Rejet de mercure : une usine française pointée du doigt --- d'après la chaine verte
jeudi 5 février 2009 16:01:00
Dans Europe 1 Matin avec Marc-Olivier Fogiel, Brigitte Béjean consacre sa chronique développement durable au rapport d'une association écologique qui dénonce l'usine Arkema de Jarrie dans l'Isère pour ses rejets de mercure dans l'air.
Révélations ce matin ! Une usine française qui rejette du mercure dans l'air ! Où ? Comment ? Pourquoi ?
C'est l'association FNE (France Nature Environnement) qui a mené l'été dernier des mesures du mercure dans l'air aux alentours de 4 des 6 usines françaises qui utilisent encore du mercure pour fabriquer du chlore. Les résultats sont parfois inquiétants, mais ils sont franchement accablants pour l'une de ces usines. Laquelle ?
C'est l'usine Arkema de Jarrie dans l'Isère, à 18 km de Grenoble. Classée Sévézo, site dangereux en zone urbanisée. Deux personnes s'y sont rendues à deux reprises l'été dernier, avec un appareil de mesure. Du personnel est d'ailleurs sorti de l'usine pour leur demander ce qu'elles faisaient là, et la deuxième fois, elles ont même vu débouler les gendarmes. Ambiance, quoi. Bon, résultat : ca sent très fort le chlore, près de l'usine. Les yeux piquent et toute la journée, on y respire un peu de mercure : 300 nano-grammes par mètres cube d'air en permanence, dit l'appareil de mesure. Mais le plus grave, ce sont les pics de mercure, plusieurs pics à plus de 10.000, un pic record à plus de 20.000. L'ingénieur qui a fait la mesure a rarement vu ça en Europe ! Elément de comparaison : 20.000, c'est 20 fois les normes de l'organisation mondiale de la santé, et c'est 100 fois les normes américaines.
Est-ce que l'usine est dans l'illégalité ? Le pire, c'est que non. Car nous, en France - et c'est bien là le problème- nous n'avons pas de valeur limite pour le mercure dans l'air ambiant. Les autorités, depuis près de 20 ans, ont promis qu'on cesserait bientôt d'utiliser du mercure. Mais on a d'abord dit : fin en 2010 et puis l'an dernier, on a repoussé l'échéance. Maintenant, c'est fin en 2019 ! FNE appelle ça "une dynamique ralentie".
L'info en plus : pour cette usine d'Arkema, FNE a alerté les pouvoirs publics, qui ont décidé, ces dernières semaines, de mener des investigations plus poussées.
Source: Europe1.fr, Crédit photo: Gamma

