tibétain. «Les moines ont refusé de bouger, lui explique son guide. La police les a attaqués et les gens ont réagi en mettant le feu à un véhicule militaire. «Les «gens» ont donc «réagi».

La grande nouveauté, c'est que les badauds tibétains se jettent dans la mêlée. Des volées de pierres s'abattent sur les boucliers de la PAP, qui cède sous l'assaut. C'est l'émeute. La foule en furie gagne la rue de Pékin, l'artère principale qui traverse Lhassa d'est en ouest, puis se répand dans les allées de la vieille ville.

La colère des Tibétains, laïques et moines confondus, se déchaîne contre tout ce qui symbolise des dizaines d'années de colonisation chinoise. Les émeutiers caillassent des camions de la police, s'en prennent aux bureaux de l'agence de presse Chine nouvelle, aux bâtiments de la sécurité publique, au complexe commercial Baiyi, à une mosquée dont la porte flambe. Ils frappent avec violence des Chinois han croisés en chemin, incendient toutes les échoppes appartenant à des non-Tibétains. Une nappe de fumée noire recouvre Lhassa.

Dans ce chaos général, les rancœurs longuement accumulées entre Tibétains et migrants han ou hui (musulmans), qui détiennent l'essentiel du commerce à Lhassa, explosent en haine nue. L'émeute prend un caractère ouvertement racial. «C'était un déversement de violence ethnique de la nature la plus déplaisante qui soit», a raconté James Miles, correspondant à Pékin de The Economist et seul journaliste étranger présent à Lhassa ce jour-là.

Le correspondant de l'hebdomadaire allemand Die Zeit, George Blum, débarque, lui, le lendemain. Il découvre l'étendue des dégâts en se promenant dans la vieille ville quasi déserte. Il est frappé «par l'ampleur des destructions et les traces d'une violence telle qu'elle a choqué certains Tibétains, pourtant très anti-chinois». Des jeunes ayant participé aux émeutes crânent devant lui. Ils s'écrient: «On leur a montré, aux Chinois, ce dont on était capables!...»

L'émeute va durer jusqu'au samedi 15 mars en milieu de journée. Le bilan est lourd. Selon les autorités chinoises, il est de 22morts, dont la plupart sont des «innocents» brûlés dans l'incendie de leur domicile. Pour l'entourage du dalaï-lama, il est d'environ 140 morts, dont de nombreux tués durant la répression policière qui a suivi. Selon certains témoins tibétains il y aurait eu 26 morts, dans la seule prison de Drapchi. Mais aucune image disponible n'illustre une répression sanglante, alors que nombre de documents attestent des agressions raciales anti-han et anti-hui. C'est la grande force de la propagande chinoise.

Vendredi et samedi matin, des touristes ont vu des véhicules blindés de transport de troupes équipés de canons sillonner les grandes artères. Ils ont entendu des coups de feu, des rafales de mitraillettes. Mais s'agissait-il de tirs de semonce? ou de tirs à vue? Nul ne sait, les témoignages des étrangers sont auditifs, pas visuels. Certains Tibétains affirment, eux, avoir vu tomber sous leurs yeux des victimes dès vendredi. «La police a tiré sur la foule à balles réelles», rapporte un témoin sur Radio Free Asia.

La répression s'est abattue à partir de samedi midi dans la vieille ville bouclée, fermée, à l'abri de tout regard. Les touristes étrangers ont été pressés de quitter les lieux. On sait que les raids policiers se sont multipliés, que des coups de filet massifs ont eu lieu. Mais on n'en connaît pas les circonstances précises, ni le nombre des éventuelles victimes. Lhassa est devenue une «boîte noire» où le pire est imaginable, mais pour l'instant rien ne peut être prouvé.

Dans cette folle histoire, un autre mystère, très troublant, méritera un jour d'être expliqué: les forces chinoises, pourtant massivement déployées, auront attendu vingt-quatre heures pour «nettoyer» le terrain en employant les grands moyens, laissant les émeutiers piller, brûler et détruire en toute liberté. Etaient-elles débordées? Avaient-elles reçu des consignes de modération afin d'éviter un bain de sang en images, un «Tiananmen» tibétain qui eût été fatal aux JO de Pékin? Ou était-ce du machiavélisme consistant à laisser le chaos s'installer en ville - fût-ce au prix de vies «innocentes» - afin de justifier une répression à guichets fermés? L'histoire des émeutes de Lhassa reste à écrire.

Mais déjà les regards se portent ailleurs. Il n'y a pas qu'à Lhassa que le Tibet s'est soulevé. La révolte s'est propagée à l'extérieur de la Région autonome, c'est-à-dire hors du Tibet strictement administratif. Dans les régions de peuplement tibétain de l'Amdo et du Kham, rattachées aujourd'hui aux provinces chinoises du Qinghai, du Gansu, du Sichuan et du Yunnan, une trentaine de foyers de protestation ont été répertoriés. L'univers tibétain, malgré son éclatement administratif et géographique, a réagi de manière solidaire. Dès le 15 mars, des centaines de moines du monastère de Labrang, à Xiahe (province du Gansu), organisent une marche demandant le retour du dalaï-lama, et se heurtent aux boucliers de la Police armée du peuple. Très vite, plusieurs localités de l'Amdo et du Kham connaissent à leur tour des troubles.

Il est difficile de déterminer avec certitude si des manifestants ont été tués par les forces de l'ordre lors de ces mouvements, et combien. Mais dans la préfecture tibétaine autonome d'Aba, dans le nord-ouest de la province du Sichuan, le 16 mars, la protestation dégénère: comme à Lhassa, des commerces chinois, des véhicules ainsi qu'un commissariat sont incendiés. Il n'est fait état d'aucune victime chinoise. Les moines du monastère de Kirti parviennent à récupérer les corps de près de 15Tibétains tués par balles. Les photos de huit de ces cadavres ne tardent pas à circuler à l'étranger. Il s'agit quasiment des seuls clichés de la répression chinoise.

D'autres incidents graves éclatent le 24 mars à Luhuo (Drango en tibétain), dans la préfecture autonome de Ganzi dans le Sichuan. Le Monde a obtenu le témoignage d'un Tibétain originaire de la région. «Ce sont les nonnes qui sont descendues les premières dans la rue, le 24 mars vers 16 heures, raconte-t-il. Leur monastère, Ngyoe-go, est à une dizaine de kilomètres de la principale ville du district. Elles ont défilé en demandant le retour du dalaï-lama. La police armée les a bloquées et les a fait monter dans des camions pour les ramener au monastère. Les moines du monastère de Chokri, plus près, sont descendus à leur tour vers la ville. Ils ont été suivis par de nombreux villageois. Les policiers ont voulu leur interdire l'accès aux bâtiments officiels.

»Les gens chantaient, demandaient la liberté pour le Tibet et le retour du dalaï-lama. Puis des heurts auraient eu lieu. Des cailloux ont été lancés vers les policiers. Après, les Chinois ont dit qu'un policier avait été tué par une pierre, mais personne ne l'a vu. La police a tiré. Un jeune moine est mort. Un villageois aurait aussi été tué mais, là, ce n'est pas clair. Le soir même, les forces de police sont montées au monastère des nonnes, les ont fait mettre à genoux et les ont toutes arrêtées, sauf les plus âgées.»

Ces incidents de Luhuo surviennent dans un climat déjà très lourd. Comme partout ailleurs dans les zones tibétaines, les nerfs y sont à vif depuis des mois. La perspective des Jeux olympiques a conduit les autorités à durcir leur contrôle. Dans les marches des régions tibétaines du Sichuan, l'envoyé spécial du Monde a pu constater combien la population était attachée au dalaï-lama. Et combien était profond le désarroi de le voir «errer si loin de son territoire» à un âge de plus en plus avancé. Bien avant le soulèvement de mars, les appels à un retour du dalaï-lama, émanant de moines ou de nomades, avaient nourri une tension récurrente.

Lors de la campagne d'«éducation patriotique» lancée en septembre 2007 dans toute la préfecture tibétaine de Ganzi, au Sichuan, les policiers et les officiels étaient passés de monastère en monastère pour obliger les moines à dénoncer le dalaï-lama. Afin de s'y dérober, à Batang, raconte un témoin, les moines sont tous partis «en vacances», ne laissant sur place que le responsable du «comité de direction démocratique» qui, dans chaque monastère, est censé être aux ordres du parti. A leur arrivée, ce moine leur a montré le monastère vide et leur a déclaré: «Pourquoi n'essayez-vous pas de faire manger du porc à des hui (musulmans chinois)? Si vous y parvenez, alors nous renoncerons au dalaï-lama.» La colère couvait. Il a suffi de l'étincelle de Lhassa pour embraser les esprits.
Aacitoyen
 
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Droits de l'homme

Messagede Aacitoyen le Sam 26 Avr 2008 00:58

Lorsque l'on parle de la Chine, le premier sujet de discussion qui vient à l'esprit est le problème des droits de l'homme.

C'est assez étonnant car lorsque l'on connaît la Chine, on parle plutôt de culture, gastronomie, musique, paysages, travail, gadgets électroniques, environnement, salaire, vacances. Les chinois sont des gens normaux, il ne parle pas des droits de l'homme à longueur de journée.

Une deuxième chose échappe aussi à beaucoup d'occidentaux. Lorsque l'on veut parler de droits de l'homme en Chine, il faut comprendre que la Chine n'a ni la même langue, ni la même culture. Il est relativement facile de traduire les mots en utilisant un dictionnaire, mais il est beaucoup plus difficile de traduire le concept de droit de l'homme en culture chinoise. Et il n'est pas forcement légitime de juger le concept des droits de l'homme en chine avec des jugements de valeurs basés sur la culture occidentale. Par quel principe la culture occidentale primerait sur la culture chinoise pour juger ce qui se passe en Chine ?

Cette différence de culture est difficile a expliquer en quelques lignes, mais je me permet de recopier ici l'intervention d'une chinoise dans le blog de Jean-Luc Melenchon (j'ai corrigé quelques fautes d'expressions pour faciliter la lecture)

1. « le droit de l’homme » est un mot importé, les chinois ne sont pas doués pour l’utiliser. Pour nous, c’est « la justice », «la justice du ciel » etc, les chinois ont un système de valeurs autour de ses mots qui ne sont pas les mêmes que les vôtres. Ex, pour les chinois, « une vie récompense une autre vie », c’est la « justice » ! Si quelqu’un a tué une autre personne, il doit mourir pour ce qu’il a fait. Ceci est inscrit dans la mentalité. Contrairement aux médias occidentaux, j’ai entendu beaucoup de plainte en Chine telle que : pourquoi laisser le tueur vivre, il n’y a plus de justice pour la famille du mort. (parce que depuis des années, la peine de mort se transforme souvent en peine en prison à durée indéterminée). Les médias occidentaux attaquent la Chine pour les nombreuses peines de mort, sans se soucier de la culture chinoise, sans se soucier de la réalité en Chine, ils font même exprès de cacher le fait qu’il y en a beaucoup moins qu’auparavant… ce n’est pas juste.

2. Quand j’ai vu le slogan sur le mur de l’hôtel de ville à Paris « Paris défend le droit de l’homme du monde entier », j’ai envie de rire. Pour les chinois, cela n’a aucun sens. Pour nous, la vie au quotidien c'est le réel, pas les concepts. Quand je discute avec mes parents, mes amis en Chine, ils disent : « nous voulons aussi, pouvoir descendre dans la rue afin de demander l’augmentation du salaire, mais le patron dira : si tu n'es pas satisfait, j’ai 50 personne dernière toi pour te remplacer !» Nos cheminots travaillent dans des conditions beaucoup plus dure que les vôtres, pourtant ils n’ont pas le droit de faire la grève, ils n’y ont jamais pensé d’ailleurs. Nous voudrions tellement avoir 5 voir 10 semaines de congés payés par an, mais qui fera les boulots à nos places ?! Enfin, le problème n’est pas dans la même dimension, les français ont peut-être du mal à se rendre compte de ça, mais c’est la réalité.

3. Le « droit de l’homme » en France, est en faveur de chaque individu, « j’ai le droit de faire ceci, j’ai de droit de faire cela… » En Chine, on entend rarement ce genre de parole, à part les raisons que je vous ai montré ci dessus, il y a aussi l'aspect de la différence de compréhension du mot. A nos yeux, le droit de l’homme, la liberté, est d’abord à la collectivité. Le mot «pays » traduit en chinois est en deux mots « pays, famille », pays d’abord, famille ensuite. La famille va bien que quand le pays va bien. C’est une éducation depuis mon enfance. Vous direz peut être : justement c’est une manipulation de votre gouvernement dictature ! Je ne dis pas non, tous les gouvernements le font d’une manière différente, mais n’oublions pas que ce n’est pas le gouvernement qui a décidé comment appeler un « pays », encore une fois, nous n’avons pas la même culture. En France, les grèves de la SNCF ou les manifestations dans la rue, je les remets en cause au lieu de les considère comme un preuve de « droit de l’homme ». Bien sûr, aujourd’hui vous trouvez aussi de l’individualisme et plus d' « originalité » chez les jeunes chinois.

6. La désinformation de vos médias par rapport la Chine a fait en sorte que pour les français, la "République Populaire de Chine" = révolution culturelle = Place de Tian An Men = répression communiste = peuple malheureux malgré la croissance économique = dangereux = …… Si c’est vrai, pourquoi il y a tant des chinois expatriés qui la défendent ? Pourquoi les chinois qui ont vécu dans les pays « démocratique » et « libre » sont rentrés en Chine finalement ? (dans mon entourage, je connais 10 personnes ayant fait des études à l’étranger dont 7 sont retournés la-bas.) Le « nationalisme » l'explique a peine car les chinois sont plus pragmatisme aujourd’hui. Réellement, je crois qu’il n’y a pas beaucoup de français qui connaissent vraiment le dossier du Tibet, les J.O. sont simplement un tuyau, au travers des événements qui se sont passés dernièrement, j’ai vu un profond « jalousie, préjugé et haine » contre les chinois chez certains français, qui est le vrai problème entre les deux grands peuples.
Aacitoyen
 
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Témoignage du seul journaliste occidental

Messagede Aacitoyen le Sam 3 Mai 2008 01:45

Jours d’émeutes à Lhassa --- Traduction de Contre Info
21 mars 2008

James Miles, seul journaliste occidental présent récemment à Lhassa, décrit la semaine de violence que vient de vivre la capitale. Témoin du pillage du quartier chinois par les émeutiers, puis du bouclage de la ville et de la répression qui a suivi, il estime que la perspective des Jeux Olympiques a conduit les autorités à faire preuve d’une retenue certaine. Miles replace ces évènements dans le contexte du boom économique de la Chine, qui dit-il, a déstabilisé cette société traditionnelle, jalouse de sa culture. La Chine, héritière d’un immense empire continental, est traversée par des forces centrifuges, à l’image de l’Inde et de la Fédération Russe. Les autorités chinoises, comme le Dalai Lama, recherchent un modus vivendi qui ne remette pas en cause l’intégrité territoriale. Il faut espérer que le dialogue entamé par le passé reprenne au plus vite. Dans ce contexte, les Jeux de Beijing sont sans doute la meilleure garantie pour que cette solution pacifique soit couronnée de succès.

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Par James Miles, The Economist, 19 mars 2008

Les commerçants chinois situés dans le vieux quartier tibétain savaient mieux que les forces de sécurité que la ville de Lhassa s’était transformée en une poudrière. Le 14 mars, lorsque s’est rapidement répandue à travers les ruelles étroites la nouvelle que la foule jetait des pierres sur les boutiques chinoises, ils ont fermé leurs magasins et se sont enfuis. Les autorités, prises par surprise, sont restées passives alors que la ville était submergée par ses plus grandes manifestations anti-chinoises depuis des décennies.

Ce qui a débuté, (ou peut-être débuté, car Lhassa bruit de rumeurs.), par le passage à tabac de deux moines bouddhistes par la police s’est transformé en un gigantesque défi politique pour le gouvernement chinois. Les évènements du Tibet jettent une ombre sur les préparatifs des Jeux olympiques à Beijing en août. Les manifestations à Lhassa ont déclenché une vague de protestation dans plusieurs monastères sur une large partie du territoire de la « Région autonome du Tibet » de la Chine et dans les provinces environnantes. On n’avait jamais assisté à une telle agitation dans ces montagnes et ces hauts plateaux depuis le soulèvement de 1959, lorsque le Dalaï Lama, le chef spirituel du Tibet, avait fui vers l’Inde.

Les années de croissance économique rapide, dont la Chine avait espéré qu’elles atténuent les revendications séparatistes, ont provoqué le résultat inverse. Les efforts visant à intégrer plus étroitement la région avec le reste de la Chine, en construisant le chemin de fer le plus élevé du monde, qui relie Beijing à Lhassa, n’ont fait qu’alimenter les tensions ethniques dans la capitale tibétaine. La nuit précédent les émeutes, un fonctionnaire du gouvernement tibétain confiait au correspondant de The Economist que Lhassa était avait retrouvé le calme après les protestations de centaines de moines des monastères proches de la ville qui avaient eu lieu au début de la semaine. Il ne pouvait se méprendre plus.

Le fait qu’un correspondant étranger soit autorisé à séjourner dans la ville donne une indication de l’erreur d’interprétation des autorités au sujet de la colère régnant à Lhassa, une ville que les journalistes étrangers sont rarement autorisés à visiter. En janvier 2007, en préparation aux Jeux olympiques, le gouvernement central a publié une nouvelle réglementation destinée à faciliter leurs déplacements à travers le pays. Mais les voyages au Tibet, restaient soumis à la délivrance d’un permis. La visite de The Economist avait été approuvé avant les protestations des moines le 10 et le 11 mars, mais les autorités avaient estimé contrôler suffisamment la situation pour permettre à ce voyage de se poursuivre comme prévu après le 12 mars. De fait, plusieurs lieux de séjours convenus dans l’itinéraire ont été la scène de troubles.

Les émeutes se sont déclenchées à partir de l’artère principale, la Rue de Beijing (un nom qui évoque la domination coloniale pour de nombreux tibétains), au début de l’après-midi du 14 mars. Elles avaient commencé un peu plus tôt aux abords du temple de Ramoche, situé dans une rue proche, après que deux moines aient été battus par des agents de sécurité. (C’est en tout cas la version des tibétains. La version officielle indique que les troubles ont débuté par des moines jetant des pierres sur la police.) Une foule de plusieurs dizaines de personnes s’est alors déchaînée sur l’avenue, dont certains criaient et jetaient des pierres sur les magasins appartenant à des Chinois d’origine Han (le groupe ethnique auquel appartient plus de 90% de la population chinoise) et sur les taxis, dont la plupart à Lhassa sont conduits par des Hans.

L’émeute s’est rapidement propagée à travers les ruelles de la vieille ville tibétaine, située au sud de la Rue de Beijing. Nombre de ces rues sont bordées de petits commerces, pour la plupart appartenant à des Hans ou des Huis, une ethnie musulmane qui contrôle à Lhassa une grande partie du commerce de la viande. Des foules se sont alors rassemblées, apparemment spontanément, en de nombreuses parties du quartier. Elles ont dévasté les magasins n’appartenant pas aux tibétains, et répandu leurs marchandises dans la rue, avant d’y mettre le feu. Tout ce que contenaient ces boutiques, des quartiers de viande de yak jusqu’à la lessive, était apporté sur ces bûchers. Les émeutiers s’amusaient aussi à jeter au feu des bombonnes de gaz avant d’aller se mettre à l’abri en courant avant l’explosion. Quelques uns scandaient « Vive le Dalaï Lama ! » Et « Tibet libre ! »

Pendant des heures, les forces de sécurité sont peu intervenues. Mais les nombreux Hans qui vivent au-dessus de leurs magasins dans le quartier tibétain se sont empressés de fuir. S’ils ne l’avaient pas fait, il aurait pu y avoir davantage de victimes. (Le gouvernement, de façon plausible, déclare que 13 personnes ont été tuées par les émeutiers, la plupart ayant péri dans les flammes.) Ceux qui étaient restés dans leurs appartements au-dessus des magasins, avaient éteint les lumières pour ne pas être repérés et chuchotaient à voix basse de peur que leur dialecte mandarin puisse être entendu depuis la rue par les tibétains. Une adolescente Han a couru se réfugier dans un monastère, et s’est prosternée devant un religieux revêtu de sa robe rouge, qui a accepté de l’abriter.

Les destructions ont été systématiques. Les magasins appartenant à des tibétains étaient signalés comme tels par des foulards blancs traditionnels nouès sur la devanture. Ils ont ainsi échappé à la destruction. Presque tous les autres ont été saccagés. Il est rapidement devenu difficile de parcourir les ruelles en raison des marchandises qui y étaient répandues. Piments, saucisses, jouets (dont se saisissaient de jeunes pillards), farine, huile et même à un endroit des dizaines de petites coupures, répandues à terre et piétinées par des tibétains ravis.

Durant la nuit, les autorités ont envoyé sur place des camions de pompiers pour éteindre les plus gros incendies, appuyés par quelques véhicules blindés transportant des policiers anti-émeute. A l’aube, ils ont également bouclé le quartier tibétain avec un cordon de soldats armés de matraques et stationné des policiers casqués et protégés par des boucliers sur la place faisant face du temple de Jokhang, le sanctuaire le plus sacré du Tibet, situé au coeur du vieux quartier. Mais ils n’ont pas pénétré dans les ruelles, où les émeutes ont continué une deuxième journée consécutive. Les tibétains se trouvant dans le périmètre délimité par ce cordon de sécurité ont attaqué les quelques entreprises Han restées indemnes et ont allumé de nouveaux incendies parmi les monceaux de débris.

Les risques de répression

Les chinois de Lhassa ont été déconcertés et excédés par la lenteur de la réaction des forces de sécurité. Des milliers de personnes ont probablement perdu la plupart, sinon la totalité, de leurs moyens de subsistance (la majorité des petites entreprises de Lhassa n’ont aucune assurance, et encore moins contre les émeutes). Mais les autorités ont été clairement paralysées par les risques politiques qu’impliquait leur réaction. Intervenir par la force - la tactique utilisée pour réprimer les protestations de la place Tiananmen en 1989 et lors de la dernière vague sérieuse d’agitation anti-chinoise à Lhassa au début de l’année - risquerait de provoquer des appels internationaux en faveur du boycott des Jeux Olympiques. Les responsables ont donc choisi de laisser les émeutiers exprimer leur colère, avant de resserrer progressivement le nœud coulant.

Le 15 mars, quelques tirs de gaz lacrymogène ont été effectués sur les manifestants jetant des pierres, avant que ne soit déployé un effort plus concerté pour vider les rues. La police paramilitaire a commencé à patrouiller dans les ruelles et à tirer des coups de feu isolés : non pas des rafales de coups de feu, mais des tirs délibérés, sans doute destinés à mettre en garde plutôt qu’avec l’intention de tuer. Les policiers ont également commencé à se déplacer de toit en toit afin de dissuader les habitants de se rassembler sur des terrasses surplombant les ruelles. Les rumeurs abondent au sujet de tibétains tués par les forces de sécurité dans des incidents isolés au début des émeutes, mais pas au cours de l’ultime effort pour reprendre le contrôle de la ville. En regard des normes chinoises (qui sont peu élevées lorsqu’il s’agit de lutte antiémeute), ces efforts ont semblés relativement mesurés.

Dès la fin de la journée du 15 mars les ruelles étaient redevenues tranquilles. Le lendemain, les patrouilles qui continuaient à effectuer des tirs isolés rendaient la plupart des rues désertes. Une étudiante occidentale a déclaré avoir vu six garçons tibétains tirés hors de leurs maisons par les soldats, puis jetés à terre et battus à coups de pied et de matraque. Ces jeunes ont ensuite été regroupés dans un autobus et emmenés. Les troupes ont recouvert les taches de sang sur la route avec une substance blanche, témoigne-t-elle. Le quartier tibétain est en proie à la peur d’arrestations arbitraires massives maintenant que les autorités tentent de trouver les « meneurs ». L’agence de presse officielle chinoise affirme que 105 émeutiers se sont rendus à la police.

C’est le 17 mars, lorsque les habitants ont recommencé se déplacer plus normalement, que l’étendue des émeutes est apparue. De nombreux commerces appartenant aux chinois Han, bien au-delà du quartier tibétain, ont été attaqués. Plusieurs bâtiments ont été détruits par les flammes. La porte de la principale mosquée de la ville était roussie par le feu, et les fenêtres de l’immeuble abritant le journal Tibet Daily, qui est le relais du Parti communiste dans la région, ont été brisées.

La ville dans son entier a été soumise à une forme de loi martiale sans qu’elle soit déclarée. Le gouvernement a déclaré que seule la police étaient chargée des opérations de sécurité, mais il y avait dans les rues beaucoup de véhicules à l’aspect militaire, dont les plaques d’immatriculation avaient été recouvertes ou retirées. Certains soldats refusaient d’indiquer à quelle force ils appartenaient. Deux véhicules blindés de transport étaient garés en face du Palais du Potala, la plus célèbre attraction touristique de Lhassa, situé sur le flanc de la colline qui domine la ville, et qui est maintenant fermé. Des troupes armées de baïonnettes ont été déployées le long des routes menant aux principaux monastères de la ville, qui ont également été bouclés par la police. Les émeutes le 14 mars et le 15 étaient surtout le fait de citoyens ordinaires, mais les moines sont souvent à l’avant-garde des troubles séparatistes au Tibet.

L’approche de la flamme

La décision du gouvernement de ne pas déclarer la loi martiale, ou d’imposer de toute urgence des restrictions, reflète ses préoccupations au sujet des Jeux olympiques. En mars 1989, les autorités avaient déclaré la loi martiale à Lhassa pour réprimer l’agitation séparatiste. Les mesures prises alors étaient à peine différentes de celles qui sont actuellement en vigueur dans la ville. Le vieux quartier tibétain est bouclé par des soldats en armes, mais les responsables préfèrent s’en tenir à l’euphémisme de « mesures spéciales de contrôle de la circulation ». Cette fois, on a « conseillé » aux touristes étrangers à Lhassa de quitter la ville plutôt que de leur en donner l’ordre. Le 18 mars la police et les soldats ont commencé à déplacer la centaine de touristes restant en ville dans des hôtels situés loin du lieu des émeutes. En 1989, des journalistes étrangers avaient été expulsés de Lhassa. Cette fois, le correspondant de The Economist a été autorisé à rester, mais seulement jusqu’à ce que son permis de séjour arrive à expiration le 19 mars. Aucun autre journaliste n’a reçu d’autorisation.

Bien que le gouvernement tente de paraître conserver sa sérénité, les troubles récents au Tibet dépassent de loin ceux qu’il avait dû affronter en 1989. Depuis le 10 Mars, on a fait état de manifestations non seulement dans les grands monastères de Lhassa (Drepung, Sera et Ganden), mais aussi à celui Samye, situé à environ 60 kilomètres à l’est de Lhassa, ainsi qu’aux monastères de Labrang dans la province du Gansu, de Kirti dans la province du Sichuan et de Rongwo dans la province du Qinghai. Les frontières traditionnelles du Tibet s’étendent jusque dans ces provinces. A proximité du monastère Labrang, les tibétains ont attaqué le 15 mars les boutiques des chinois Han. TibetInfoNet, une agence de presse basée en Grande-Bretagne, a relaté plusieurs manifestations dans différentes régions de Gansu, le 16 mars. A la différence des violences ethniques de Lhassa, selon cette agence, les principales cibles des manifestants étaient les symboles du pouvoir de l’Etat et les bâtiments appartenant au gouvernement.

Le défi posé aux autorités chinoises n’est pas uniquement celui du maintien de l’ordre. La loi martiale imposée à Lhassa en mars 1989 n’avait été levée qu’au mois de mai de l’année suivante. Cette fois, la Chine aura besoin d’aller plus vite pour rétablir un semblant de normalité. Le 20 juin la flamme olympique, après avoir voyagé le mois précédent sur le versant tibétain de l’Everest, doit arriver à Lhassa, où une grande cérémonie est prévue. Interdire la ville aux journalistes et remplir ses rues de soldats serait très embarrassant. Mais annuler cet évènement le serait plus encore.

D’un autre coté, un assouplissement de la répression comporterait des risques. De nombreux tibétains voient les Jeux Olympiques comme une occasion rêvée pour attirer l’attention du monde sur leurs problèmes et la domination chinoise. Les tibétains vivant à l’extérieur de la Chine, et notamment en Inde, ont tiré avantage des Jeux Olympiques pour intensifier leurs efforts de communication. Cette situation est cause de gêne pour l’Inde, qui ne veut pas perturber ses relations avec la Chine, en paraissant tolérer les efforts visant à perturber les jeux. Le 10 mars, la police indienne a bloqué une manifestation réunissant des centaines de tibétains dissidents, qui tentaient d’organiser une marche à travers les montagnes en direction de leur patrie.

La Chine s’inquiète aussi de la possibilité que d’autres minorités ethniques, en particulier les Ouïgours musulmans dans la région de l’extrême ouest du Xinjiang, puissent se voir enhardi par l’activisme tibétain s’il reste incontrôlé. Les autorités chinoises ont utilisé récemment les annonces sur de activités terroristes présumées dans le Xinjiang (comme prétexte pour réprimer la dissidence pacifique, disent les sceptiques). Elles ont affirmé avoir déjoué la tentative d’une femme ouïgour de déclencher un incendie à bord d’un vol à destination de Pékin le 7 Mars.

Plus riches, mais pas plus heureux

Le défi à plus long terme pour la Chine consiste à repenser sa politique au Tibet. L’une des raisons pour laquelle les responsables chinois ont paru aussi surpris par l’agitation tient au fait que le Tibet ne s’est pas comporté comme le reste de la Chine, où la croissance économique rapide semble avoir prévenu la répétition d’évènements comme ceux de la place Tiananmen. Une forte augmentation des dépenses publiques dans les infrastructures au cours des dernières années et la forte croissance de l’industrie touristique du Tibet (facilitée par les nouvelles infrastructures, en particulier pour la liaison ferroviaire, qui a été ouverte en 2006) ont permis que le taux de croissance du PIB de la région reste au dessus de 12% durant les sept dernières années. En 2007, ce taux était de 14%, supérieur de plus de deux points au taux national.

Les revenus ont augmenté trop rapidement. Les responsables prévoient une augmentation de 13% cette année pour les résidents des zones rurales, en une sixième année consécutive de croissance à deux chiffres. Les citadins ont jouit d’une augmentation de 24,5% de leur revenu disponible l’année dernière. Robbie Barnett de l’Université de Columbia estime qu’une nouvelle classe moyenne a émergé à Lhassa au cours de ces dernières années. Mais, constate-il, cela n’a que très peu fait évoluer le sentiment des tibétains sur les questions politiques.

Dans le vieux quartier tibétain, ils sont nombreux à voir les chinois Han comme les plus grands bénéficiaires de la croissance économique. Les Hans possèdent non seulement la plupart des commerces, mais ils s’installent également dans la vielle ville. Certains tibétains estiment que les Chinois Han représentent dorénavant la moitié environ de la population de la ville, et que le chemin de fer en apporte toujours plus. (Un responsable fait toutefois remarquer que la ville est désormais également plus facilement accessible pour les habitants qui vivent dans des régions éloignées du plateau tibétain.)

Les statistiques économiques sont parfois trompeuses. Les revenus peuvent avoir en moyenne augmenté plus rapidement, mais à la campagne ces chiffres ont été faussés par une flambée de la demande en provenance du reste de la Chine pour un type de médecine traditionnelle connue sous le nom de champignon chenille. Les tibétains dans les régions rurales où ce champignon pousse ont vu leurs revenus exploser (et des bagarres ont éclaté parmi eux pour la répartition des terres productrices de ce champignon). Mais dans les villes, beaucoup se plaignent de la hausse rapide des prix des biens importés d’autres régions de la Chine. L’inflation est une autre préoccupation majeure en Chine aussi, mais les tibétains observant les émeutes rappelaient que les autorités chinoises avaient promis que la liaison ferroviaire permettrait de faire baisser les prix. La Zone de Développement Economique et Technologique de Lhassa, restée quasi déserte donne à penser que les responsables rencontrent des difficultés à reproduire au Tibet le boom industriel que l’on observe partout ailleurs en Chine.

Les tibétains éprouvent également un ressentiment à l’égard de la ligne politique dure appliquée par Zhang Qingli, le dirigeant du parti au Tibet. M. Zhang, qui est un Han (La Chine ne semble pas encore faire confiance aux tibétains pour occuper ce poste crucial), a été nommé en 2005, après avoir occupé un poste au Xinjiang où il a écrasé le séparatisme. Lorsqu’il a pris ses fonctions, les règles interdisant aux étudiants et aux familles des fonctionnaires de prendre part à des activités religieuses, jusqu’alors négligées, ont à nouveau commencé à être rigoureusement appliquées. M. Zhang a également multiplié les invectives ouvertes contre le Dalaï-Lama, qui est largement révéré. (De nombreux tibétains à Lhassa accrochent par défi son portrait dans leurs foyers, tout au moins avant que les soldats ne pénètrent chez eux.) M. Zhang a exhorté les monastères à plus « d’éducation patriotique », ce qui implique entre autre de dénoncer le Dalaï Lama. Il a interdit l’affichage de portraits du Karmapa Lama, qui s’est enfui en Inde en 1999 et fait l’objet d’une dévotion au Tibet.

Le rôle du Dalaï Lama

Les responsables chinois sont restés divisés quant à savoir si les contacts avec le Dalaï Lama permettraient de pacifier le Tibet. Entre 2002 et juillet de l’année dernière ils ont tenu six séries de pourparlers avec les représentants du Dalaï Lama. Laurence Brahm, un écrivain américain qui a tenté une médiation, déclare que le débat a atteint un point culminant en 2005, lorsque les Chinois ont semblé reconnaître que le rôle du Dalaï Lama était essentiel pour résoudre les tensions au Tibet. À un moment, les chinois ont même envisagé d’autoriser le Dalaï Lama à visiter la montagne Wutai dans la province de Shanxi, comme une mesure destinée à instaurer la confiance, mais ils ont eu peur de s’engager. Les pourparlers ont finalement échoué sur le refus de la Chine à accepter les déclarations du Dalaï Lama affirmant que son seul but est l’autonomie du Tibet au sein de la Chine.

Désormais, avec la troupe occupant la rue, la reprise du dialogue semble peu probable dans un proche avenir. La Chine a accusé la « Clique du Dalaï Lama » d’avoir organisé les émeutes. Le Dalaï Lama a nié toute implication et a accusé les Chinois de se livrer à un « génocide culturel » dans sa patrie. Mais il doit également se préoccuper de l’avenir des chinois Han au Tibet. De nombreux hommes d’affaires chinois à Lhassa déclarent qu’ils envisagent de partir. Le tourisme des chinois de l’intérieur du pays, qui est crucial pour l’économie de Lhassa, risque lui aussi d’être durement touché. En fin de compte, la Chine pourrait marquer un point grâce à son obsession de l’économie. Si le boom récent n’a pas permis de gagner la loyauté ou l’affection des tibétains, une forte baisse de l’activité les pourrait les rendre encore plus insatisfaits.

Publication originale The Economist, traduction Contre Info
Aacitoyen
 
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Témoignage d'un touriste à Lhasa

Messagede Aacitoyen le Sam 3 Mai 2008 02:50

Emeutes à Lhassa --- D'après le Blog d'Aurélien
Samedi 15 mars 2008


Pour le dernier jour de visite a Lhassa, capitale du Tibet, nous sommes allés le matin visiter le temple de Jokhang, situé en pleine ville sur la place de Barkhor. Ambiance tres fervente, beaucoup de pélerins sont présents pour venir prier devant une statue tres importante. De tous les monasteres visités, c'est celui que j'ai preféré. La visite terminée, je pars manger de mon coté. Dans la rue, les magasins ferment boutique les uns apres les autres. Mouai, bizarre. Mais bon, j'arrive dans la rue ou se trouve mon boui-boui préféré : chouette, il est toujours ouvert.

Le fait que les autres boutiques de la rue aient baissé le rideau de fer ne m'inquiete pas. J'ai déja assisté à une scene du genre a Bombay, pour protester contre l'assassinat d'un prêtre dans un temple. Je me dis qu'ici ils doivent aussi faire une sorte de greve.

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Le temps de manger, et de remonter un peu la rue pour voir ce qui se passe, je me retrouve plongé en pleine action. Dans la rue, il y a plusieurs attroupements. Tout le monde reste comme cela, à regarder la rue sans circulation, paisiblement. De temps en temps, tout le monde se met à japper et aboyer, et a courir pour aller se réfugier dans les artères donnant sur la rue principale. Si tout le monde court, c'est pour ne pas se prendre accidentellement une pierre jetée par ceux d'en face.

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Si ceux d'en face jettent des pierres (ou plutot les pavés), c'est en direction d'un chinois (ou d'une chinoise) qui essaye tant bien que mal de redescendre la rue, pour se sauver. Il arrive aussi qu'un insouciant viennent s'aventurer tout seul en scooter ou en moto, en plein milieu de la rue. A chaque fois, il n'a pas fallu plus de 10 secondes pour qu'il se fasse lyncher. Les voitures subissent le même traitement.

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J'ai ainsi assisté en une heure à une dizaine de lynchages et de rixes, parfois par un groupe de 20 tibétains poursuivant et passant a tabac un chinois. Les scooters récupérés sont placés au milieu de la rue et incendiés. Rapidement, le nombre de buchers augmente. Le nombre de personnes dans les rues aussi. La tension monte encore d'un cran, et vient le moment de s'attaquer aux boutiques chinoises : quelques minutes suffisent pour défoncer leur rideau de fer et bruler leur contenu au milieu de la rue. Ambiance guerre civile.

Moi, je redescent prudemment vers l'hotel, en empruntant les dédales de rues parallèles. De temps en temps je suis obligé de continuer mon chemin sur cette avenue principale, jusqu'a arriver à un point limite ou je ne peux plus progresser : le bout de la rue, situé à moins de 150 mètres, est bloqué.

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En tant que touriste, je ne me suis pas senti en danger du tout. Toutes ces personnes dans la rue sont des tibétains. Ils en veulent clairement aux chinois, mais les étrangers n'ont rien a craindre, à part les pierres perdues et les projections. Ce qui m'inquiète davantage est la réaction chinoise. L'armée se rapproche et encercle progressivement le quartier. On entend les chars circuler, l'eau et l'électricité sont coupés dans tout le quartier (pour toute la nuit).

A peu près au même moment, à 200 mètres de là, les 23 autres touristes avec lequel je suis venu au Tibet sont tous réunis à l'hotel. Cet hotel finit par se retrouver en première ligne : des pavés sont lancés sur le toit et contre sa facade, blessant un touriste au visage. Le batiment d'en face s'enflamme, une voiture garée juste à coté est incendiée. La fumée degagée gagne l'établissement : on croit que l'hotel prend feu, c'est la panique. C'est d'autant plus la panique que tout le monde se demande ou est le French guy. On parle d'évacuation, certains veulent partir tout de suite, d'autre veulent attendre qu'on m'ai retrouvé, on se demande si je ne suis pas mort.

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Mais tout allait bien pour moi, je mangeais tranquillement du Tsampa et buvait le thé en compagnie de 5 tibétaines. Au milieu de l'agitation, l'une d'entre elle s'était mise a m'expliquer en pleurs pourquoi tout ceci arrive. C'est a cause des moines. Ce n'est pas dans notre culture d'être violent, mais la on n'a pas le choix, c'est a cause des moines. La tension s'accentuant, nous allons nous réfugier chez l'une d'entre elles, afin de poursuivre la conversation. Je vais passer environ deux heures en leur compagnie.

Elles m'expliquent que les tibétains ont perdu tous leurs temples, et qu'en perdant leurs temples ils perdent leur histoire. Notre culture est transmise oralement, et les seuls a archiver et concerver par écrit tout ce qui constitue le peuple tibétain sont les moines, dans les monasteres. En détruisant les temples et en assassinant/emprisonant les moines, les chinois nous détruisent. Ils ont détruit plus de 1000 monasteres, et tout leur contenu a auparavant été pillé et se trouve maintenant hors du Tibet, en Chine.

Ils nous enseignent comment devenir riche, pour eux le business est ce qu'il a de le plus important. Mais pour nous le plus important c'est la religion. Ce n'est pas dans notre mentalite d'être riche, parce que cela veut dire qu'on prend trop d'argent aux autres, et dans notre culture, les autres sont plus importants que soi meme. Les tibetains sont certes content d'avoir de meilleurs vetements, mais la chose vraiment importante est la religion. On ne veut pas être riches, on veut être libres.

Depuis le nouvel an tibétain (en Février), il y aurait eu 500 moines emprisonnés, alors il était prévisible que la population se souleve. Je leur demande s'ils veulent et esperent toujours être libres, si cette volonté n'a pas été égratigné par le temps. Aujourd'hui, on veut toujours un Tibet libre, on est tres motivés, peut être plus qu'avant. Quand le Dalai Lama a été decoré aux Etats Unis l'année derniere, le gouvernement chinois nous a interdit de porter nos vetements tibétains, il fallait être habillé a la chinoise. On ne pouvait meme plus s'habiller comme on voulait.

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Ma premiere impression en arrivant a Lhassa a été la surprise : c'est une ville tres moderne et développée. Tout semble neuf, nouvellement construit. Et c'est le cas : la ville a été entierement transformée depuis 10 ans. Il y reigne une atmosphere de ville high tech sortie de nulle part. Les chinois construisent de belles routes, ils se vantent dans leur propagante de depenser beaucoup d'argent pour les tibétains. Mais ils ne disent pas qu'ils nous prennent aussi tout ce qu'on possede. Chaque année des milliers de touristes payent tres cher les entrées de nos monasteres, et tout cet argent vas aux chinois.

Dans Lhassa, la plupart des boutiques sont tenues par des chinois, qui arbitrent donc le marché de l'emploi. En particulier, un critere important pour avoir un emploi est de parler chinois. Si on apprend le Chinois, on peut avoir un bon emploi et un bon salaire. Mais ils n'aiment pas qu'on parle anglais. C'est un probleme pour ceux qui reviennent d'Inde et y ont appris l'anglais : il leur est difficile d'avoir un boulot. Du coup, beaucoup de tibetains ont du apprendre le chinois. Mais on ne sait que le parler, pas le lire.

Depuis 2007, un important projet ferroviaire reliant Lhassa a Pekin a été achevé. Il s'agit du plus haut train du monde, que certains occidentaux avaient qualifié d'irréalisable. Ce train, fierté du regime, est extremement controversé. Il sert en particulier a faciliter le pillage du sol tibétain. Mais ce n'est pas ce qui dérange le plus les tibetains, oh non. Ils sont davantage précuppés par les milliers de colons chinois supplémentaires qui debarquent depuis que ce train existe.

Maintenant, dans Lhassa, la majorité des gens sont chinois. Partout, il n'y a que des chinois. Et avec le controle des natalités, on ne peut avoir qu'un ou deux enfants maximum, sinon il faut payer au gouvernement. Eux, ils arrivent chaque année par dizaines de milliers. On a le sentiment d'être ensevelis.

Tout ce qu'ils construisent, c'est dans le style chinois. A la télévision, des spots nous encouragent a construire de nouvelles maisons, en nous disant qu'en retour on percevra de l'argent. Mais ce sont des mensonges, on touche moins d'argent que ce qui est annoncé, et ils racontent ensuite que ce sont les chinois qui financent et construisent nos maisons, et qu'il faut donc être reconnaissant envers eux et les respecter. On est très en colère contre ca aussi.

Je leur demande si elles ont des amis chinois : aucune des cinq filles n'en n'a. Les tibétains et les chinois ne se mélangent pas. On reconnait les chinois à leurs visages et aussi leur facon de s'habiller.

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Hier, dans la rue, les chinois ainsi identifiés ont passé un sale quart d'heure. Il y a eu des morts, mais il est difficile de dire combien. Les émeutes auraient fait plus de 100 morts selon certaines sources. Chaque année il y aurait des protestations, mais il n'y a rien eu de tel depuis 20 ans. Il faut dire qu'au Tibet, il est tres risqué de protester. Le fait de posséder une photo du Dalai Laima peut vous envoyer en prison ou aux travaux forcés pour une durée inimaginable. Et quand les chinois vous relachent, ils ont fait en sorte que vous ne puissiez plus être nuisibles.

Dans un restaurant dans la rue, il y a un tibetain si tu le vois tu vas te dire qu'il est stupide. Mais avant, quand il était jeune, il était tres brillant, tres cultivé, et tres doué pour la peinture. Un jour il s'est fait prendre par la police parce qu'il paignait un drapeau tibétain. Il a été en prison pendant 13 ans. Il y a subit un lavage de cerveau, et a été torturé a l'électricité. Il en est ressorti complètement abruti, et ne se souvient plus de rien.

Les tibétains se méfient des chinois, ils ont peur d'être dénoncés. Le gouvernement appelle a la délation, et on trouve de plus en plus de caméras. Dans les temples en particulier, on a eu l'occasion d'en voir beaucoup. C'est comme cela qu'ils controlent ce qui se passe dans les monasteres, et que ces lieux sont devenus dangereux pour les tibetains, et plus particulierement les moines qui y vivent.

Avant de partir, je leur demande ce qu'elles pensent du fait que nous, les touristes, devions payer grassement le gouvernement chinois pour venir au Tibet depuis le Nepal. Il faut en effet acheter un package aupres d'une agence specialisée, et l'ensemble coute plus de $400. En consequences, la visite du Tibet depuis le Népal est sujette a controverse. Cela ne nous pose pas de probleme, on est content de voir des touristes.

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Nous retournons a nouveau dans la rue. Au loin, on peut voir les CRS chinois former un cordon protégeant les pompiers, au moyen de gaz lacrymogene. On attendra encore un peu que la situation se calme. J'aurais l'occasion de discuter brievement avec un autre tibétain parlant tres bien anglais. Il faut obeir, obeir, obeir. On en a raz le bol. Si seulement j'avais des armes on pourrait faire plus, mais on a rien, on a que nos mains. Les JO approchent, on veut faire en sorte qu'ils soient annulés. On veut fouttre les chinois dehors.

La volonte des tibétains a être libres est donc toujours aussi forte, peut être meme plus depuis l'accélération de la colonisation chinoise ces dernieres années. Dans un meme pays, dans une meme ville, il y a clairement deux catégories de personnes qui se cotoient mais ne se mélangent pas. La méfiance et la colere refoulée prédominent dans les relations sociales. Le gouvernement chinois dénonce la mort de chinois innocents. Et c'est vrai : les chinois lynchés et ceux dont les boutiques ont été saccagées étaient peut être des gens remarquables. Mais en assistant à ce déchainement populaire, j'ai compris que dans ce genre de situations il n'y a plus de gentil et plus de méchants. C'est Tibétain contre Chinois. Ces chinois victimes des Tibétains sont aussi victimes de la politique de leur propre gouvernement. Les Tibétains esperent bien que les chinois auront maintenant peur de venir s'installer au Tibet.

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Le calme revenu, j'ai traversé la rue, en ayant au préalable mis dans ma poche la carte memoire de mon appareil photo. Ma principale crainte durant tout ce temps était en effet de me faire saisir mes photos et qu'elles servent a identifier des manifestants. En arrivant a l'hotel, je suis surpris de voir que son entrée a été saccagée, je pensais pas que les émeutes etaient allaient jsuque la. Je monte dans ma chambre, et je constate que toutes mes affaires ont été rangées dans mon sac. Le sac de celui qui partage ma chambre n'est pas la. Je me dis qu'ils ont été evacués.

C'est donc avec le sourire que je les retrouve dans le grand salon, ou j'arrive les mains dans les poches. Grand soulagement général, ca a ete la panique ici. Certains ont eu la peur de leur vie. Moi j'ai du mal a partager leur inquiétude. Au fond de moi, je suis content d'avoir vecu tout cela. Car j'étais tres décu et frustré de ne pas avoir pu cotoyer la population locale. Je pensais payer mon package et ensuite pouvoir me ballader librement, mais non, on ne peut circuler nulle part autrement qu'en jeep privée avec chauffeur.

J'avais l'impression d'avoir fait un safari photo : traverser plus de 1100 Km d'un pays sans pouvoir ressentir un peu ce qui s'y passe (la barriere de la langue est aussi une raison). Alors pouvoir ainsi vivre et discuter du coeur du probleme, j'étais vraiment heureux, et me considerais extremement chanceux.

Aujourd'hui on a du attendre l'escorte de police toute la matinée, en consequences j'ai raté mon train. On a tout de meme pu bouger cet apres-midi et prendre un nouveau ticket. Demain matin, la moitié d'entre nous quittons Lhassa via 36 heures de train. Je me dépeche ce soir de rédiger ce billet. Je ne peux pas vraiment me relire ni meme verifier certains liens que je donne. En particulier ceux sur wikipedia, car ce site (et beaucoup d'autres) est censuré en Chine. De meme, si je peux rédiger mon blog, il m'est impossible de visualiser le resultat en ligne. Désole donc si c'est un peu brouillon.

D'après le Blog d'Aurélien
Aacitoyen
 
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Témoignage d'un touriste Suisse

Messagede Aacitoyen le Sam 3 Mai 2008 21:42

Eyewitness: Tibet out of control --- d'après Cafébabel.com

Claude Balsiger - Lhasa, Tibet - 28.3.2008

As the tension between the Tibetan monks versus Chinese control escalates, we hear a 25-year-old Swiss tourist's version of events after a week in the capital, Lhasa

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Pilgrims in Lhasa (Photo: Nice Logo/ Flickr)

Lhasa, Tuesday 11 March

After eating in Ganglamendo, Chris, a journalist friend, and I take a walk around Bankhor Square in the centre of the Tibetan capital, Lhasa. We do a Kora (circumambulation in Buddhism) around the Jokhang Temple and trace the tension in the air. You can see groups of civil policemen and paramilitaries everywhere. Suddenly they start fighting. We are aware how dangerous it is for a tourist to get in the way of a Chinese police officer. Still, we follow the relief units and watch two civilians being arrested and led away. That night, huge demonstrations are held with not only the monks participating, but the people too.

Tibetans are an unbelievably satisfied people. Everywhere I go I make new friendships and get invited to eat or drink yak butter tea. But in many daily situations the Tibetans are horribly controlled and pressured. Friends hold out their hands, showing me the picture that they carry with them of the Dalai Lama – an action which could land them in prison. Meanwhile, the answer from the Chinese rulers in Lhasa is to provide an even bigger troop presence. Uniforms march everywhere.

Lhasa, Friday 14 March

During breakfast I meet two young Tibetans. We sit under bay windows and drink chai. They are open-minded and speak good English after their escape to India. On their way back to Tibet their friend, who worked as a Chinese informer in the huge Tibetan exile community, was betrayed and arrested by the Chinese.


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Security/ police outside the Jokhang Temple(Photo: Nice Logo/ Flickr)


Shortly before one o'clock I leave the restaurant to do another Kora. Again, lots of police and military are crawling on Bankhor Square, the heart of Lhasa.

Excitement bubbles in the little streets. Old women, children and traders tiptoe, ready to flee if needs be. I start running against the stream of tension. From afar, I hear a crowd of people howling like wolves. Suddenly I am spat out of the little alleyway I was in and find myself in the middle of Lhasa's main street, where there is a crowd of about 400 to 500. Dim, tinny thuds are the only noise breaking through the screaming and howling. Paving stones fly from a footpath across the entire street, landing in a side street, where a group of fifty armed policemen are covering behind their plastic shields. The stones have a terrible weight. You can hear the power and destruction of punctilious dim thuds. Shields break like glass as the crowd overpower their aggressors. The police can't maintain their position anymore and try to escape through the little streets. A crowd of about 100 to 200 Tibetans give chase.

Meanwhile, an old Chinese man tries to get through the crowd on his bicycle rickshaw. The crowd notice him all too soon and tear him off his bike, throwing him backwards over the barriers on the ground. As if the punches weren't enough, three men pick up stones and blindly hurl them at the old man in their anger. I can't stay any longer; I move forwards to the bicycle which has fallen on the floor.



I lift my arms and try to get myself noticed, to take advantage of the fact that I am a foreigner. I scream 'NO! NO! DON'T! STOP!' The man gets up and looks over at the crowd, disturbed. I am forced into a street and find myself looking into a brown, round face. 'You cannot be here!' 'You should go!' A man in his mid-thirties is trying to appeal to my understanding. But as a European I feel safe. Is there anyone who is more peaceful than the Tibetans? With the violence-free Dalai Lama as their example and head? And look at the lurid, murderous people they had become in these hours. The violence and cold-bloodedness required to kill another with bare hands and stones is unimaginable.

Astonishingly, I hear many Tibetans laughing. The relief of being free to move in their own city for the first time in fifty years is enormous. Tibetan shop owners set about hanging white scarves in their shops and restaurants, marking and protecting them as Tibetan.

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Lhasa, Saturday 15 March

As we awake on Saturday morning, the street is filled with at least fifteen armoured vehicles. The soldiers are young. Nothing moves on the street that isn't wearing a uniform. Throughout the day we hear shots and explosions. At around five o'clock in the evening around fourteen of us are crammed into a mini van and driven out of the city centre. The street is destroyed, dotted with twenty burnt out vehicles, seven completely razed down houses and around fifty or more destroyed and burnt shops. The soldiers have put down their bayonets but wouldn’t waste a second in aiming for you.

We are put up in a luxury hotel in the east end of the centre of Lhasa. Internet and international telephone lines are made available to us the minute we get there. The civil police hang around in the lobby, listening in.

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Lhasa, Sunday 16 March

On Sunday morning we are woken by the drones of lorries and tanks. The Chinese army is storming Tibet. We count 120 lorries with 35 soldiers. More tanks. On Monday we should finally be in the city. Military checkpoints everywhere. We play the dumb tourist card and use our passports to get through. The soldiers like they are sixteen or younger. They cock their guns at the smallest movement.

Kathmandu, Tuesday 17 March

On Tuesday, thanks to the help of XXX, we are flown out to a hotel in Nepal. In Kathmandu around thirty to fifty journalists are waiting for us from all over the world. They follow us into the hotel, call us in our rooms or follow us in the street. I decide to share all my experiences with them.

Thanks to Hannes Eberhardt

Other photos: homepage and in-box protestor in Antwerp, Belgium (pietel/ Flickr), White scarves are often laid out as offerings (citizenof1world/ Flickr), military caravans (Photo: d o d g e r/ Flickr)

Claude Balsiger - Lhasa, Tibet - 28.3.2008 | Translation : Nabeelah Shabbir
Dernière édition par Aacitoyen le Sam 31 Mai 2008 14:17, édité 1 fois.
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